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mardi 21 janvier 2025

Ma vie chez Pôle Emploi 17 Je veux te quitter mais tu refuses

 Il y a longtemps que je n'ai pas écrit ici. J'en avais moins besoin, il est vrai. Durant un an, j'ai basculé tête la première dans un emploi où j'ai fait de chouettes rencontres, des gens super cools que je vois toujours régulièrement et ça fait du bien, des gens super khons qui n'ont pas compris que tout le monde avait sa place dans ce travail qui ont fini par se faire virer sans comprendre pourquoi. Et des chefs super cools que j'ai eu grand plaisir à recroiser et qui ont bien pris soin de demander des nouvelles de mes lapins (qui vont bien, en liberté totale, qui mangent bien et s'aiment toujours d'amour et d'eau fraîche (et m'aiment un peu trop parfois, oui, les lapins font des bisous avec la langue, je reste stoïque mais quand ma lapinette d'amour vient de s'enfiler du céleri qui sent mauvais, si ce n'est pas de l'amour de la laisser faire, je ne sais pas ce que c'est. Et des heures supp à gogo (merci la pointeuse!) que j'ai pu récupérer pour de vrai pour la première fois de ma vie! Donc des semaines de vacances entières à prendre en urgence parce qu'on est en fin de période. 

  Je savais que ce serait dur vu mon poste (super intéressant, j'ai appris plein de choses, j'ai beaucoup évolué également (en bien) sur le plan relationnel, niveau confiance en moi, on ne peut pas dire que j'ai acquis des compétences professionnelles mais j'ai beaucoup changé. J'ai d'abord fait un boulot essentiel, super stressant avec des délais à tenir, pas trop le droit à l'erreur et des gens qui pointent toute erreur et la montent en épingle. Sauf que si c'est casse-pied, ce n'est pas la fin du monde vu que le dossier est traité ensuite par d'autres personnes qui connaissent leur boulot. Nous n'étions que les petites mains qui mâchent le travail aux autres. Et des chefs super à l'écoute des suggestions mais quand tu rentres de vacances (un we prolongé, hein!) et que tu apprends que beaucoup de choses ont changé sans qu'on te demande ton avis, c'est lourd. Surtout que tu crois que ça vient des chefs et que tu apprends des semaines plus tard que non, elles croyaient que ça avait été décidé collectivement... 

Et puis, les critiques par derrière. Les personnes au même boulot/niveau/ancienneté que toi qui jouent les chefs. Je levais les yeux au ciel et ça en restait là. J'en parlais aux chefs mais ils temporisaient, je faisais de même. Jusqu'à ce que je dise stop et demande à partir. Les fauteurs de troubles ne voyaient pas leur contrat renouvelé, je l'ai su avant eux mais il était trop tard. 

Par chance, mes chefs ont glissé un mot et mon cv dans un autre service où j'ai fini mon contrat. Tranquille, beaucoup de rigolade, il fallait bosser vite et bien, un boulot pas super intéressant mais essentiel donc ça passe vu que l'ambiance était cool. Un collègue qui ne faisait...rien mais assimilé fonctionnaire donc il ne faut rien dire et on faisait son boulot. Et on était en contact avec plein de gens d'autres services. Je me suis fait de super copines que je vois toujours même si on a perdu du monde en cours de route. 

J'ai profité un peu de mon chaumage pour souffler, faire le point sur les compétences acquises et les qualités que j'ai eu l'occasion de développer (la diplomatie entre autres... *tousse* et le lâcher prise (je fais mon boulot, mes heures (et j'accumule les heures supp à ne rien faire vu que tout est fait et que je dois faire mes heures de toutes manières et que d'autres abusent sur les heures supp et ne font pas leur boulot que je dois faire avec ma collègue donc je n'ai eu aucun scrupule à abuser un peu), je profite d'enfin vivre correctement de mon salaire (oui, j'étais très bien payée, enfin pas tant que ça mais plus que le smic sans frais d'essence! Et ça a changé beaucoup de choses. Aller au boulot à vélo (20 minutes et encore) sous la pluie ou dans le froid, c'est dur mais ça se fait (en même temps, je n'avais pas trop trop le choix). Partir tôt si j'en ai besoin (ben oui, malgré le fait d'être là pour accroissement temporaire d'activité pour un an, il fallait que le boulot soit fait et il y avait de la masse! Donc oui, je suis déjà arrivée à 7 h 30 car il y avait du boulot, je suis déjà partie à 19 h car il fallait bien que le boulot soit fait (et que les collègues qui abusent eux sont partis en sachant parfaitement que la moitié de l'équipe est en vacances et que bobonne est là pour faire le boulot. Mais mes chefs l'ont vu et leur ont remonté leurs bretelles et ils m'ont aidée.) On a pu se faire des restos de temps en temps avec les collègues le midi et c'était cool. On est d'ailleurs tous allés au resto pour notre dernier jour, les services de mes anciennes collègues compris. Et une partie du repas nous a été offert par les chefs (l'apéro et le dessert mais c'est sympa).

Et j'ai été assez bien payée pour partir en vacances. Pour de vrai. Pas toute seule en plus, avec des copines. A l'étranger. En Europe, il ne faut pas rêver trop fort non plus. Deux fois une petite semaine.

  Et puis, et puis, j'ai trouvé le saint Graal. 


Après quelques petits mois à profiter de mon chaumage pour aller au cinéma, rattraper les trucs en retard, chercher un peu du travail quand même. Honnêtement, après la fin de mon contrat, j'ai...dormi pendant une semaine. J'avais un gros retard de sommeil. En prime, j'ai fini en milieu de semaine donc je me suis réveillée en panique le 1er jour de mes vacances en me disant que j'étais en retard. Ah, mais non, c'est vrai, j'ai fini. Et puis, on restait en contact avec mes ex collègues vu que certaines y travaillaient encore, j'avais des nouvelles d'autres anciens collègues, on se voyait parfois pour manger le midi au restaurant.

  Bref, je suis restée quand même dans le bain, on va dire. Je cherchais un peu du travail, je profitais de mon chaumage durement gagné, je l'avoue. Honnêtement, j'avais apprécié de toucher ma paie tous les mois à date fixe durant un an, j'ai pu faire des projets, c'était cool. 

  J'ai trouvé un premier contrat long mais on est vite tombés d'accord que ça n'allait pas la faire. Un secteur super spécifique avec des tâches super spécifiques, j'étais tout le temps toute seule donc je devais me former moi-même sur des tâches que je ne connaissais pas et ne comprenais pas (normal, il n'y avait personne pour m'expliquer des choses totalement inconnues). J'ai beau être débrouillarde, avoir bien pris confiance en moi et avoir Google comme bon ami, j'ai fini par jeter l'éponge le dernier jour de la période d'essai. Je n'ai pas eu à partir car le patron (adorable et beau gosse soit dit en passant mais trop vieux pour moi) était du même avis. Donc tout était bien qui finissait bien. Et ce secteur qui me faisait de l’œil depuis des années, pour lequel il faut une expérience pour mettre le pied, finalement ne me convenait pas. C'était très bien, j'étais fixée. 

  J'ai repris ma recherche et puis, j'ai trouvé le saint Graal. Le sacro saint CDieuI (prononcez "sédyeu i", ça fait un joli jeu de mot). Le patron avait l'air cool et humain, j'ai eu un doute mais j'avais 4 mois de période d'essai donc j'ai cédé à l'appel du joli et gros salaire. Et de l'emploi du temps trop cool (oui, on bossait comme des malades la semaine en commençant très très tôt mais on finissait tôt le vendredi donc we de 2 jours et demi!!). Et moins d'une demi heure en bus. Je partais à 7 h 30 de chez moi, c'est vrai mais à cette heure là, pas de bouchons. Je n'avais pas le temps de dormir dans le bus mais tant pis. D'habitude, je mets plutôt 1 h 30. 
 
Et puis, ça partait mal en fait. L'assistante qui avait fait toute sa carrière là est partie après quelques années de bons et loyaux services pour voir si l'herbe était plus verte ailleurs. La personne qui partait était restée un mois et avait décidé de partir également. En soi, pourquoi pas, le poste a bien le droit de ne pas lui plaire et la période d'essai est faite pour ça. Et puis, comme on était souvent seules, elle m'a expliqué (et j'avais vu par moi-même). C'était la m... . Du vieux secrétariat comme j'ai pu le connaître en début de carrière (début années 2000!!), tout sur papier, le matériel pas du tout adapté. 
 
L'ordinateur? 15 minutes pour démarrer le matin, largement le temps de prendre un café et même un petit-déjeuner. Inutile de dire qu'il est super lent pour... la moindre tâche. 
 
L'imprimante? Pas en réseau. Comme chez moi, en fait. (oui, j'ai pris une imprimante d'occasion qui marche très bien dans une période de recherche d'emploi où la mienne m'a lâchement lâchée. Pas de sous, pas le choix. Sauf qu'entretemps le wifi s'était sacrément développé, ça aurait été plus simple que de trimballer mon ordinateur portable jusqu'à l'imprimante). Sauf que là, c'était un support quelconque (clé usb ou carte sd qui étaient parfois capricieuses). 

