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vendredi 27 juillet 2018

Mécénat et streaming

  En tant qu'artiste qui a au moins un court instant espéré être publié et pourquoi pas gagner un peu d'argent, je m'interroge beaucoup sur tous les moyens d'accès gratuits à l'art.

  Entre le streaming, YouTube et autre, je me pose des questions. Pourquoi les gens iraient acheter un cd (enfin, le télécharger légalement s'entend, à une dizaine d'euros) alors qu'il leur suffit de se faire une playlist sur YouTube (je pense que c'est possible; personnellement, je n'ai pas été vérifier) pour l'écouter depuis chez eux.

  Le travail de création artistique, c'est... du travail. Rares sont les auteurs qui publient un livre par an ou un album par an, c'est long et toute cette phase de préparation n'est pas rémunérée. Si le livre ou l'album ne sort pas parce qu'il ne leur plaît pas ou plus au final ou que personne ne veut le proposer à la vente, l'artiste aura travaillé pour rien sur le plan financier. Et il doit manger, se loger, se nourrir. Mais on va me dire qu'il gagne des millions. Mais oui mais non, pas tout le monde; tous n'ont pas de subvention et même si c'est le cas, ça reste du vol.

  Il m'est personnellement arrivé de vouloir aider un artiste peu connu ou même connu. J'ai l'habitude de donner en début d'année à des associations selon mes revenus du moment. Mais durant le reste de l'année, il m'arrive d'être assez riche pour donner pour des projets de rénovation de bâtiments (l'opéra de Paris, de petits châteaux en péril) ou des associations, pas beaucoup mais si beaucoup de personnes donnent un peu, à la fin, ça fait beaucoup. Pourquoi ne pas soutenir des artistes? L'idée ne me semble pas du tout saugrenue, loin de là, à l'heure où ils se plaignent à juste titre des téléchargements illégaux.

  Sauf que ce n'est pas possible et qu'ils ne le proposent jamais sur leurs sites internet (sauf peut-être les petits groupes). Personnellement, je ne vois pas où est le problème de donner quelques euros à Céline Dion ou André Rieux (qu'en vrai, je déteste) ou Stephen King parce que j'ai acheté un cd, un livre ou écouté une chanson ou une interview, lu une nouvelle sur leur site et que je veux les récompenser de m'avoir fait passer un bon moment. Ou plus simplement parce qu'on m'a prêté un de leurs livres/CD et que j'ai envie de les rémunérer pour le moment de lecture ou d'écoute (même petite, je ne trouvais pas ça normal, j'achète un livre et je le garde à vie, je peux le relire et le prêter à dix personnes, l'auteur gagnera la même chose sur l'achat).

  Bref, j'espère que ça se développera un jour et je ne vois pas de réel souci à ce système. Ca reste du mécénat et ça a toujours existé. Internet permettrait à chacun de donner pour les artistes qu'ils veulent soutenir. Malheureusement, ça donnera bonne conscience à ceux qui téléchargent illégalement. Je ne prétends pas ne l'avoir jamais fait mais je m'arrange toujours pour aller voir les films que je veux vraiment voir si mes finances me le permettent. Et avec les prêts de dvd entre amis et en famille, je m'en tire plutôt bien. Je dois être une des rares personnes en France à attendre sagement la sortie des dvd de GOT pour voir la suite (en vrai, je lis des articles internet) mais je ne les regarde JAMAIS en streaming, ça gâche tout le plaisir (même si je sais que j'achèterai le pack dvd avec bonus).

lundi 7 mai 2018

Je ne veux plus travailler

  C'est dit, la coupe est plus que pleine. Le monde du travail est de plus en plus difficile et déshumanisé au possible. Depuis un an et demie, les employeurs sont pour la plupart juste... cons, en fait. Je ne suis jamais autant tombé sur des gens soupçonneux, ignobles et juste pas humains. Je vois de plus en plus d'annonces façon "foutage de gueule" typiquement un cdi à temps très partiel (10 h) payé au smic qui demande une liste de diplômes longue comme le bras et une longue expérience (plus de 5 ans) pour un poste avec des défauts, on va dire. Me faire venir en entretien pour me faire "démonter" mon cv et mon parcours que je n'ai pas choisis ou me dire au bout de dix minutes que mais "vous ne savez pas faire ça?". Oui mais mon coco ce n'est pas noté sur mon cv et tu ne m'as pas posé la question au téléphone; merci de m'avoir fait venir, j'avais autre chose à faire que de perdre une demi-journée pour ça!

