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jeudi 23 février 2012

Désillusion d'une jeune diplômée 2

  Je traverse une période de déprime de quelques jours, dont je commence à sortir doucement. Je me suis accordé du temps pour moi (ce que je fais peu): m'offrir des gels douche chez Yves Rocher (ce n'est pas perdu de toutes manières), un tee-shirt chez Armand Thierry (ma marque de vêtement préférée; en promotion et puis, il va durer donc pas de regrets), des chocolats (ça fait du bien), le plaisir de flâner et faire du lèche-vitrine pour une fois.

  Me doucher, faire mes masques, me maquiller, me coiffer, c'est un moment de plaisir pour moi: je m'occupe de MOI, moi seule et personne n'a intérêt à me déranger! Les produits cosmétiques sont les seules folies budgétaires que je m'accorde (je dilue mes gels douche et shampooings, je mets la juste dose de crème et maquillage en profitant au maximum des sites offrant des échantillons gratuits, des promotions; si je dois en arriver à me laver les cheveux avec un oeuf par manque d'argent, je le ferai! J'ai acheté du shikakai pour essayer car ce n'est pas très cher (un mélange de plantes en poudre qui lave); au pire, je passe à la méthode du water only (massage vigoureux du cuir chevelu sous l'eau chaude avant un bon brossage à la brosse en poil de sanglier quand les cheveux sont secs). Je fais mes masques capillaires maison avec des produits de mes placards. J'achète mon maquillage sans marque au rabais et je l'économise au maximum.). Je profite des réserves que j'ai faites cet été, sentant les difficultés arriver pour me donner l'illusion d'être une personne normale.

  Le jour des résultats du diplôme, j'avais des projets plein la tête: je vais travailler, m'offrir enfin les vraies vacances qui faisaient défaut (ça m'a valu un coup de déprime deux mois avant le diplôme, besoin de changer d'air, sans doute entretenu par les autres élèves qui parlaient de leurs vacances d'été ou de leurs week-ends chargés (quand c'est papa-maman qui paie, ça aide!)), m'offrir une voiture, payer mon permis... Euh, non! Ton diplôme ne vaut RIEN sur le marché de l'emploi, mais merci pour le chèque! 
  J'ai mal de me sentir inutile à la société (alors que j'ai tant à apporter!), de ne pas pouvoir réaliser mes projets, de connaître des fins de mois difficiles, sans aide financière de mes parents (qui le pourraient, mais ça je m'en fiche; c'est plus pour le principe: jamais ils ne se demandent comment je m'en sors financièrement!) et surtout morale (je n'ai aucun soutien de mes parents, à part me culpabiliser, ils ne font rien; ils ne comprennent pas que faire de la saisie "à la con" quand on a un bac+2, ça fait mal à l'estime de soi! Surtout quand on a déjà des bleus à l'âme parce qu'on n'a aucun moyen d'imaginer un avenir professionnel proche ou lointain). Je ne verrai ma conseillère Pôle chômage que mi avril d'après ce qu'elle m'a dit! J'ai déjà parlé de son inefficacité légendaire mais cela donne toujours une brève impression d'avoir avancé un peu, et puis, pouvoir exprimer sa détresse (même si elle n'est pas entendue), ça fait du bien...
  Depuis peu, j'en viens à penser que mon inactivitié m'a amenée à perdre mes compétences! Je voudrais bien qu'on m'explique comment c'est possible, elles ne s'envolent pas avec le vent hivernal... Qu'il me faille un temps de réadaptation ou une formation pour les mettre à jour, c'est compréhensible; mais les perdre...
  Promis d'ici quelques jours, je reviens pleine de force et de vigueur, prête à conquérir le monde!

vendredi 30 décembre 2011

Désillusion d'une jeune diplômée

  Un coup de gueule car ça fait du bien!

  Diplômée d'un bac+2 avec toutes les options que je pouvais prendre (LV1, LV2, export, approche commerciale...), j'avais mis toutes les chances de mon côté! Du moins, l'ai-je cru...

  Depuis plus de 3 ans, je m'accroche à mon rêve; j'ai fait tout un tas de petits boulots tous aussi intéressants les uns que les autres (mise sous pli, restauration rapide, distribution de prospectus en boîte aux lettres ou aux passants, garde d'enfants...), tout en essayant de me rapprocher du secteur administratif pour préserver mes chances d'accéder à l'emploi pour lequel je me suis formée en école privée sur mes propres deniers durement gagnés: assistante de direction trilingue à l'export.

  Je regrette tous ces sacrifices:

- obtenir mon baccalauréat
- faire une préparation aux concours infirmiers privée, plus le travail personnel en plus de ce qui était demandé (car ce n'était pas suffisant, le niveau des tests psychotechniques était trop facile et les sujets à l'oral trop communs) pour être dans les meilleurs et ne pas passer deux ou trois ans à avoir ce concours (ils sont légions, je l'ai appris en discutant avec mes compagnons d'infortune en attendant mon tour).
- passer ces concours dont le coût varie de 60 à 100 € sur mes propres deniers en y ajoutant le transport, le travail personnel, le stress et les larmes que cela m'a coûté
- accéder à l'institut de formation en soins infirmiers pour me rendre compte que je n'étais pas faite pour ça et échouer à réaliser ce rêve, je n'ai pas le regret de ne pas avoir essayé ce qui me coûte si cher aujourd'hui, car les recruteurs en font un critère de tri; j'avais un rêve, j'ai essayé même si la réalité ne correspondait pas à ce que j'imaginais; cette expérience m'a aidée à mûrir, j'ai beaucoup appris sur moi-même, j'ai travaillé très dur pour obtenir ce concours et ces efforts ont été récompensés
- me réorienter, repartir en école privée pour obtenir mon BTS Assistant de direction, les bourses n'ont pas tout payé
- passer mon permis sans aide de quiconque, m'offrir une voiture car c'était un gros frein à l'emploi
- travailler pour ne pas rester à rien faire entre deux contrats dans mon secteur (au mac do, à faire des ménages...)
- ne pas baisser les bras  et continuer à chercher dans mon secteur d'activité

  Tout ça pour quoi? Pour rien!
J'en veux à mon établissement de nous avoir menti sur la réalité du marché de l'emploi ("on vous attendra à la sortie", "on aura toujours besoin de secrétaires, quoiqu'il arrive"), au Centre d'Information et d'Orientation d'avoir confirmé, aux agences d'intérim que je suis allée interroger de m'avoir dit qu'ils embauchaient régulièrement des assistantes (sans me préciser qu'elles demandaient de l'expérience!)!
Certes, j'ai eu mon diplôme au début de la crise, j'ai débuté avec peu d'expérience et une réorientation; mais j'ai, aujourd'hui des compétences, une expérience variée même si sur papier, elle peut sembler faible, je suis "jeune" avec tous les préjugés que cela implique (ne se lève pas, en retard... un employeur a justifié ainsi le refus de mon cv par téléphone!), j'ai fait deux ans d'études et j'attends qu'il en soit tenu compte un minimum par les employeurs: c'est un sacrifice onéreux qui m'a coûté de l'argent, du temps et des larmes. Sans oublier, le pas d'expérience= pas d'emploi et pas d'emploi= pas d'expérience...

  Tout ça pour rien! J'abandonne mes rêves et tout ce pour quoi, je me suis battue! Pour faire quoi? Je ne sais pas encore... Je profite des fêtes de fin d'année et on verra bien ce qui se présente!