Les délais? Courts pour tout ou presque à cause d'une mauvaise coordination entre les différents intervenants. J'étais prête à temps mais je devais attendre que mes collègues fassent leur part pour boucler les dossiers. Donc je les envoyais toujours en urgence ou en retard parce que je ne pouvais pas faire leur travail à leur place malgré des relances. 

La boîte mail? Pas adaptée. Impossible de classer quoi que ce soit dans des dossiers correctement. Impossible de retrouver un mail classé avec un mot clé. Je faisais beaucoup de recherche manuelle. Heureusement que je n'ai pas si mauvaise mémoire que ça au final. Mais je perdais du temps. Et le système de classement des mails, n'en parlons pas. J'ai très peu travaillé sur des boîtes mail partagées mais si ce n'est pas carré, c'est juste la mer.. . J'ai aussi une boîte mail que j'utilise peu qui n'est pas géniale mais avec un bon classement, ça passe. Sauf que là, non vu qu'on ne retrouvait jamais rien.

J'ai fini par jeter l'éponge à contrecœur. J'aurais pu imposer des changements en menaçant de trouver autre chose (même si ensuite, j'ai compris que c'était peine perdue, tout changement était accepté mais brusquement, un retour en arrière s'opérait et comme c'est le patron qui décide, voilà). Mais l'ambiance n'y était pas. Le patron était cool, vraiment adorable mais jamais là. J'étais seule sur mon poste avec une micro formation de quelques jours. Sur un secteur que je ne connaissais pas du tout, super spécifique. Je vous ai dit que j'ai un super ami nommé Google?? Une petite équipe avec des collègues qui ne pouvaient jamais m'aider sur rien. Aucun esprit d'équipe. Une petite équipe doit se serrer les coudes surtout si elle partage quasiment le même bureau. Le seul qui était cool était sur le départ donc à mi temps. Un autre est parti brusquement, je l'ai su le jour même car il n'avait pas envie de rester. Et l'autre bossait dans son coin sans parler, j'entendais juste le clic de sa souris. "Tu as passé de bonnes vacances? Un bon we?" Ca n'écorche pas la bouche même si on n'écoute pas toujours la réponse. Il me proposait du café quand il en faisait couler mais c'est tout et il a mis du temps. Avait-il peur que je le morde?
 
Un patron qui me disait de me débrouiller vu qu'il ne savait visiblement rien de ce que faisait sa secrétaire depuis des années. De toutes façons quand l'assistante qui m'a formée est partie, il est parti en rendez-vous en me disant " A demain!". Je n'ai pas eu le temps de lever la tête qu'il s'était déjà "barré" (oui, c'est le mot qui me vient à l'esprit). A aucun moment, il ne m'a demandé si ça allait ou si je comptais...rester. 

Donc j'ai jeté l'éponge. Au bout de deux semaines mais lui n'avait pas compris ça. Donc au bout de deux semaines sans rien voir venir (je vous ai dit que j'étais souvent seule??), j'ai remis le sujet sur le tapis. CDI = 4 mois de période d'essai
Il ne trouvait personne donc il a fini par embaucher quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui connaissait quelqu'un qui le connaissait. Bref, elle a été ignoble. Des cris, des insultes, des documents jetés au sol. J'en ai parlé au patron qui l'a calmement remise à sa place. Elle s'est calmée. Alors, elle a vu combien c'était juste la panade quand on a dû faire du "tu te débrouilles" sur un truc qu'on ne comprenais pas. Donc on a fait un truc comme on a pu. On n'a jamais su si c'était bon. Elle s'était excusée entretemps, m'avait expliqué qu'elle se sentait stressée par la situation et dépassée. Mais elle comprenait combien c'était dur pour moi mais que le poste l'intéressait et qu'elle comptait rester. Je comptais les jours avant ma libération. Et puis, elle a disparu sans prévenir. 

Et je suis restée pour le salaire et parce qu'un long contrat ça fait mieux sur un cv qu'un petit. Et le patron a trouvé une autre fille. Gentille comme tout. Mais je ne lui ai  pas dit que c'était la panade; j'ai fait comme celle qui m'a formée, j'ai fait genre, "non, mais t'inquiète, ça va le faire" "ce n'est pas un poste difficile" (ce qui est vrai si on est organisé et si on suit les procédures) Entretemps, j'avais découvert que la compta n'avait pas été faite depuis des mois donc je l'ai faite en urgence sans qu'elle s'en rende trop compte. Là aussi, je n'ai rien dit. Elle a juste bien vu que j'ai demandé mille fois les relevés de compte pour faire le pointage. Le patron savait que rien n'était à jour mais il n'a rien dit.
Elle est restée, je suis partie. Elle voulait le poste, le salaire et moi, je voulais en finir donc tout était bien. J'étais tellement soulagée. Mon pot de départ, on oublie. Personne n'était motivé donc j'ai tout récupéré. On s'est fait un apéro avec le voisin. 

Et puis j'en ai eu marre. J'ai fait des pieds et des mains pour enfin accéder à mon compte formation. Je suis repartie des trucs que j'aime (les langues, les animaux, les arts) et j'ai regardé ce que je pouvais me payer. Honnêtement? J'ai pleuré, j'avais que dall (de "dall" aveugle en Breton) sur mon compte. En plus, la seule formation que Paul Chaumage m'avait payée avait en fait été...prise dessus. Je n'ai jamais rien signé de tel mais bon, c'était il y a des années donc tant pis, c'est trop tard. Mais les organismes de formation se font bien plaisir, les 2 jours de formation étaient bien bien chers.

Bref, je suis repartie de ce que j'aimais et j'ai regardé ce que je pouvais me payer. Trois jours de formation, pas plus, en gros. Donc j'ai quand même trouvé une formation dans le domaine animalier sur trois jours. Pas le choix, si je veux faire autre chose comme c'est un secteur où le salariat n'existe pas sur le métier choisi et que je ne compte pas faire du bénévolat, je dois monter mon entreprise (saint Paul Emploua si tu m'entends ouvre très grand tes oreilles, le rsa ça sert à ça désormais, faire de toi un esclave volontaire, pardon un bénévole forcé, j'en ferais un autre billet. Donc c'est sans moi. Je ne peux pas, j'ai aqua poney.). 

Sauf que par l'odeur alléché, mon conseiller Paul Chaume dur, s'est souvenu de mon existence. Et m'a imposé un suivi renforcé. Je suis en préparation d'examen, en création d'entreprise et Paul Chaumage me colle un atelier de...4 mois avec 2 demi-journées hebdomadaires d'ateliers à la khon que j'ai fait mille fois (le CV, la lettre de motivation. Passez moi l'arsenic...). Plus un suivi individuel une fois par semaine (1 h aller, 1 h retour, une demi-journée de disparue de mon emploi du temps. Avec Vanish formation, le temps s'évanouit). 
Je m'étais dit que si les gens étaient cools et que si on pouvait s'échanger des pistes, pourquoi pas mais non, chacun restait dans son coin. 

Et la formatrice était juste une... un mot qui commence comme cocotier et qui finit comme ananas. Elle n'a jamais voulu entendre que mon métier, c'est fini. Je ne veux plus du tout en entendre parler. Je le vomis, fin de l'histoire. A un moment, il faut savoir dire stop. Et il est venu. J'ai enfin atteint le stade de la maturité, je crois. Ce stade où on se connaît suffisamment bien et où on a assez confiance en soi pour foncer sans écouter les autres. Tous ces pleutres (ce mot ne concerne que les hommes, je sais, je sais), ces pessimistes qui voudraient que je reste dans une voie qui ne me mène à rien depuis des années entières. Je me suis renseignée à fond, j'ai fait mon planning, j'ai noté mes étapes sur une feuille ainsi que mes questionnements, j'ai cherché les réponses et j'ai foncé. 

Je ne suis pas revenue en arrière, je n'ai pas pensé à tout ce qui peut mal se passer car j'ai un plan B (tout et rien en intérim tant que l'ambiance est bonne et que ce n'est pas trop trop nul; plein de gens acceptent des emplois pire que ça). J'ai beaucoup cherché sur internet pour trouver des réponses à mes questions et j'ai commencé à travailler mon examen. 

Quand j'ai commencé à vraiment me renseigner sur la formation, mes yeux se sont écarquillés et j'ai eu du mal à avaler ma salive. J'avais une masse colossale d'information à ingurgiter en 2 mois montre en main. Je me suis inscrite à la formation dans un délai que je jugeais raisonnable, j'ai craqué 100 €  en livres et j'ai commencé à faire mes fiches dès réception du colis. Ma vie sociale a été réduite à néant, j'ai refusé quasiment toutes les invitations. Lors du début de la formation, j'étais aussi prête que possible vu que ce secteur est très loin du mien et que les questions sont parfois très techniques (ou très faciles, à l'examen, j'ai eu une question tellement simple que je l'ai lue 3 fois pour être sûre de ne pas me tromper). 

Et j'ai eu mon diplôme. Haut la main alors que j'étais sûre de ne pas l'avoir du premier coup. On avait deux essais donc franchement, j'y suis allée sans stress. J'aurais stressé à fond au 2e et dernier essai. J'étais dans un tel état de fatigue car l'évaluation avait lieu après le dernier jour de formation avec 30 minutes de révision que je n'ai pas eu la tête à stresser. Tout le monde était adorable et ça a sûrement aidé. 