  Et quand je trouve un emploi; soit on ne me forme pas du tout en mode "tu te débrouilles", on me laisse en plan parce que "je n'ai pas le temps" et à la fin de la journée, on me dit "au revoir". Je ne comprends pas bien la chose, vu que la personne va perdre encore plus de temps à recruter quelqu'un qu'elle ne va pas garder (quand on est la troisième sur le poste en quelques jours, ça pose question).

  Et si c'est moi qui est en recherche d'emploi, dans 90 % des cas : les mails automatiques comme quoi au bout de x temps, si on n'a pas de réponse, c'est niet; ce n'est pas terrible mais ça ne se fait même plus. Rappeler suite à un entretien ou envoyer un mail comme quoi blabla, je ne vous prends pas, bonne chance, ça se fait de moins en moins, on est passé au "si d'ici ce soir, vous n'avez pas de réponse, considérez que c'est non". Le recruteur ne prend même plus la peine de donner une réponse! Je me déplace, la personne prend le temps de me recevoir, j'ai pris le temps d'écrire une lettre, de perdre une heure en entretien; le minimum syndical, c'est de prendre cinq minutes pour donner une réponse, désolée mais il ne faut pas exagérer non plus. D'ailleurs, j'ai décidé de ne plus me laisser faire sur ce point, zut à la fin! Désormais, je répondrai "dans ce cas, envoyez moi un email", ça ne prend pas longtemps si le recruteur gère correctement sa liste de diffusion et son mail commun. Un peu de respect à la fin!

  Trop, c'est trop, je ne me vois pas d'avenir dans le monde du travail actuel qui va à l'encontre de mes valeurs et de ma façon de faire. L'humain n'est pas un produit de consommation qu'on jette à la poubelle une fois qu'on n'en veut plus, je ne suis pas un robot, j'ai des sentiments, je m'implique, je fais au mieux, le chômage est une période difficile (solitude, pauvreté, impossibilité d'envisager un avenir, épuisement); le minimum, c'est de se montrer correct. Oui, la situation économique et sociale est difficile et avec notre gouvernement, ça ne va pas s'arranger. Au contraire, on devrait se serrer les coudes, non? Dire "je ne vous prends pas mais je vous souhaite bonne chance" par téléphone, ça coûte quoi à la fin si ce n'est deux minutes de son temps? Et ça fait chaud au cœur à la personne recalée, elle se sent considérée et prise en compte. Des fois, je "balance" une lettre de motivation parce que je sais que je n'aurai pas de réponse; à quoi bon perdre une heure à l'écrire, franchement? Ou une annonce qui ne donne pas d'information (ça existe! Et j'en vois de plus en plus! On a le lieu, le salaire, le nombre d'heures hebdomadaires, la fonction mais aucune information sur le poste "secrétaire, Rennes, 35 h, CDD deux semaines". Mais encore? C'est vaste secrétaire et puis, ça fait franchement, "je m'en fiche, j'aurai de toutes manières des bonnes poires pour envoyer un cv"; le pire, c'est quand la personne précise qu'il faut envoyer une lettre de motivation).  

  Bref, je n'ai plus envie de me casser la tête à chercher du travail pour pas grand chose. Je le fais uniquement par devoir (l'état me verse des allocations, il est normal que je cherche) et peu à peu, je me résigne à faire certainement toute ma vie un travail absurde qui me permettra de mettre de l'argent de côté, financer mes loisirs et construire un avenir (maison, m'offrir le mariage de mes rêves, avoir des enfants sans craindre pour leur avenir ou leurs études). Mais pour ça, je dois d'abord réorganiser ma vie autour de ce que moi, j'ai envie de faire (écrire, jouer de la musique, partir à la découverte du monde et de sa richesse culturelle); après seulement, je pourrais me mettre à la recherche de mon poste de forçat (sauf si ô miracle, je trouve le travail de mes rêves).

