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samedi 5 mai 2018

Chroniques d'une misanthropophile 2 Je suis la fille la plus belle du monde

Je pose le décor
Samedi soir. Je suis sortie hier et j'ai passé une super soirée avec des gens super. Je suis pauvre (j'attends ma paie). Pas de sorties OVS intéressantes malgré que je suis retournée trois fois sur le site. J'ai envie de sortir. La journée a été top, j'ai passé un chouette moment avec les filles de mes activités extra-professionnelles, dehors, au soleil. Bref, j'ai envie de sortir, rien sur OVS et pas grand monde à qui demander (les gens que je connais un peu dans mon coin sont soit en week-end, soit "dans une situation délicate sur le plan sentimental". Bref, soit pas disponibles physiquement soit psychiquement). En plus, je me lève tôt demain, la totale! Je pars donc sur une sortie seule; surtout que depuis deux jours, je ressens un sentiment d'urgence. Elle est là, LA rencontre tant attendue (peut-être pas l'homme de ma vie, hein, peut-être juste une personne gentille qui me redonnera espoir dans l'être humain). Donc je dois sortir et c'est ce soir ou jamais. Et puis, vous avez déjà eu ce sentiment que les choses se passent juste comme elles doivent se passer?

Je ne me presse donc pas: bain de pied (j'ai mal aux pieds avec mon cours de danse, le truc qui ne m'arrive JAMAIS), choix de la tenue (chic mais en même temps sexy), maquillage, sac à vider et refaire (carnet pour écrire des fois que ça ne serve qu'à me donner une idée d'histoire), prendre de quoi grignoter (malgré l'heure tardive, je n'ai pas mangé et pas encore faim), musique (soit charger mon mp3 et... prendre le temps de jouer de la musique, chose que je n'ai pas eu le temps de faire; bâclé en une grosse vingtaine de minutes, dix de chaque, tant pis pour ce soir; la faute au temps ou à mon cerveau qui a-do-re me faire des blagues ce c.on (je ne vous l'avais jamais dit? J'ai un cerveau farceur qui adore me faire penser à des bêtises quitte à me donner des fous rires toute seule et avoir l'air maligne; bref, ce soir, il fait encore jour, dans ma tête il est deux heures plus tôt qu'en réalité). Bref, depuis ce matin, tout se ligue pour je sois en retard. Je me suis fait la réflexion trois fois aujourd'hui, "comme un signe du destin" (entre la circulation particulièrement lente sans raison et les soucis de bus). Bref, pour une fois, je me laisser porter.

Du coup, j'ai réfléchi à quoi faire. Pas de sortie intéressante, c'est comment dire? Un peu embêtant... En plus, j'ai épluché les profils des gens de sortie sur OVS ce soir dans le doute (s'il y avait une majorité de gens dans mes âges à une sortie, j'aurais réfléchi un peu plus). Nada, que des très jeunes ou très vieux. Où sont les autres? Mystère. Je décide de laisser tomber, ma voie n'est pas dans des sorties OVS ce soir. Et je réfléchis.

J'ai envie de sortir. Ok, je peux me poser avec un livre et mon carnet à dessin (je n'ai pas reçu mes instruments de musique portatifs, la poste en a fait je ne sais trop quoi mais visiblement, les paquets n'ont pas trouvé ma boîte aux lettres tout comme d'éventuels avis de passage) mais l'idée ne m'enchante guère. Où me poser? Sans voir les autres, eux, les  chanceux en train de s'amuser. Je dois donc trouver quelque chose qui me plaise. Je réfléchis, rien de transportable.

Donc je me suis dit que j'allais tenter une expérience pour voir. J'ai décidé de me faire belle/ sexy/ souriante juste pour voir, tester. Il n'y a pas d'enjeu particulier, hormis de porter dehors des robes que je ne mets d'ordinaire que pour l'amoureux du moment qui moisissent dans mon placard. Je ne prends pas de grand risque, hein. Une robe, même un peu courte avec une veste par-dessus, des collants et des escarpins même avec du maquillage, ça va. Je n'ai pas de robe "insortable". Bref, une robe pour aller en boîte et me faire jolie juste pour moi (vu que les autres s'en foutent).

On résume:
une jolie fille sexy et souriante, un carnet à dessin ou un livre, un coin sympa pour me poser. Advienne que pourra...