Puis j'ai monté mon entreprise et j'ai attendu de recevoir mon diplôme. Oui, il a fallu 2 mois pour imprimer et envoyer un document mais je l'ai enfin obtenu. J'ai réussi à contacter une future "collègue" et ça me conforte dans l'idée que ça devrait bien se passer. 

Sauf que mon conseiller Paul Chaume dure m'a rappelé. J'explique. Il n'est pas possible humainement de travailler à temps plein, préparer un examen et en même temps monter une entreprise en partant de 0 (0 connaissance surtout tant sur le métier visé que sur la création d'entreprise et ce qui va arriver après). 
Ca prend du temps. Beaucoup de temps car une question en amène une autre. Et en même temps, il faut chercher du travail. Et avec le contrôle des chômeurs, il va falloir le prouver. J'ai très peu dormi ces derniers mois, je l'avoue. Aller au cinéma a été très difficile, j'ai dû me forcer (et annuler plein de fois par manque de temps). C'est dire à quel point, je suis dans un état larvaire. 
Mais il a fini par comprendre que mon projet est réel et sérieux. Et que c'est fini, je passe à autre chose. Et si ça ne marche pas, je doute revenir vers mon métier de base. Je verrai ce que je fais. Sans doute tout et rien en intérim plus mon nouveau métier en parallèle. 
Il m'a quand même donné un contact qui me conforte dans mon choix et dans la viabilité de mon projet et sur le fait qu'il y a de la place sur le marché visé pour me lancer et que c'est le bon moment quitte à me brader un peu au début. 

Je sais que je n'aurais plus de week end, plus de samedi soir (enfin si mais je vais sûrement finir à 20 h pour sortir à 21 h  après avoir mangé rapidement et rentrer tôt car boulot boulot à partir de 7 h le lendemain). Que si miracle, j'ai les moyens de partir en vacances, je devrais m'y prendre très à l'avance. Mais à côté de ça, je gère mon planning comme je veux. Si j'ai besoin de souffler, je ne prend plus d'heures et j'organise les heures déjà prises au mieux. Bien sûr, je vais faire beaucoup de trajets mais je n'ai même pas besoin de travailler à temps plein pour gagner un smic. Même en comptant les charges (assurances, retraite...). Pour une fois, si j'arrive à trouver les heures, le travail va payer. Pour de vrai. 

  Ca ira tant que je ne tombe pas malade. De toutes façons, je ne peux pas laisser mes clients tomber. Donc malade ou pas, je devrai aller bosser. Même avec la gastro ou une jambe dans le plâtre (non, dans ce cas, ce ne sera pas possible, je dois tenir sur mes deux jambes). S'il neige et qu'il fait froid et humide, je devrai aller patauger dans la neige. S'il pleut ou s'il fait 40 ° dehors, pareil, pas le choix. La responsabilité est énorme mais les soucis restent rares et je pourrai toujours trouver à me renseigner auprès de professions complémentaires.

  Mais même si Paul Emploua (qui a changé de nom, ça a coûté combien d'ailleurs? Pardon, France Chaumage) me met des bâtons dans les roues, je vais tenter le coup. Je me donne un an pour que ça marche complété par de l'intérim ponctuellement ou à temps très partiel ou de nuit s'il le faut si ça marche moyen. Et si ça marche, rien ne m'empêchera de faire autre chose quand mon corps ne pourra plus suivre, l'âge venant. Ou je prendrai des clients plus tranquilles. 
 
  Il faut juste que je puisse travailler. Ce qui ne sera pas possible s'ils obligent à faire 20 h d'esclavage par semaine pour toucher son rsa de misère (d'autant plus misérable que le prix de la nourriture est énorme. Mes lapins passent avant moi, ils ont leurs légumes mais heureusement que le voisin me dépanne souvent de restes de légumes type fanes et trognons de salade quand il en a). La salade est passée d'1 € à 1.30 € en un an et demi. Et ça mange des lapins! Donc je dois être en mesure de faire suffisamment d'heures pour gagner ma vie. Plus faire la compta. La facturation. Les déclarations de tva et d'impôts. Répondre aux mails et aux courriers. Au téléphone. Faire de la prospection client. Heureusement que je sais faire ça, c'était une partie de mon ancien métier. Mais quelqu'un qui en plus découvre et doit apprendre à faire tout ça? Il va faire comment? Il va abandonner s'il n'a pas un 2e salaire derrière?  

vendredi 10 mai 2019

Ma vie chez Pôle emploi 16 Je ne supporte plus les agences intérim

  Depuis quelques temps, ça repart. Trois entretiens en une semaine. Un entretien dans une entreprise où j'ai été bien reçue (sourire, gentillesse) et deux agences intérim. Leurs questions soupçonneuses, leurs documents à remplir et leurs appels où ils me traitent pire qu'un chien, ça a été trop.

  Les questions soupçonneuses du genre "vous n'avez pas trouvé de cdi?". Il y a 9 % de la population au chômage et ils posent la question. Alors que le secteur est un peu tendu mais ça je ne l'ai su qu'après mon diplôme. "Ca fait beaucoup d'entreprises". Oui il y a beaucoup de cdd et peu de cdi, ça se voit sur mon cv, c'est tout et encore je n'ai pas tout mis.

  Leurs foutus dossiers à remplir où il faut raconter sa vie. Que je sois célibataire ou mariée, en quoi ça les regarde? Que j'ai des enfants ou pas? (ok pour les enfants malades) Leurs p... de références où je ne sais jamais quoi mettre. Mais là, je suis restée une semaine. Mais là, j'ai fait tout le temps la même chose. Mais là, l'équipe avait des carences sur le plan humain, on va dire. Bref, je mets quoi?? Ils veulent savoir quoi de toutes manières? Que je ne suis pas une psychopathe? Si je suis restée longtemps à certains endroits parce qu'il y avait des besoins, c'est que ce n'est pas le cas, non? On ne garde pas quelqu'un après la période d'essai s'il n'est pas apte à travailler en entreprise.

  Donc le message disant juste "Vous pouvez me rappeler?", c'est non. Je sais que c'est une agence intérim car j'ai encore le numéro dans mon téléphone. Mais je ne sais pas quelle agence intérim ni qui m'a appelé ni pourquoi. S'il y a un souci, elle le dit dans le message et ça n'empêche pas de dire "Bonjour", "Merci", "Au revoir". Et il y a le ton sec. Certes, je ressens bien la pointe de stress dans la voix mais un sourire, ça s'entend au téléphone; l'impératif qui fait bien sentir que je suis à sa merci. Donc non, elle rappellera et elle sera aimable. Ce n'est pas parce que je suis au chômage et donc en position de faiblesse que je suis un chien qui ne mérite ni respect, ni politesse élémentaire. 

dimanche 10 décembre 2017

Ma vie chez Pôle emploi 15 Contrôle des chômeurs ?


   Il y a quelques jours, j'ai été contrôlée par Pôle emploi qui a mis plus de dix ans à s'intéresser à mon cas. Sauf que je sors d'une période de déprime et d'un contrat de travail lobotomisant au possible donc ma recherche est au point presque mort. Bref, j'ai dû justifier ma recherche d'emploi (alors que je suis au rsa-de-misère donc pas indemnisée). J'ai halluciné.

  Déjà ils demandent notre situation actuelle. Si on est au chômage, pas de souci. Mais si on travaille, il faut le justifier. Et une photocopie à faire alors qu'ils le vérifieront au moment de la déclaration mensuelle auprès de Paul Chaumage. Et il faut donner le nom de l'entreprise et la durée du contrat (des fois qu'on invente). Donc pourquoi une copie vu qu'ils ont les informations et que ce sera facilement vérifiable le mois suivant au moment de la déclaration mensuelle? Et si on n'a pas de contrat car il met du temps à être fait ? Si son scanner est en panne (ce qui était mon cas, mon scanner/imprimante marche quand il veut) ?
Puis la formation : projet ? Est-ce qu'on s'est renseigné et on en a parlé à son conseiller ? Bref, des questions bateau mais rien sur ce qui nous freine pour la mettre en œuvre...
Puis la recherche d'emploi en elle-même : comment on s'y prend, si on se sent à l'aise avec les outils à disposition (si ça débouche sur une petite remise à niveau, pourquoi pas). Et la question : êtes-vous abonné aux offres de Paul emploi (qui n'y serait pas abonné ? Franchement???). Plus des questions bateau sur les sites qu'on utilise et les agences interim où on est inscrit. Puis sur les organismes qui nous aident dans notre recherche (mais attention, on les cite, on ne parle pas de leur efficacité! Ni du nombre de fois par an où on les voit).
Ensuite, on passe aux candidatures : réponse aux offres ou spontanées, combien, comment ? Les contraintes et c'est tout... Rien sur nos attentes vis à vis de Pôle emploi ou autre. J'ai mis que je n'avais jamais vu mon conseiller actuel, ce qui visiblement n'a pas choqué la personne qui a traité le dossier. Tout comme le fait que je n'ai pas de relation avec mon conseiller (je ne le connais pas vu qu'il a changé (c'est dommage car j'aurais eu des choses à dire tant elle était/est incompétente) et que je n'attends rien de lui).