 C'est plus qu'un deuil, c'est la mort de mes idéaux, de ce en quoi je crois, de la personne que je suis et mon Dieu que c'est long, c'est une sorte de suicide à petit feu parce que donner dix heures par jour à quelque chose qui n'a pas de sens ou qui nous broie, ça demande un certain degré d'abrutissement pour survivre à la douleur. Alors, laissez-moi du temps, ne soyez pas sur mon dos à me pousser à chercher du travail. On n'est pas dans 1984, je n'ai pas de police de ma pensée pour me rééduquer à marche forcée. Je dois d'abord laisser mourir mes idéaux, mes rêves et mes valeurs pour faire ce que j'ai toujours refusé de faire: travailler pour l'argent. L'argent qui pour moi, n'a ni réelle valeur ni sens si ce n'est m'offrir la sécurité et des loisirs; l'argent n'est que ce que j'en fais. Pourrais-je faire un travail que je n'aime pas pour un smic? C'est là que le bât blesse, on ne va pas loin avec un smic, ça améliore l'ordinaire, c'est tout. Perdre 200 heures par mois pour 1 200 € alors que je peux en avoir 525 en étant totalement libre de mon temps et avoir ces 200 heures pour faire des choses qui ont du sens pour moi, ça mérite réflexion. La majorité des gens y parvient et apparemment, ne semble même pas se questionner là-dessus; quelque part, c'est normal et intégré. Mais moi, je ne peux pas, je réfléchis, je soupèse, j'imagine, je compare pour finir par ruer dans les brancards.

  C'est là que je bloque depuis des mois mais j'y viens peu à peu. Mais j'aimerais que la personne qui me suit sur le plan professionnel en ce moment le comprenne et me laisse faire mon deuil tranquillement sans me pousser à chercher à tout prix du travail, j'ai besoin de panser mes blessures et d'organiser ma vie autour de mes loisirs et des choses qui comptent pour moi pour intégrer que c'est ça ma vie, que la sécurité apportée par un emploi même absurde et avec des gens qui ne m'acceptent pas comme je suis en valent la peine pour l'unique raison de me permettre de faire ce que j'aime sans compter mes piécettes. Parce que ce qui compte plus que tout, c'est l'écriture et la musique. C'est ma raison de vivre et le reste n'est qu'un mauvais moment à passer.
Parce que 218 jours de travail à dix heures par jour (en comptant le trajet et le midi), ça fait 2 180 heures par an que je vais, peut-être si le destin ne veut pas, passer à faire un travail absurde pour un smic. Il faut 10 000 heures de travail pour maîtriser un domaine, dit-on, c'est bête mais je préfère passer 10 ans à maîtriser quelque chose que j'aime avec un travail à mi-temps que mettre 20 ans avec un travail à temps complet et perdre mes rêves de vue. Je sais qu'à raison d'une demi-heure par jour sur mes loisirs, ça revient au même. Laissez-moi m'organiser, réfléchir à comment optimiser mon travail personnel pour garder cette respiration dans ma vie, la seule chose qui me fait vibrer et me donne du plaisir.

Laissez moi, un mois ou deux pour trouver comment travailler à temps presque plein et avoir le temps d'écrire (une heure par jour) et jouer du violon et du piano (une heure par jour soit une demi-heure de chaque) car avec une famille, plus serait déraisonnable et ça veut dire le faire entre 22 h et minuit en me levant à 6 h (mais je suis moins fatiguée en dormant 6 h par nuit que 8 h pour avoir testé par le passé; à l'époque, la difficulté était de m'occuper).  Laissez moi faire mon deuil et trouver les solutions pour ne pas laisser mourir ce que je suis et laisser s'étioler mes rêves. Laissez-moi trouver comment gagner en efficacité et donc du temps car le plus dur, c'est d'intégrer les bases; l'apprentissage, une fois fait ne sera plus à faire. Ne me pressez pas,  est-ce si difficile à entendre? Ce n'est pas de la paresse ou que je ne veux pas; c'est que je ne peux pas, je refuse de perdre le bénéfice de ces années passées à savoir qui je suis et ce que je voulais faire de ma vie, patiemment mettre de l'argent de côté pour m'offrir ces loisirs. Une fois rassurée sur ces points, mon cœur cessera peut-être enfin de saigner à cette idée et mon cerveau de se révolter.