Au final, je n'ai croisé personne ou presque. Même en ville, il n'y avait presque personne dans les rues. Je ne suis pas allée dans les quartiers avec des bars, à quoi bon? Je suis rentrée à pied chez moi, il y a un bon bout de chemin qui suit de grosses rues avec des lignes du bus et des boulevards pour les voitures (les rues par où les gens passent s'ils vont d'un endroit à un autre en somme, pas les petites rues). Que dall! Juste un chat qui m'a fait des câlins, heureusement, ma soirée n'a pas été perdue. Je suis partie tard donc je ne me suis pas posée à un endroit précis mais ça ne change rien. S'il n'y a personne dans la rue, qui serait venu me parler? Du coup, je me tâte à retenter les sites de rencontres (amoureuses) mais je rechigne à le faire: perdre du temps pour pas grand chose, ça me gonfle et à chaque fois payer un verre pour tomber une fois sur deux sur un canard qui au choix, va critiquer la personne que je suis sans me connaître, ne pas venir, me voir et partir sans venir me parler; sans oublier le fait qu'on ne se plaise pas. Je me sens dans une impasse, prise au piège mais je dois y croire sinon, ça ne changera jamais.

samedi 3 mars 2018

Chroniques d'une misanthropophile 1 Présentation de cette nouvelle rubrique

Ma vie est bloquée en ce moment et de tous les côtés: travail, amour, amitié. J'ai fait le point depuis le début de l'année et j'en viens une fois de plus à cette conclusion, le point commun, ce sont... les gens. La chose la plus difficile sur Terre: l'humain, le plus imprévisible, impossible à maîtriser qui soit. Mais le truc le plus merveilleux et intéressant qui soit.


J'aime les gens, vraiment, je les aime, je vous aime les gens. Je vous jure que je ne demande qu'une chose: vous tendre la main et illuminer votre vie pour un instant ou plus et réciproquement. Mais je suis fatiguée de plusieurs choses:
- le manque de retour (je souris dans le bus, j'attends la même chose au fond de moi; au bout de la millième fois, je me dis que décidemment, si vous n'êtes pas capables de répondre à un sourire spontané, votre vie est triste; surtout quand il fait froid/gris/pluvieux (cette liste n'est pas exhaustive et peut se cumuler))
- le manque d'aide; je repensais hier à des galères qui me sont arrivées: personne ne m'a aidée, PERSONNE. Hier, j'ai eu un souci de voiture mineur. J'en avais pour deux minutes, je gênais un peu le passage mais j'étais stressée, je n'ai pas réfléchi et les gens voyaient bien qu'il y avait un souci, ils pouvaient aller ailleurs. Bref, les deux minutes, c'est la théorie, en pratique, ça a été dix. Une personne râle, je lui dis (presque) gentiment que j'ai un problème (mais ça se voyait!) et que si elle m'aide ça ira plus vite. Elle est remontée dans sa voiture et est passée par ailleurs. Ok, merci!  Une deuxième, rebelote. Une troisième est enfin venue me demander si j'avais un souci (non, tu crois??), j'explique le problème, il prend l'outil que j'avais en main alors que je lui disais de ne surtout pas le faire parce qu'il allait empirer la chose et que j'arrivais au bout. Bien sûr, ce gentil monsieur a empiré la chose, je devais reprendre du début en pire. Merci, vraiment merci! Bien sûr, gentil monsieur m'a laissée en plan au lieu de m'aider à tout reprendre depuis le début (à deux, ça aurait été tellllemmment plus rapide! Et sans s'excuser, hein). Au final, je me suis débrouillée seule pour changer, avec le stress (j'étais en retard) et l'impression que les gens sont des cons finis. Qu'on ne vienne pas me dire qu'à quinze heures de l'après-midi, les gens ont tous des choses urgentissimes à faire (genre travail); à neuf heures, je comprends qu'ils n'aient pas le temps mais là, j'ai des doutes.
- les critiques de ma personne (quoi, c'est ce que je suis en train de faire?? Oui, je sais mais c'est vraiment de guerre lasse). Je suis ce que je suis, je ne suis pas comme la majorité des gens, j'ai des goûts différents, des valeurs différentes, des référentiels différents, je n'y peux rien si la dernière téléréalité ne m'intéresse pas. J'ai essayé, je vous jure que j'ai essayé sans succès. Je n'y peux rien si je préfère Zola à Musso, Mozart à Ed Sheeran ou aller au musée plutôt qu'en boîte de nuit. J'ai essayé, vraiment, je n'y peux rien, ce n'est pas fait pour moi. Alors oui, de prime abord, on a peu de points communs, mais le souci, c'est que vous me critiquez (comment ça t'es venu? Tu es bizarre! blablabla); j'avoue ressentir pas mal de mépris à votre égard (on est honnête, on est entre nous, non?) en ce qui concerne vos goûts. Oui, pendant une seconde, je vous regarde un peu de haut, je n'ai rien contre la culture "populaire" mais je n'y trouve tellement pas d'intérêt que je me sens à des années-lumière de vous et je ne sais surtout pas comment réagir. Mais il y a des trucs bien (j'aime bien certains titres de Johnny Halliday par exemple). Ce qui me blesse, c'est que toi lecteur, tu aimes David Guetta (je dis ça au hasard, il a quelques bons titres mais ce n'est pas ma tasse de thé, sorry, David, je n'ai rien contre toi, promis) alors que je ne lui trouve pas d'intérêt, je vais te dire que ce n'est pas ma tasse de thé et ça va en rester là. Sauf que 90 % des gens de mon âge ou proche, vont me dire que le fait que je suis en ce moment à fond sur telle musique traditionnelle/tel morceau de Mozart que j'écoute en boucle/ telle chanteuse de RNB que j'aime bien est "bizarre". Ils ont le droit de ne pas aimer, ça je m'en fiche, heureusement que tous les goûts sont dans la nature, on s'ennuierait sinon, vous ne pensez pas? J'ai le droit d'aimer V.A. Mozart et de m'écouter son merveilleux Requiem en boucle par moment, non? Ou Le lac des cygnes de P.I. Tchaïkovski?  Ou de "me farcir" du Zola (et de l'appeler par son prénom)? Un de mes livres préféré, c'est une pièce de théâtre de Jean Racine et un recueil de Pierre de Ronsard (et de les appeler par leur prénom) ou de lire du Baudelaire (et de lui donner un surnom, on est intimes). Je suis désolée, je n'y peux rien. J'ai lu/entendu, ça m'a plu. J'avais 10 ans, 16 ans ou c'est plus récent. On a le droit d'avoir un coup de cœur sur le Requiem de Mozart à 10 ans, non? Et de s'acheter le CD à 26 ans parce qu'on tombe dessus, non? Pour un anniversaire, j'ai demandé le CD du Lac des cygnes, je devais avoir 14-15 ans. On s'est bien fichu de moi au collège (ça ne changeait pas grand chose, j'étais mise à l'écart et parfois harcelée). Au collège, à la rentrée, on demande le dernier livre lu, j'ai mis Les fleurs du mal de Charles (Baubau ou Charles Baudelaire, selon le degré d'intimité), la prof a été super surprise alors que je ne voyais pas du tout le souci et tout le monde parmi les élèves s'est fichu de moi. C'est sûr que Twilight, c'est mieux! (que j'ai lus soit dit en passant et qui sont dans ma bibliothèque à côté des Harry Potter, il m'arrive de les lire de temps en temps, je ne suis pas sectaire même si je préfère Les contemplations de Victor (Hugo) à Twilight, largement). C'est drôle mais je trouve des gens ouverts essentiellement sur les fora (ça brasse du monde de tous les horizons, les âges, les pays) mais pas dans la vraie vie. Où êtes-vous les gens?