  Bref, j'avoue que ça me fait rigoler. Honnêtement, je ne cherchais pas plus que ça parce que je déprimais (d'un autre côté, je l'ai noté noir sur blanc à la fin, je suis un être humain et comme je l'ai dit, je me sens « abandonnée » dans ma recherche d'emploi) et je venais de retrouver un petit contrat. Et mon tableau de recherche que j'ai joint est presque vide (de toutes manières, je ne vais pas inventer des offres d'emploi qui n'existent pas et si les agences interim n'ont rien à me proposer sauf quand je travaille déjà, je n'y peux rien). Je pense que ça aurait dû faire tilt dans la tête de la personne qui traite le dossier, un appel à l'aide. Mais non, visiblement, ça leur suffit amplement. Ou c'est qu'il n'y a pas de tant de travail que ça et que je n'y peux pas grand chose. Ou qu'ils s'en fichent. Ou que leur contrôle est plus une machine à radier qu'autre chose (ils traquent ceux qui ne font rien mais surtout, ils n'aident pas ceux qui disent en avoir besoin (en même temps, quelle aide peuvent-ils bien apporter ??).

  Au final, je me demande à quoi sert le contrôle des chômeurs? D'un côté, on ne peut pas inventer des emplois qui n'existent pas... De l'autre, ça devrait servir à orienter vers un projet ou un dispositif pour s'en sortir ou retrouver de l'espoir, non?

samedi 2 septembre 2017

Ma vie chez Pôle emploi 14: RSA, argg...

Forcément, après avoir appris que je n'ai pas de droits aux assedics (non, mais sérieux, ça sert à quoi d'accepter de petits contrats pourris???), j'ai demandé le RSA.
Et c'est reparti pour un tour, une semaine pour avoir un dossier (qu'on ne peut pas avoir sur internet et qu'on ne peut pas avoir au guichet) et au mieux deux semaines pour l'étudier: "il y a trop de demandes, vous comprenez...".

Non, je ne comprends pas! C'est la deuxième fois que je suis au RSA de misère et j'ai droit au même discours. Tu n'as qu'à embaucher des chaumeurs, chère CAF! Ca fera baisser le chaumage, ça te fera des futurs allocataires en moins. Même si on n'y connaît rien, on peut faire de la saisie de données et tes conseillers auront juste à vérifier et instruire les dossiers. (oui, parce que j'ai reçu un dossier... papier par courrier!! Histoire de perdre une semaine au lieu de le mettre en téléchargement direct pour ceux qui ont encore de l'encre dans leurs cartouches peuvent l'imprimer). Certes, c'est un document Cerfa mais bon , ce n'est pas une déclaration d'impôt!! Et je doute qu'ils les gardent une fois les dossiers traités donc bon, voilà quoi! Mais on peut dire qu'on n'a rien reçu (je lève la main!!) et/ou les perdre.

Mais j'ai harcelé appelé à plusieurs reprises la CAF et j'ai fini par avoir le fin mot de l'histoire: leur service courrier serait délocalisé ? Alors que je l'envoie à l'adresse de la CAF!! Très très fort, le courrier arrive chez eux, il part ailleurs pour être trié et réparti (où?? comment?? Non, je n'ai pas mal compris) et rien que ça ça met... une semaine. Une semaine juste pour trier le courrier, plus fort que la Poste.

Donc un dossier de RSA met en tout un mois (trois semaines au mieux) pour être traité! Pendant ce temps-là? Soit ta banque est compréhensive, soit tu as de l'épargne (toussotement gêné) (que la CAF va prendre en compte), soit ta famille t'aide (toussotement gêné) (que la CAF va prendre en compte), soit tu as profité de tes faramineuses assedics de nanti qui vit sur le dos des travailleurs pour bourrer tes placards de nourriture (perso, j'ai juste des pâtes, des biscottes, des pâtes sans sauce et des biscottes sans beurre), mais tu n'as pas de justificatifs donc tu ne peux pas avoir d'aide et tu ne tiendras pas trois semaines, soit ta banque est compréhensive, soit tu gagnes au loto et tu n'as plus droit au rsa. Soit tu trouves un emploi mais tu dois y renoncer car manger des pâtes à l'eau sans beurre sans sauce sans rien devant les collègues, c'est moyen pour s'intégrer (panneau lumineux avec une flèche "c'huis pov'; à vot' bon cœur") et on déprime vite si on peut pleurer tranquille chez soi alors si on ne peut pas, voilà. Et puis rapidement, sauf si tu peux y aller à pied, tu n'as pas de quoi payer ton ticket de bus/métro/tramway/ train (tu laisses tomber direct, c'est trop cher pour toi)/ ton essence donc tu laisses tomber. Et comme tu ne peux pas payer d'essence sauf si tu as la chance qu'il t'en reste la moitié quand tu fais ta demande, ta batterie te lâche.

Voilà, le RSA ça sert à ça. Paul Emploua ne t'aide pas à t'en sortir? Ne t'inquiète pas, le RSA achèvera de t'enfoncer!

Mais en même temps, ils ne peuvent pas comprendre...
"Les députés battus pourront en effet bénéficier de versements durant trois ans de manière dégressive : 100% de l’indemnité parlementaire (5.999,80 euros brut) durant le 1er semestre, 70% durant le 2e, 50% durant le 3e, 40% le 4e, 30% le 5 et 20% le 6e. " 20 %= 1 200 € à la louche X 577 députés. Et pendant ce temps-là, monsieur Macron veut baisser de 5 € les apl (soit un quart de mon budget d'une semaine de courses au rsa).
http://www.capital.fr/economie-politique/les-deputes-sortants-battus-beneficieront-d-indemnites-chomage-tres-avantageuses-1231987


Et pendant ce temps-là, ma banque n'est pas du tout compréhensive, j'ai encore changé de conseiller (j'adore, j'apprends que j'ai un nouveau conseiller comme ça sans qu'on me prévienne avant ou me donne de raison) et c'est un gros con! Il ne veut pas comprendre que si je suis à découvert c'est indépendant de ma volonté (genre, je pouvais prévoir!) et que je dois manger et payer mon loyer. Si je retrouve du travail, pas de souci (mais si, je serai payée en fin de mois voire au début ou à la moitié du mois suivant!! Et j'aurais des frais d'essence et/ou de nourriture, ramène tes pâtes sans beurre devant tes collègues pour voir); si je n'en retrouve pas, je dois manger et payer mes factures. Ce nanti n'a jamais été au rsa, je suppose. Mes conseillers précédents ont toujours été compréhensifs à ce sujet, je finis toujours par retravailler ou au pire, je serre le budget au maximum et ils le savaient bien, je ne fais pas de folies. Les choses se résorbent doucement peu à peu au pire des cas.


En résumé, j'enchaîne les entretiens mais je ne suis pas dans les conditions psychologiques adéquates, je ne me sens pas suffisamment en sécurité, je m'inquiète de ne pas pouvoir assumer les frais si je retrouve du travail et pouvoir manger et garder un toit d'ici là. J'en ai marre de cette société qui te met la tête sous l'eau quand tu te noies.


Et sinon les gens, à vot'bon cœur: souriez! Cessez de faire la tronche et de vous montrer agressif, c'est lourd.

mercredi 21 juin 2017

Ma vie chez Pôle emploi 13: ARE, argg...


En fin de droits, j'ai dû renvoyer un dossier d'ARE. Déjà, j'ai appris qu'on m'avait envoyé un dossier en me connectant à mon espace (sauf qu'on ne me l'a jamais envoyé, j'ai dû le demander et attendre) et j'ai dû renvoyer dix ans de bulletins de salaire.

  C'est une honte!
Je suis chômeuse en fin de droits donc je n'ai pas les moyens de griller une cartouche d'encre et payer en plus les timbres.
Ca m'a pris une journée entière! Je cumule les cdd depuis dix ans et merci! J'aurais préféré chercher du travail.
Ca m'a "flingué" une cartouche et je suis pauvre, j'ai dû me ruiner pour en racheter pas trop cher sur internet donc attendre.
Pourquoi remonter sur dix ans? Hormis pour décourager les chômeurs? Je suis convaincue que c'est ça: pôle emploi a TOUS mes bulletins de salaire en au moins six exemplaires (sauf les derniers) depuis le temps. Imaginez soixante bulletins de salaire à imprimer, vérifier et envoyer. J'ai eu pitié de la personne qui va traiter le dossier et j'ai fait un récapitulatif en surlignant bien le mois et l'année sur chaque bulletin. Qu'on ne vienne pas me prendre pour une c..., le nombre d'heures et les salaires de mes contrats sont forcément enregistrés quelque part dans la base de données de Paul Emploua. Et pourquoi ne pas remonter au dernier dossier d'ARE? Je vous le demande!!

  Bref, au lieu d'embêter les chômeurs, Pôle emploi ferait mieux de leur faciliter un peu la vie. En espérant qu'ils ne mettent pas deux mois à traiter le dossier, je n'ai pas d'épargne.

  Et dernière chose: chère personne qui traitera mon dossier, je te souhaite bon courage! Je t'ai facilité la tâche autant que possible avec une liste de mes bulletins de salaire, le mois et leur montant que j'ai ajouté en haut de chaque bulletin pour plus de lisibilité, mais bon courage quand même.

samedi 25 février 2017

Ma vie chez Pôle emploi 12: Où je me demande à quoi sert Paul Emploua


En me connectant à mon espace Pôle emploi, j'ai eu la joie éphémère de trouver une proposition d'emploi. En ces temps de disette professionnelle, ma joie fut de courte durée. Ce poste n'a RIEN à voir avec mon métier. Le conseiller Pôle emploua devait être bourré parce qu'il a dû voir "logiciel" et "administratif" pour m'envoyer la proposition.