Alors, laissez-moi faire mon deuil en paix; laissez-moi rater ma vie professionnelle tranquillement et à mon rythme pour mieux réussir ma vie personnelle. Je ne suis plus à quelques mois près, non?


"La vie n’est pas un système logistique destiné à soutenir l’art. C’est le contraire."
(Ecriture, Mémoires d'un métier de Stephen King)

samedi 5 mai 2018

Activités d'extérieur

Allez, honnêtement, hormis les artistes de rue et les enfants, vous avez déjà entendu quelqu'un jouer dehors? Moi, jamais. Jouer parfois oui, au diabolo, à la planche à roulettes et faire des figures avec un vélo ou des rollers mais c'est tout.

Mais moi, j'ai envie de jouer dehors, j'en ai besoin. Je rêve de soirées au coin du feu à faire de la musique (je n'ai pas dit jouer, nuance, nuance) en riant et en faisant griller de la guimauve avant de se raconter des blagues ou des histoires, sur une plage déserte en été. Mais voilà, je n'ai jamais connu ça, j'aurais aimé adolescente faire partie d'un groupe et jouer (disons faire du bruit) de la musique, danser, chanter, rire les soirs d'été. Mais je n'ai pas eu cette chance, je n'étais "pas assez bien habillée" pour ça. C'est sûr que les maillots de bain de marque sur une plage en pleine nuit, ça fait toute la différence. J'ai quand même eu de bonnes amies, les filles sages du lycée puis celle qui m'a fait sortir un peu puis le  néant, juste des amis qui vivent trop loin pour se voir assez pour sortir les week-ends.

Le temps a été ce qu'il a été mais l'été arrive, j'ai envie de sortir. J'ai le choix entre sortir seule (donc me promener) ou via OVS (merci, j'ai donné), sortir avec mes relations qui vivent dans ma ville (moins que sur les doigts d'une main et toutes toujours très occupées). Et c'est là que les arts viennent en support. Pour me donner la force de sortir seule et peut-être que quelqu'un viendra me parler.

 On reprend:
Arts visuels: peinture, dessin, photographie
Un cahier sans lignes et des crayons gris, gommes, crayons de couleur, palette de peinture aquarelle si j'arrive à trouver de l'eau avec un chiffon

Littérature
Un livre ou ma liseuse électronique, mon carnet de notes pour écrire, mon ordinateur portable

Arts de la scène: théâtre, danse, mime, cirque
Boomerang divers et variés, rubans de gymnastique et autres arts du cirque; je suis moins intéressée.

Musique
J'avoue avoir un peu galéré.
Violon? Oui, pourquoi pas mais c'est un peu grand à transporter et un peu gênant pour l'entourage. Guitare? Idem.
Lap steel? (une guitare allongée) Je ne suis pas fanatique des guitares.
Plus petit? 
Harmonica (mais un bon harmonica, ça grimpe vite)
Pochette? (petit violon d'une quarantaine de centimètres du 17-19ème siècle; dur à trouver et assez cher mais si l'idée me tente vraiment, à ce compte-là autant prendre mon violon. Mais je pense que si un jour, je suis très riche et que je ne sais pas quoi faire de mes sous (dans fort longtemps donc), il n'est pas impossible que j'en achète un; l'idée me plaît en tous cas).
Flûte? Clarinette? Hautbois? Ca prend un peu de place et je suis une traumatisée de la flûte en plastique du collège.
Kalimba? J'ai essayé et ça se trouve à pas cher du tout, c'est sympa et ça se glisse dans un sac (dans une boîte, bien sûr)
Triangle?
 Maracas? 
To'ere?
Handpan? Qui donne un truc vraiment sympa d'ailleurs,  même si ça semble assez grand.
Ocarina?
Arc à bouche?