Bref, dans cette rubrique, je vais vous parler des gens: les recruteurs qui me prennent pour une c... parce que j'ai un CV chaotique parce que oui, je préfère travailler partout que de me cantonner à quelques secteurs en espérant peut-être trouver quelque chose; les gars avec qui je vais boire un verre et qui se permettent de me critiquer sans me connaître parce que Oh, mon Dieu, j'ai eu le malheur de dire que j'aime écrire/faire mes cosmétiques/Mozart. En se "foutant ouvertement de ma gueule". En vrai, ça m'est arrivé vraiment une fois, je me levée, je suis partie en disant à ce monsieur qu'il était étroit d'esprit et impoli; après coup, il s'est excusé, "tu as dû me trouver prétentieux mais blabla" mais évidemment, je ne l'ai pas revu et il m'a fait perdre du temps que j'aurais préféré passer à lire (oui, il pleuvait et on était en hiver, ce soir-là; un thé et un bon livre au chaud chez moi m'attiraient bien plus). Les gens détestables sur les sites de rencontres qui m'accostent avec un "salu sa va?" auquel je ne réponds pas (non, mais sérieux, les gars, vous accostez les filles comme ça dans la vraie vie??); ceux qui m'envoient des photos "intimes" comme ça sans prévenir façon film d'horreur alors qu'on n'a pas échangé un seul mot.


Pourquoi? Parce que j'ai envie de rire en ce moment ("c'est pas beau de se moquer!"), que j'ai envie de nouveau d'aller vers les gens et que la perspective d'une anecdote croustillante est, ma foi, une bonne motivation à essayer d'entrer en contact, encore une fois avec les gens. Quoi? Ce n'est pas bien de se moquer?


Et les autres. Le gentil monsieur que je vois de temps en temps qui est juste gentil et à qui je dis souvent de rester comme il est, même si on se voit très très très peu et qu'on ne vivra rien. Les amis qui entreront un jour dans ma vie. L'amoureux qui viendra un jour dans ma vie et qui restera jusqu'à la fin. Un peu de bonté, ça fait du bien aussi. Je suis sûre qu'il y a plein de gens biens mais à force d'être blessés/de voir les autres profiter de nous, on n'ose plus donner et c'est dommage.


Bref, un peu de journalisme social pour retrouver l'envie d'aller vers les autres. Et surmonter les claques que je ne vais pas manquer de me prendre mais à force, je vais dénicher quelques perles, quelques porteurs de lumière, ces gens qui en valent la peine.