  J'ai perdu un quart d'heure à envoyer un lettre au pauvre employeur pour lui expliquer en quoi je n'étais pas en adéquation avec le poste: pas d'expérience ni de compétence dans le domaine.

   Ce système est absurde: le conseiller n'a PAS LU UNE LIGNE DE MON CV. J'ai perdu du temps. Ca fait baisser mon moral d'un cran. Ca embête l'employeur qui n'a rien demandé. Et puis, je suis désolée mais la qualité du travail montre un j'en-foutisme total de ma conseillère.

  J'en ai ras le bol d'être traitée comme de la m.... A la limite, on m'aurait proposé une formation, j'aurais étudié la question mais là, c'est du foutage de gueule et j'en ai ras le bol!

mardi 10 janvier 2017

Ma vie chez Pôle emploi 11: Formation, désillusions

J'ai eu mon diplôme, il y a bientôt dix ans. Dix ans de galère, à bout de souffle, j'abandonne. Je ne cherche plus vraiment, je regarde vaguement les annonces en attendant de trouver le courage de signer l'arrêt de mort de ma vie professionnelle: trouver tout ce que je peux faire de moins bien que "pas trop chiant" compte tenu de mon expérience professionnelle. Le stade entre le boulot "pas trop chiant" et "le boulot de merde où tu as envie de te flinguer tous les matins, où tu n'arrives pas à te lever malgré trois réveils et où tu comptes les minutes en crevant de l'intérieur.". J'ai raté ma vie professionnelle, ma vie personnelle n'est pas brillante, la seule chose qui fonctionne et au final, c'est le plus important, c'est moi, ma vie intérieure, mon épanouissement personnel, mes passions.

Bref, j'ai reçu un message de Paul Chômage en ce début d'année pour une formation, la pu**** de formation que je demande depuis l'obtention de mon diplôme! Ces déb*****, euh, débutants me mettent sur les rangs après dix ans de demandes, d'attentes en laissant mes compétences et mon enthousiasme moisir.

Si je suis prise, je sens que je vais les regarder avec des yeux bovins blasés lors de l'entretien préalable. "Tu es gentil, mais c'est fini, mon coco, fini!". Tiens, je repense à des gens qui n'ont jamais galéré de leur vie que me disent d'insister, de demander une formation. "tu crois que je n'ai pas essayé?". Les gens m'énervent des fois.

Ma vie professionnelle est terminée. Du coup, je vais postuler à tous les boulots de merde emplois non qualifiés et sous-payés à peu près supportables entre 25 et 30 heures par semaine. Je veux un salaire correct (toute proportion gardée, j'ai déjà bossé à 20 heures par semaine, le salaire permet d'améliorer l'ordinaire, point. Les projets? Parce que tu veux vivre, en plus? Au lieu de te contenter de survivre avec un petit bonus? Tu as vu la Vierge?) qui me permette d'épargner un peu par ma retraite, réparer ma voiture, prendre des vacances et avoir des loisirs.

Mais en contrepartie, je veux du temps! Du temps pour écrire, me cultiver, lire, sortir, jouer de la musique et en écouter, danser et aller à mes activités extra-professionnelles, regarder des films, sortir, voir des gens. Donc ne pas bosser le samedi après-midi ou après 19 h 30.

Ca devrait être faisable...

La semaine a été dure, j'ai broyé du noir, je me suis renfermée sur moi-même (je suis sortie samedi soir, mais ça ne compte pas);  même les trucs que j'aime faire ont été des corvées: me coiffer, me faire du thé, écrire, jouer de la musique, danser, lire. J'ai pu écouter un peu de musique et regarder des films (oui, j'ai regardé des dessins animés et des films pour enfants, et alors?), me forcer à écrire mais c'est tout. J'ai dépressurisé et ça va mieux maintenant.

Adieu ma vie, adieu mes rêves,
Joyeux compagnons, amis qui m'avez accompagnés sans trêve
Je vous dit Adieu, le destin a préféré que de l'intérieur, je crève
Plutôt que de laisser la chance, bannie de ma vie, me donner foi en mes rêves.

mardi 17 novembre 2015

Ma vie chez Pôle emploi 10: Comme un cheveu sur la soupe ou les joies de l'intérim

  J'ai fait une petite mission en intérim et comment dire, c'était pathétique!
On m'appelle la veille pour le lendemain 8 h 00 (en fin d'après-midi évidemment et je dois passer en urgence à l'agence intérim, sinon ce n'est pas drôle!!). On me fait un beau carton avec le nom de l'entreprise, l'adresse, la date et l'heure de début, ainsi que le nom de la personne à demander. 

  J'arrive bien avant l'heure dite, j'écoute ma musique à l'arrêt de bus et j'y vais! J'entre, un monsieur m'accueille, il n'est au courant de rien. Le patron arrive sur ces entrefaites et n'est pas au courant non plus, je montre mon papier, ils n'en savent pas plus. On finit par se dire que c'est peut-être l'assistante qui a fait la demande (sans l'aval de son patron donc, du moins, sans lui avoir dit avant qu'on lui enverrait peut-être quelqu'un dès le lendemain sachant qu'elle arrivera après la majorité de ses collègues). Laisser un papier sur son bureau, c'est faisable!
Je m'assois, j'accepte un café même si, à cette heure matinale, ça a tendance à me faire mal au ventre mais je semble partie pour attendre la fameuse assistante. Une demie-heure passe, tout le monde m'ignore et enfin arrive l'assistante qui est au courant (mais n'a prévenu personne!!!).

  Elle prend une demie-heure pour me montrer comment allumer l'ordi, le téléphone (qui est d'un modèle compliqué que je n'ai jamais utilisé), on trie les mails et elle me plante là car elle a des dossiers à finir, je ne dois pas la déranger. Elle me donne le classeur avec les procédures à lire en attendant et le tutoriel du logiciel spécifique que je ne connais pas. Jusque là, ça me va même si c'est un peu rapide. Sauf que le téléphone ne sonne pas tant que ça, je galère avec le téléphone et je n'ai personne pour m'épauler, me remontrer, je tâtonne un peu. Je dérange l'assistante pour redemander des explications mais je sens bien que... je dérange! La journée passe, j'ai étudié les documents, refait les manipulations sur le nouveau logiciel, lu les tutoriels, refait les manipulations sur le téléphone et j'ai regardé un peu dans les dossiers partagés sur l'ordinateur pour savoir où je suis tombée, comprendre le contexte et le fonctionnement de l'entreprise (et m'occuper). Je pars déçue et inquiète mais ça va. 

  Deuxième jour, rebelotte. Je me jette à l'eau, fais ce que je peux en autonomie (traiter les mails en laissant de côté ceux pour lesquels, j'ai des doutes), je tente de maîtriser le téléphone, j'étudie le récapitulatif téléphonique pour connaître les moments où il sonne et le nombre d'appels journaliers moyens (10-15, sur une journée de 7 h, comment dire, ça fait léger!!). Forcément, je finis par aller déranger ma collègue pour mendier du travail, je fais le tour des collègues comme elle me l'a suggéré car elle n'a rien à me donner qui me renvoient vers elle (en même temps, c'est elle qui a demandé une aide)! La journée est longue mais comme c'est un contrat de 6 mois, je me dis que je vais y aller crescendo les 3 premiers jours pour avoir une vision du poste: le premier jour: découverte de l'environnement et des outils; deuxième jour: comprendre le contexte, lire un peu tous les documents que je trouve et voir à maîtriser les outils; le troisième jour, être plus insistante parce que j'ai une période d'essai de 3 jours donc j'ai besoin de savoir quelles seront mes tâches par la suite et en avoir un aperçu même succin. 

  Arrive le 3e jour, c'est la même chose! Je finis par avoir quelques missions à faire (refaire des étiquettes, un peu de classement et d'archivage, de la mise à jour de base de données) mais ça me prend deux heures maximum sur une journée de sept heures. Et là, je ne comprends pas pourquoi l'assistante a demandé un temps complet! Je suis seule à l'accueil, sans formation, sans suivi (l'assistante reste enfermée dans son bureau et n'apporte pas de réponse à mes questions à tel point que ses collègues prennent le relais par moments). Après questionnement, l'assistante cherche quelqu'un pour la soulager de quelques tâches administratives mais clairement, ça ne remplira pas mon temps complet! Ma décision est prise, je compte en parler à l'assistante le soir même puis appeler l'agence intérim pour rompre le contrat immédiatement ou sinon, les avertir du souci. Ca tombe bien, elle veut faire un bilan de ces premiers jours (on est vendredi), je dis que je me sens bien dans l'entreprise en elle-même et à l'aise avec les tâches confiées mais que je voudrais en savoir plus sur les tâches qui me seront confiées par la suite (la raison de ma venue!!). L'assistante me rétorque qu'elle ne me sens pas à l'aise (tu m'étonnes!) et que concrètement au niveau des tâches, elle a besoin qu'on fasse l'accueil physique et téléphonique plus le traitement du courrier (je calcule en gros, deux heures de travail journalier sur une journée de sept heures!!). Elle a bien dû sentir que ça n'allait pas aller car évidemment, elle a rompu la période d'essai. A mon grand soulagement car je ne serai pas restée. 