Bon, c'est une synthèse en mode liste de ce que j'ai trouvé mais en tous cas, il y a quand même pas mal d'instruments nomades pour l'été ou les vacances.

L'idée, c'est aussi de prendre un instrument qui ne fait pas trop de bruit (parce qu'un vrai harmonica en plus d'être cher, ça sonne fort). Kalimba et les flûtes me semblent les meilleurs compromis 

jeudi 19 avril 2018

Vivre à contre-courant

  Aujourd'hui, j'ai fait le deuil du CDI qui ne viendra jamais et de la bande d'amis que je n'aurais a priori jamais. Je ne désespère pas de trouver l'homme de ma vie et des amis potables. Dans ces conditions, pourquoi continuer à chercher du travail et sortir (seule)?

  Le travail? Il me sert surtout à financer le reste et il me reste quelques rêves à réaliser (prendre des vacances!!!! Et ça se chiffre au moins avec un nombre à trois chiffres; plus quelques livres, des réparations en attente et du renouvellement de matériel mais on va dire que j'ai acheté le gros des  choses en attente). Après, je rêve de ne plus trop compter en faisant les courses, d'acheter ce dont j'ai besoin et de manger ce qui me fait envie sans devoir choisir. Le travail n'est qu'un moyen d'avoir de l'argent, ce n'est pas dans mes valeurs mais concrètement, je n'ai plus besoin d'un C.D.I. à plein temps (en même temps, la vie ne veut pas me l'offrir, ça tombe presque bien). Un 28 heures hebdomadaires devrait suffire tout en me laissant du temps pour moi. Je ne peux plus aller de CDD en CDD, c'est sûr mais en attendant, je n'ai pas le choix. J'ai surtout besoin de temps pour moi et mes loisirs, c'est ça qui importe aujourd'hui. Avec le risque qu'au final, le chômage en devienne confortable (en même temps, je rappelle que je n'ai pas trop eu de chance, entre les emplois absurdes, ceux où je m'ennuie et les patrons fous ou ceux qui pratiquent le harcèlement moral ou sexuel). Heureusement, il reste le devoir, j'estime que puisque les autres me paient les moyens de ne pas dormir sous un pont et manger dans les poubelles, c'est une raison suffisante pour continuer de chercher (et si je continue de chercher, je peux continuer à espérer CQFD). Mais je fais le minimum vu que ça ne marche pas mieux autrement. Et j'avoue que ces derniers temps, j'ai été victime de gens qui font mal leur travail et qu'il faut harceler pour qu'ils fassent ce qu'ils sont supposés faire, je pense qu'ils détestent ce qu'ils font ou s'en fichent mais pour moi, ça revient au même et je ne veux pas finir comme ça.

  Sortir? Je suis un être humain et j'ai le droit à des loisirs sans rester cloîtrée chez moi, non? Je suis pauvre donc la question ne se pose pas vu mes récents déboires mais c'est une raison suffisante. L'orgueil parle,  mais tant pis.