  Je ne comprends pas comment on peut embaucher quelqu'un parce qu'on a obtenu le budget pour ça sans se préoccuper de ce qu'on va lui faire faire, sans prévenir ses collègues de son arrivée si on arrive après eux. Heureusement que j'avais un papier de l'agence intérim sinon, on aurait peut-être dû les appeler pour confirmer?? Pourquoi l'agence intérim ne s'est-elle pas renseignée en voyant que c'était un temps complet au vu de la fiche de poste bien légère (volume de courrier quotidien, nombre d'appels entrants et sortants, volume de mails)? Ils auraient pu me prévenir, on aurait négocié la possibilité d'amener un livre ou alléger les horaires.

  Mais au fond, je ne suis qu'une intérimaire de la main d’œuvre pas si bon marché corvéable à merci.

mardi 20 octobre 2015

Ma vie chez Pôle emploi 9 : Le jour où ça craque

  J'en ai ras le bol du chômage! Voilà; c'est simple, je galère plus que jamais depuis deux ans à seulement trouver des boulots "pourris": soit ce n'est pas assez payé et donc même pas envisageable, soit je n'ai pas la moindre chance d'être prise, soit je n'ai pas de réponse.
Les candidatures spontanées ne donnent rien.

  Je ne vis pas, je galère à payer des réparations de voiture que voilà la taxe d'habitation qui tombe (j'ai demandé un étalement avec report en début d'année pour pouvoir respirer, bernique! C'est étalé et je dois payer de suite!). J'ai 20-25 € de courses par semaine ce mois-ci et c'est parti pour durer jusqu'à l'année prochaine, mon banquier grince des dents au vu de mon découvert et que fait Paul Emploi? Rien!!

  Je n'ai pas droit à une formation, ni à un contrat aidé, ma conseillère est aux abonnés absents (et à côté de la plaque: elle m'a inscrit à un atelier, il y a eu une réunion puis plus rien, on nous recontacte, j'attends et je suis toujours sans réponse de l'organisme en question). Il y a peu d'offres et pas de réponse, on m'envoie voir ailleurs quand je relance. 

  Je voudrais échanger ma vie avec un salarié: 20  € de courses par semaine (tout compris, les timbres, la nourriture, les produits ménagers, tout!) et 30 € d'essence pour faire tourner ma voiture, l'ennui, la solitude. Un jour, une semaine, un mois, une année qu'importe...

mardi 14 avril 2015

Ma vie chez Pôle emploi 8: Chronique d'un rdv "mensuel" ordinaire

  Je croyais avoir parlé des rendez-vous chez notre ami Pôle emploi, mais il semblerait que non... Ceci aidera sans doute, les gens qui croient que "quand on cherche, on trouve" et qui nous reprochent de garder un semblant de vie, même au chômage (aller voir ou recevoir des amis, participer à la vie locale...) à croire qu'un chômeur ne mérite pas de vivre.

  Déjà, depuis plus de trois mois, je n'ai pas vu un seul conseiller! J'ai beau chercher sur le site, je ne trouve pas de nom de conseiller, j'espère qu'il a changé parce que l'ancienne était d'une mollesse indicible... Ils savent que j'ai fini mon emploi, car j'arrivais en fin de contrat aidé et que je n'ai plus déclaré de salaire depuis. Ma "référente" de contrat aidé a informé Paul Chômage que je retombais sous sa coupe.
Je sais que j'ai un diplôme (qui m'a coûté du temps et de l'argent donc il n'y a pas de raisons que je sois moins bien traitée que des non diplômés) et que j'arrive à peu près à travailler (j'ai l'impression que mon niveau d'exigence est élevé, pour moi, deux mois de chômage, c'est long!). Bref, en général, je redemande un rendez-vous, ce que je vais finir par faire, mais j'étais curieuse de voir au bout de combien de temps ils se réveilleraient. J'ai vu!

  Un rendez-vous "soi-disant mensuel" commence généralement avec vingt minutes de retard. Mais malheur au chômeur qui a ne serait-ce que 5 minutes de retard (pour rappel, il est impossible de prévenir car le seul numéro que l'on a est le 3949! Pratique, n'est-ce pas??) alors que son conseiller est pour une fois à l'heure: le rendez-vous est reporté! Dois-je préciser que j'ai été bien souvent victime de la loi de Murphy les rares fois où j'ai été en retard?
Nous nous installons, la conseillère (désolée messieurs, je n'ai eu que des conseillères) me demande si je travaille en ce moment. Oui, j'ai posé ma journée exprès pour venir, quelle question!!! Ca y est, j'ai trouvé LE cdi de mes rêves, à 35 h par semaine, 2 000 € mensuels avec possibilité d'évolution, un poste polyvalent et des collègues super sympas! Si je travaillais, je ne serai pas là bien évidemment et vous ne m'auriez sans doute pas invitée à venir vous visiter en votre humble demeure bureau.
Et vous avez des pistes en ce moment? Parfois, oui, parfois, non.
Bref, "on va regarder les offres d'emploi" ce à quoi je réponds généralement, "j'ai regardé ce matin mais on peut toujours...". En même temps, que répondre d'autre??? "Non mais attendez espèce de bécasse, j'ai regardé les annonces ce matin, en prenant mon café, oui, peut-être qu'il y en a eu entretemps c'est vrai, on ne sait jamais, hein?". On passe bien 15-20 mn avec des "ha et celle-là, Assistante (ou secrétaire ou hôtesse d'accueil) à Trifouillis la forêt ou Trucmuche sur (insérer le nom de la rivière d'à côté)". Non, mais je suis désolée, vu le salaire, le budget essence ne passera pas/ je n'ai pas le diplôme demandé/ je n'ai pas les dix ans d'expérience demandés.".  "C'est vraiment dommage, vous ne voulez pas postuler??" "On peut toujours." (même si je sais pas expérience que je n'aurai pas de réponse et que si je rappelle, on va me rappeler que je n'ai pas le diplôme ou l'expérience requise.).
Des fois, on en trouve une ou deux qui passent uniquement par le circuit interne de Pôle emploi ou une annonce qui vient miraculeusement d'être publiée.
 Et sinon, il y a des métiers sans trop de qualifications qui recrutent en ce moment sur la région??? Non, pas plus que ça mais vous devriez trouver dans votre secteur, vous avez un B.T.S, de l'expérience (mais pas assez aux yeux des recruteurs), vous allez trouver!

  Bon, on écrit le rapport qui dit grosso modo que je ne travaille pas et que la conseillère m'a donné X offres d'emploi auxquelles je vais postuler (ils ont de l'humour chez Pôle Chômage, il n'y a pas à dire! Sérieusement, ces offres quand elles ne sont pas périmées le temps que je rentre chez moi même si j'envoie quand même mon cv si j'ai l'adresse, je vais y postuler, pas les mettre bout à bout accrochées avec des punaises pour remplacer ma tapisserie ou ma moquette!), que je recherche un poste d'assistante de direction, de secrétaire, dresseuse d'ours, agent d'accueil, éboueuse ou opératrice de saisie ou boulangère en cdi à temps complet mais que j'accepte les cdd et les temps partiels, payées au moins au smic (je ne suis pas encore rendue à chercher du travail payé moins que le smic), que j'ai une voiture et que je suis prête à faire deux heures de trajet selon le salaire (en vrai, ils mettent une heure, ça leur semble suffisant!). De mémoire, c'est tout. Ah, non, il est aussi indiqué que je vais continuer à postuler!

  Merci de votre aide et à la prochaine fois! Sourire forcé parce que je me demande à quoi m'ont servies ces deux heures (en comptant le temps de trajet et l'attente), je sors plus démoralisée qu'avant.

  Mais attention, Pôle emploi innove. Au moins, on économisera le temps de trajet! 
 http://www.lefigaro.fr/emploi/2014/11/27/09005-20141127ARTFIG00179--pole-emploi-de-plus-en-plus-de-rendez-vous-se-feront-par-webcam.php

  Donc par pitié, vous qui me lisez, ne demandez plus à un chômeur "Mais chez Pôle emploi, ils ne te proposent rien?". Il n'y a même pas d'argent pour les formations si on est un peu diplômés, alors...

http://www.lexpress.fr/emploi/chomeuse-longue-duree-nous-ne-sommes-pas-des-codes-rome_1626133.html
http://www.lepoint.fr/economie/le-recit-accablant-d-un-conseiller-de-pole-emploi-25-04-2013-1690176_28.php

vendredi 3 avril 2015

Ma vie chez Pôle Emploi 7: Quand on ne peut plus se contenter de survivre

  Aujourd'hui, j'en suis rendue au point où je n'en peux plus de ne pas vivre. A cause du manque d'argent tout simplement! Je voudrais juste vivre comme les autres sans compter sans cesse, parfois je craque sur quelque chose qui me fait plaisir sans songer au découvert qui se creuse. De toutes manières, comparé à un rendez-vous d'une demie-heure chez le psy à 40 € pas forcément remboursé totalement, on relativise rapidement.  Personne ne pense à moi, alors oui, j'ai besoin de me faire plaisir et surtout de ne pas m'isoler par rapport aux autres en refusant toute dépense et du coup, en ne participant pas à plein de choses. 

  Mais la vraie différence est psychique; on dit que le manque appelle le manque et ma foi, c'est vrai. Plus on se prive, plus on se sent "puni" en quelque sorte par nous-même. Et malheureusement, dans une société de consommation, même si plein de choses restent gratuites, ne pas pouvoir acheter des biens ou des services nous met vite à part car on ne peut pas aller au restaurant, sortir, remplacer des talons défectueux...

  Je crois que le chômage est une profonde blessure narcissique car on se sent hors de la société et les recruteurs ne sont pas toujours très humains (répondre à une candidature ou dire gentillement qu'il n'y a pas de postes, ça change beaucoup de choses pour la personne qui a postulé). Alors parfois, tant pis, on se fait plaisir même si le budget fait la tête, même si on va mettre du temps à rattraper tout ça.
Il ne faut pas culpabiliser de faire craquer son budget de temps à autre (si on reste dans la limite du raisonnable), même si on met plusieurs mois à éponger son déficit. Il faut continuer à vivre malgré les difficultés et à se faire plaisir, sans se rajouter une double peine. Il est à mon sens important de tenter de vivre normalement: on n'est pas seulement un chômeur, on est avant tout une personne.

mercredi 4 mars 2015

Ma vie chez Pôle Emploi 6 ou Journée d'une chômeuse

7 h, je me lève. Les jours fastes, je me lève parfois à 7h 30, mais c'est le maximum.
Le temps de me faire un rapide petit déjeuner, l'ordinateur est déjà allumé: traitement des mails personnels, lecture de quelques articles ou blogs, un petit tour sur un forum en buvant mon café et c'est parti.
Jusqu'à l'heure du déjeuner, je chasse les offres d'emploi: traitement de ma boîte mail, recherche d'offres sur Pôle emploi et les principaux sites de recherche d'emploi, écriture et envoi des lettres de motivation, recherche des fois qu'il y ai des salons professionnels dans la région.... Dans les périodes optimistes, je passe quelques appels pour des candidatures spontanées, que des rejets donc il faut pouvoir encaisser, parfois j'arrive à avoir l'adresse où envoyer un cv mais c'est rare et je n'ai jamais de retour. J'ai si peu de retours sur mes candidatures spontanées ou suite à des annonces que je commence à me sentir dépréciée: on se moque des gens, on ne prend même pas le temps de leur envoyer un mail type accusant réception de leur candidature.

  Puis commence le long après-midi du chômeur découragé: quelques annonces qui nous conviennent, les relances sont infructueuses et on se fait envoyer "voir ailleurs" de nombreuses fois au point de se sentir moins que rien. On délaisse peu à peu les candidatures spontanées (je les appelle tous les 6 mois depuis que j'ai leur nom dans ma base de données, ils ont toujours refusé mes cv, n'est-ce pas une perte de temps?? Si, mais sait-on jamais?).

Lecture, télé, écriture de blog, mots fléchés, balades tentent de donner un sens à la vie monotone du chômeur.
En milieu d'après-midi, c'est la deuxième fournée de recherche d'emploi (en période où le moral est haut car sinon, c'est une déception supplémentaire...): les annonces parues entretemps, éventuellement des recherches annexes (une nouvelle liste des entreprises qui recrutent dans la région qu'on va appeller par téléphone, un tour sur pôle emploi sur les métiers qui recrutent ce qui peut aiguiller vers des secteurs plus porteurs, tri de la boite mail (qui me sert d'annuaire de mes candidatures: en cas de candidature spontanée, j'essaie d'entrer le nom et le numéro de l'entreprise ainsi que le secteur d'activité pour me constituer une base de données triée par secteur d'activité. Elle me sert de base pour les candidatures spontanées ultérieures). Le tout assaisonné par la lecture de quelques articles en lien avec l'emploi.
Je passe pas mal de temps à mettre à jour les dossiers des agences intérim à chaque fin de contrant; entre les sites qui "rament" et les sites pas très clairs, les formats différents (word ou pdf), ça peut prendre pas mal de temps et causer de l'énervement.

  Une journée est calée de temps en temps pour courir les boites d'intérim: elles ont trop de cv mais notent que nous sommes disponibles. Etrangement, elles rappellent quand je viens de retrouver un contrat et que l'activité est sans doute repartie un peu partout; mais c'est toujours ça!

  N'ayant pas d'argent pour sortir, je vis assez seule sans voir grand monde quand je ne travaille pas, juste ma famille parfois et quelques amis qui vivent loin prennent de mes nouvelles. Pas de travail= pas d'argent et moins le moral= pas de vie sociale en semaine ou les week-ends, c'est bien simple!
Je crois que la principale difficulté, c'est la façon dont le chômeur est perçu. Pour la famille et les amis, on ne fait rien de nos journées (mais tu ne t'ennuies pas? sous-entendu, si tu cherchais vraiment, tu trouverais, hein...); pour la société, nous sommes des parasites à 400 € par mois; pour les recruteurs, nous sommes des "chieurs": on occupe leur précieux temps, il leur faut se débarrasser de nous au plus vite d'un ton rogue ou ils expliquent leur situation en tentant de s'excuser pendant 10 minutes (les artisans le plus souvent, mais c'est rare); parfois une secrétaire nous dit qu'il n'y a pas de poste et nous souhaite bon courage, gentillement et humainement, mais c'est exceptionnel.
Le week-end, j'essaie de faire tourner ma voiture car si ma batterie me lâche, je serai dans une situation difficile pendant longtemps.

  Rejeté de toutes part, survivant avec ses allocations qui rendent tout petit plaisir sujet à des calculs savants pour maintenir le budget, le chômeur doit malgré tout garder le moral, seul dans sa solitude et ses espoirs déçus pour espérer un jour retrouver un emploi.

jeudi 26 février 2015

Ma vie chez Pôle Emploi 5 ou comment une future baisse du chômage me fait bien rire, réflexion sur les contrats aidés


Je sors d'un contrat aidé qui fut très difficile moralement et nerveusement.Qui dit contrat aidé, dit subventions qui prennent le salaire en charge, qui dit main d’œuvre gratuite, qui dit pas de respect. Il y a sûrement des patrons très bien mais le mien ne l'était pas.
Une association qui vit des subventions de l'État; des salariés en contrat aidé dont les horaires sont flexibles et dont les heures supplémentaires ne sont pas toujours rattrapées; énormément de bénévoles et de stagiaires; un directeur qui n'a sûrement pas fait de formation en management (oui, mener des hommes, ça s'apprend!) clairement histrionique (théâtral, les autres ont toujours tort, menteur, qui joue sur la compassion, la plainte, monte les gens les uns contre les autres, parle dans le dos des gens face aux collègues, qui critique systématiquement le travail fait, qui rabaisse, qui veut tout contrôler (même ce que nous faisons dans une journée de travail: nous devions justifier notre emploi du temps heure par heure en détaillant ce que nous avions fait et le temps que ça prenait. Le patron ou son adjoint passait ensuite une heure ou deux par semaine à tout revérifier pour tout le monde)), qui change les plannings, les systèmes de classement quand ça lui chante et tant pis, si on vient de tout refaire! Bref, aucun respect du salarié ou du travail fait... Et comme la paie ne suit pas (petit salaire + tout petit complément assedic + grosse baisse des apl + frais annexes (repas correct pour ne pas faire pauvre devant les collègues, talons à refaire, homéopathie contre le stress, transport...)) = se lever très tôt pour gagner 200 €), nous étions tous démotivés. 
Je n'ai pas réussi à démissionner et j'ai dû attendre la fin du contrat pour partir. 

  Retour chez Pôle emploi, j'envoie mon dossier d'assedics, je fais une estimation (ça a l'air correct, je devrais pouvoir respirer un peu), on me renvoie le dossier parce qu'il manque un papier qui est bien dans le dossier, la caf suite à ma déclaration trimestrielle n'a pas pris en compte le fait que j'ai bien coché la case comme quoi je ne travaille plus. La galère totale, Pôle emploi est débordé (qu'ils m'embauchent pour faire de la saisie!!), il faut 15 jours pour examiner un dossier, mais attention, je dois épuiser mes droits au chômage datant de 2013 avant un futur examen!!), la sécurité sociale aussi (mon dossier de cmu est à renouveler et j'ai besoin de parler donc voir un psychiatre (remboursé) ne serait pas de trop)). Je redécouvre ce que c'est qu'être pauvre! Pendant ce temps là, mon découvert se creuse et les frais qui vont avec! Car, je n'ai pas pu échapper au psy: j'avais trop besoin de parler à une oreille neutre, sans tabou.
Ce contrat m'a cassée moralement: je n'ai plus envie de travailler, de chercher, ma motivation n'est plus, je n'ai pas le courage de recommencer à chercher. Alors je planifie et j'y vais petit à petit. Mais ce n'est pas juste de me retrouver dans la galère financièrement alors que j'ai travaillé un an!! Des gens qui touchent tranquillement leurs assedics tous les mois n'ont eux pas de frais de découvert à payer.... Ce contrat m'a cassée, j'ai du mal à recommencer à chercher du boulot, j'ai y ai cru (cv rempli, expérience enrichissante, formation, hypothétique cdi à la fin; il n'en a rien été) et la suite n'est pas pour me remonter le moral.