  Au final, aujourd'hui, j'en suis rendue à chercher du travail pour financer mes loisirs ce qui suppose ne pas avoir besoin/envie de travailler beaucoup. Et je continue à sortir parce que j'estime avoir moi aussi le droit de m'amuser, ce n'est pas parce que je suis seule et pauvre que je dois rester terrée au fond de mon terrier appartement. Le dénominateur commun entre les deux? Les gens: égoïstes, méchants, pas ouverts d'esprit, qui jugent ceux qui sont différents. Et je deviens comme eux, contrairement à ma promesse. J'essaie de me raisonner mais c'est difficile. La fatigue et la déprime jouent contre cette envie de retrouver l'espoir et pour l'instant, j'arrive à faire une chose: ne pas passer mes nerfs sur les autres et les bombarder d'ondes négatives. Le reste finira par passer quand les choses iront mieux. Mon souci, c'est que j'arrive malgré des baisses de moral passagères, somme toute à m'épanouir suffisamment seule pour ne pas avoir envie de me casser la tête pour les autres. J'ai très égoïstement envie de les laisser entre eux dans leur m... et de les regarder d'en haut se déchirer et se faire des crocs-en-jambe en leur lançant mon sourire et ma bonne humeur à la figure.
"Soyez le changement que vous voulez dans le monde". Oh que oui, je vois exactement ce que je dois faire et ça pourrait même changer les choses mais pour ça, je dois arrêter d'espérer un retour de la part des autres, le donnant-donnant, les gens ne connaissent pas. Pour beaucoup trop de gens, c'est "je prends tout ce que je peux et je m'enfuis", instinct animal peut-être? En tous cas, je trouve ce genre de comportement digne d'enfants (mais bien des gens sont des enfants, au final) et je me dis qu'ils ont raté une marche quelque part. Je n'en suis même plus rendue à avoir envie de rejeter les gens, j'ai juste une sorte de pitié vis à vis des gens qui ne savent pas sourire ou se montrer juste humains, repliés sur leur égoïsme stupide et leurs certitudes incapables de tenter autre chose. Je n'ai plus envie ou besoin des autres mais ça veut dire que je n'ai plus rien à perdre, ils ne peuvent presque plus me faire souffrir en disparaissant de ma vie. Je ne suis pas incapable d'aimer mais au final, je vis sans amour et je ne suis pas malheureuse (pas par choix mais par obligation), ça changera quoi de le perdre? Rien, si ce n'est avoir des regrets... Quelque part, aujourd'hui, je n'ai plus rien à perdre. C'est triste mais c'est peut-être ce qui va faire changer les choses.   

mercredi 21 mars 2018

J'aurais voulu être une artiste

La liste suivante, établie à la fin du XXe siècle :
  • 1er: l'architecture
  • 2e : sculpture ;
  • 3e : arts visuels (peinture , dessin, etc) ;
  • 4e : musique ;
  • 5e : littérature (poésie ou dramaturgie) ;
  • 6e : arts de la scène (théâtre, danse, mime, cirque) ;
  • 7e : cinéma ;
  • 8e : les « arts médiatiques », qui regroupent la radio, la télévision et parfois la photographie ;
  • 9e : la bande dessinée , le manga et le comics.
  • 10e : le jeu vidéo ou plus généralement les arts numériques
Wikipédia Sept arts

  Je voulais un peu faire le bilan sur ma pratique artistique actuelle.

Architecture: ne m'attire pas, même si j'aime les beaux bâtiments anciens
Sculpture: idem, même si j'aime globalement les statues anciennes
Arts visuels: peinture ok, dessin ok, aquarelle ok, fusain en réflexion vu que ça ne tient pas forcément bien sur le papier
Musique: piano électronique ok violon ok
Littérature: romans ok nouvelles ok poésie ok
Scène: danses ok
Cinéma non (sauf en spectatrice, je suis une grosse consommatrice de films et dessins animés)
Arts médiatiques non
BD et dérivés non
Arts numériques non

Je pratique donc plus ou moins régulièrement quatre arts sur dix, ce qui est quand même pas mal (et soyons honnêtes, un peu trop).

Le temps que j'y consacre:
Dessin: je bidouille un dessin par semaine ou une aquarelle à la va-vite 15 minutes par semaine> 15 minutes
Musique: piano électronique/violon deux fois 30 minutes soit une heure par jour écoute en moyenne 3 ou 4 heures par semaine mais globalement, c'est dès que je sors > 7 heures
Littérature Ecriture environ 45 minutes par jour, lecture au moins une heure (mais c'est variable, si je travaille et que je prends le bus, je lis facilement deux heures) > 7 heures (la lecture compte à peine, on va dire)
Danse 2 heures de cours, 1 heure chez moi environ > 3 heures par semaine

Au total, j'y consacre plus de 20 heures par semaine soit pas loin d'une journée sous une forme ou une autre. On ne peut pas dire que l'art ne compte pas dans ma vie. Honnêtement, si cela avait été un projet professionnel raisonnable, c'est ce que j'aurais fait de ma vie: artiste ou plutôt multiartiste (comment ça, ça n'existe pas?).