 Bref, revenons à mon ami Pôle chômage qui ne devrait pas tarder à me proposer un rendez-vous, même si je finis tout juste.
284 700 offres ce matin divisées par 5 232 100 chômeurs (chiffres de ce matin), ce qui nous fait 0,054 offre d'emploi par chômeur! Vu comme ça, ça fait peur... Je ne me plains pas, il y a quelques annonces, j'ai eu deux entretiens depuis le début de l'année, ça pourrait être pire. Les candidatures spontanées ne donnent rien.
Donc je voudrais bien savoir comment notre gouvernement espère une baisse du chômage à venir et reste optimiste...?

mardi 18 juin 2013

Ma vie chez Pôle Emploi 4 ou comment les conseillers n'écoutent pas

  Nouvelle conseillère, nouvelle méthode! Elle est bien gentille pour une fois mais toujours inefficace et à côté de la plaque!
Ma problèmatique est la suivante: comme je ne trouve pas de "vrai travail" dans mon secteur, je souhaiterais soit me spécialiser dans un domaine plus porteur, soit faire totalement autre chose dans un domaine qui ne soit pas "bouché" si tant est que cela existe actuellement.

  Ma conseillère a d'abord voulu à tout prix me faire faire un bilan de compétences! Pour prouver aux employeurs mes capacités... J'ai de l'expérience et le diplôme adéquat donc je n'en vois pas trop l'intérêt, ça coûte cher à l'Etat et moi, je perds mon temps!

  Comme j'ai fait des "boulots d'été" dans la restauration et le secteur médico-social, elle a voulu m'envoyer là-dedans. Je ne m'y suis jamais plu et j'ai toujours attendu la fin de mon contrat en comptant les jours (et en pleurant sur mon maigre salaire qui ne correspondait pas aux efforts fournis!). Je le lui ai dit, elle a continué à insister lourdement sans penser une seconde que j'ai pris une direction qui n'a rien à voir!

  Aujourd'hui, elle veut me mettre dans une "action" (j'ai fini par comprendre que c'est ce qu'ils veulent tous nous faire faire: nous mettre dans une "action"). Soit que cela fasse baisser les statistiques, soit que cela soit une preuve de l'efficacité du conseiller, mais ils aiment ça!
J'ai le choix entre" prouver" mes compétences durant un stage non rémunéré, un énième "stage de remotivation" (qui permet toujours d'échanger des informations entre participants donc à la limite) et un bilan de compétences.

 Fleury Michon, Paul Chômage, elle est pas belle la vie?

lundi 27 mai 2013

Ma vie chez Pôle Emploi 3: Mr le président, j'ai peur pour mon avenir

 
Ou comment rien ne change...

  Mon dernier rendez-vous chez Pôle Emploi... Je travaille quand et comme je peux. Je ne suis donc pas prioritaire! Les contrats aidés, j'ai donné...un peu: poste sous-payé (frais d'essence compris), inintéressant, un mensonge sur la nature du poste, une infantilisation de la part de la patronne qui avait l'impression de "me faire une fleur" en me proposant ce poste! Ils ne m'ont pas gardée; de toutes manières, ce n'était pas mon métier et je n'avais pas l'expérience pour ça.
J'avais essayé de contacter ma référente pour savoir si c'était normal, je n'ai jamais eu de réponse malgré des appels et des mails!

  Je change de conseiller tous les 6 mois; aucun n'est capable de me dire dans quel secteur, les débouchés existent. Je suis prête à payer une formation de ma poche, j'ai réussi à faire avouer à demi-mot à une de mes conseillères qu'il n'y avait pas d'argent pour ça (et que c'était réservé aux cas désespérés!): je n'en fais pas partie car j'ai un diplôme et un minimum d'expérience. De plus, je me débrouille à peu près pour travailler!

Monsieur le président,

Le Pôle Emploi est un organisme inefficace, sans aucune considération pour les chômeurs, sans moyens aussi sans doute.
Mais de nombreux outils sont inefficaces et coûteux (combien de "pseudo-formations" ai-je fait via des organismes privés, qui devaient coûter très chers et ne m'ont servi à rien); il n'y a aucune écoute des demandeurs d'emploi (c'est notre faute; en cas de question, il faut se débrouiller seul, sauf que nous n'avons pas les connaissances pour répondre à toutes nos questions!).

Certains conseillers n'ont rien à faire de nous; mais la plupart essaient sincèrement de nous aider avec leurs moyens et leurs maigres connaissances du marché de l'emploi régional. Sauf que je crois que le problème est là: ils ne possèdent aucune statistique fiable des débouchés en région (métier et qualification demandée, sur quel type de profil, dans quel type d'entreprise...).

J'ai peur pour mon avenir que je n'imagine même pas. Donnez nous du travail, il n'y aura plus de problème de financement des retraites!

Azenor B.

vendredi 10 février 2012

Ma vie chez Pôle Emploi 2: obligation d'accepter toute offre d'emploi

    Monsieur SARKOZY a eu une illumination pour régler le problème du chômage en FRANCE:  organiser un referendum sur l'obligation des chômeurs à accepter le premier emploi pour lequel ils auront bénéficié d'une formation.

  J'ai bêtement doucement ricané: Pôle Emploi doit m'envoyer deux offres par an! Deux fois sur trois, elle ne correspond pas à mon domaine d'activité (je n'ai donc pas les compétences requises) ou l'expérience demandée est bien plus élevée que la mienne, ça me coûterait trop cher en essence, je n'ai pas de voiture ou pas le permis (avant d'avoir l'un et l'autre)!
J'ai demandé à faire des formations, en ayant assez de ne rien faire! Je dois soit les payer moi-même (comptabilité) pour cause de restrictions budgétaires (et avec un bac+2, je ne suis pas prioritaire!) (au R.S.A., ce n'est tout simplement pas possible!), soit on me propose des pseudo-formation sur 2 ou 3 jours qui sont plus des sessions de remotivation! J'ai même reçu, une fois, une offre en alternance pour... refaire mon B.T.S.! Logique! Si avec un B.T.S., je ne trouve pas d'emploi, avec deux diplômes identiques, je vais y arriver? L'école ne m'aurait pas prise de toutes manières!

  Les contrats aidés? Je ne suis jamais prise! Ni même convoquée à un entretien! Parce que j'ai fait des études? Je suis moins prioritaire que les autres? C'est ce que j'ai cru comprendre...

  Notre président n'a pas dû connaître le vrai chômage, la galère des rendez-vous inefficaces chez Pôle Emploi, le manque de suivi, les questions sans réponse, le découragement; le calcul frénétique pour savoir si en postulant à cet emploi, on pourra payer l'essence avec ce que l'on nous décompte du R.S.A. et vivre avec son salaire; l'isolement social (non, je n'ai pas les moyens d'aller boire un café), l'ennui, le manque de lien social, essayer d'avoir une vie normale malgré tout en continuant à se lever à 6 h 00 tous les matins pour se connecter au site de Pole Emploi, envoyer des candidatures spontanées... bref, ne pas sombrer!

samedi 21 janvier 2012

Ma vie chez Pôle Emploi 1: périodicité des rendez-vous

"Accompagner vers l'emploi"?
 Je croyais m'être déjà épanchée sur le sujet mais il semblerait qu'il n'en soit rien.
   Cela fait plus de 6 mois que je n'ai pas vu ma conseillère, malgré des demandes répétées par courrier ou de vive voix. Elle n'a pas le temps de me recevoir et je ne peux pas voir un autre conseiller!
   J'obtiens enfin un rendez-vous avec une nouvelle conseillère et quelques jours plus tard, j'apprends que mon rendez-vous est annulé pour... défaut d'actualisation! Le hic est que je me suis bien actualisée malgré les plantages du site internet! Direction Pôle Emploi, j'ai de la chance, il n'y a pas grand monde. J'explique mon cas: "Si vous ne vous êtes pas actualisée, c'est votre problème!"; après avoir insisté, la personne va voir un collègue et le discours change: "Vous n'êtes pas la seule dans ce cas; il y a des problèmes sur le site! Je vous conseille d'imprimer l'écran qui vous indique que vous êtes bien actualisée!", je dois donc prévoir que le site ne fonctionnera pas!
J'ai de la chance mon rendez-vous est maintenu; j'ai perdu près de deux heures à passer directement n'ayant pu les joindre par téléphone!
   J'oublie les convocations arrivées la veille du rendez-vous qui me conduisent à réorganiser mon emploi du temps, voire le lendemain! Les retards, parfois de trois quart d'heure alors que l'on a prévu autre chose. Les questions sans réponse.
   Je vous éclaire sur le déroulement d'un rendez-vous:
récapitulatif du parcours, le point est fait sur j'expose les démarches accomplies et leur résultat, nous regardons le conseiller consulte les offres d'emploi sur le site Pôle Chômage (je l'ai fait juste avant de venir donc...); il me demande pour chacune si j'y ai répondu: oui dans 99 % des cas.
Le compte-rendu est rédigé: point fait sur les démarches, offres d'emploi consultées, rendez-vous dans un mois.
Au revoir et à dans un mois!
   Je ne compte que sur moi-même pour décrocher un emploi!