J'aurais voulu être un écrivainpeintrepoètepianisteviolonistedanseuseclassiqueindienneorientale. Je crois que c'est ce que j'aurais fait de ma vie si l'art permettait de vivre et que quelqu'un se chargeait de la vente pour moi. En vrai, je pense que j'aurais surtout écrit et peint mais le reste aurait eu une place importante dans ma vie. Et quand j'entends parler de revenu universel, c'est cette vie que j'imagine: un emploi rémunéré pas trop casse-pied et dans les périodes de chômage, artiste à temps presque plein sans en rougir. Ou un CDI à mi temps ou deux tiers temps (en admettant que les CDI existent toujours...). En l'écrivant, je me dis qu'en fait, quelque part, je ne crois plus au CDI à temps complet. C'est triste parce qu'au fond, je suis quelqu'un pour qui le travail en tant que salariée est important. Je m'interroge beaucoup en ce moment sur ce que les portes que la vie me ferme sans cesse au nez signifie. Dois-je y voir un signe du destin? Le signe que je ne trouverais pas de CDI tant que je n'ai pas accompli quelque chose? Par contre, pour le célibat et la solitude, je ne suis pas d'accord, par moments, j'ai des envies de mettre des claques/mon poing dans la figure à la vie/au destin/à Dieu/ à mon ange gardien et tous ces fils de fille publique qui bloquent ma vie malgré tous mes efforts à tel point que je ne sais plus quoi tenter ou changer.

Je sais que j'ai mis l'art un peu trop de côté ces dernières années, sauf la danse que j'ai repris (je parle des cours, pas chez moi) dès que mon budget me l'a permis, c'était en haut de ma liste. Le reste est revenu petit à petit au fil des désillusions et des finances. C'est un peu dommage, du coup parce que pas mal de choses demande peu de matériel et d'investissement financier (le dessin notamment). Même si, au fond, je crois que pour pouvoir créer, il faut soit avoir des choses à dire et extérioriser, soit être assez en paix avoir soi-même pour aller chercher ce qu'il y a au fond de soi ou avoir un message à faire passer.

jeudi 26 mars 2015

Augustin Lesage, peintre d'envergure

  Je suis tombée sur un article sur cet artiste (que je ne retrouve pas), il y a pas mal de temps qui m'a intriguée. Mineur, fils de mineur à la trentaine, une voix lui intime de se mettre à la peinture "Un jour, tu seras peintre." alors qu'il travaille à la mine. Plus tard, ces voix lui demandent de dessiner puis de se mettre à la peinture. 

  Sans formation, ses tableaux sont une superposition de peintures en grand format.

  En 1911, suite à une séance de spiritisme, il peint ses premiers tableaux abstraits qu'il signe du nom de sa soeur décédée: Marie.
Plus tard en 1914, il termine au bout de deux ans une toile de 3 m carré en peignant de droite à gauche sans pouvoir avoir une vue globale car son atelier est trop petit. A partir de 1927, il change de style comme le lui ont intimé ses guides spirituels: les courbes envahissent ses toiles.
En 1938, il peint La moisson égyptienne qui reproduit une fresque de l'Egypte antique. En 1922, les esprits lui auraient fait une prophétie: « Lorsque tu peindras la moisson des blés en Egypte, ton voyage vers le Nil sera très proche. ». Il part effectivement en voyage en Egypte en 1939 grâce à une association. « Mes guides m’ont révélé que je retrouverai la fresque de l’époque égyptienne représentant des scènes de moisson.». Il retrouve effectivement cette fresque dans un tombeau de La vallée des reines, dans le tombeau de Menna! Cette tombe a été découverte en 1905 et la fresque a été reproduite à de multiples reprises dans des publications diverses donc il a parfaitement pu la reproduire  à partir d'un modèle.

  Il peindra plus de 800 toiles jusqu'en 1952, deux ans avant sa mort. 

 Voir l'article de Wikipédia qui y est consacré:  http://fr.wikipedia.org/wiki/Augustin_Lesage

  Le reportage de l'émission Les 30 histoires mystérieuses qui est plutôt bien fait et illustre bien son style: