vendredi 5 juin 2020

Poids et prise de conscience

 Je ne me pèse jamais. J'ai fait des recherches dans les archives de ce blog (comme quoi, ce journal intime en ligne n'est pas du tout inutile) et je m'en inquiétais déjà il y a un an et demie. J'en étais alors à 52 kilos. J'avais dû voir mon médecin peu avant qui m'avait dit qu'il n'y avait pas d'inquiétude à avoir mais qu'il fallait surveiller que ça ne monte pas d'où une note pour rappel ici. Et ça a monté. Insidieusement, sans que je m'en rende compte. Au début de l'année, j'étais à 62 kg pour la même taille, bien évidemment. J'ai donc réussi le tour de force de prendre 10 kg en un an. Moins d'un kilo par mois mais si j'ai surveillé de loin, je n'ai pas fait réellement attention.

Qu'est-ce qui a changé? 
- Un changement d'alimentation suite à des problèmes de santé, j'ai tout rééquilibré et...mangé plus de produits laitiers et de viande
- Moins de marche. Je marche beaucoup mais suite à un déménagement, j'ai changé de quartier, j'ai perdu mes promenades accessibles à pied (avec déjà une bonne marche qui s'ajoutait à la promenade) même si je peux toujours me rendre au centre-ville à pied. Et j'ai moins de choix. De là où j'étais, je pouvais rejoindre le centre-ville et trois lignes de bus majeures. Là, je peux rejoindre le centre-ville et une ligne de bus principale ce qui limite les déplacements à pied.
- Un changement de voisins avec qui j'ai fini par faire connaissance et échanger quelques bières/apéritifs de manière un peu trop régulière même si je limite. Il n'est pas rare que l'un d'eux m'apporte du gâteau, des frites ou autre alors que je ne demande RIEN. Je mange parfois chez lui et il n'a jamais compris le concept de "faire attention", il ne le prend pas en compte, heureusement que je surveille mais il râle. Je comprends que sa copine (obèse) ne perde pas vu que c'est lui qui lui fait ses courses et sa cuisine.
- Moins d'activité physique, le sport que je faisais est hors budget donc je danse chez moi mais ce n'est pas la même chose.
- en 5 ans, je suis passée d'un IMC qui a toujours fleureté (oui, je l'écris en français, les anglais nous l'on "piqué" pour information comme tant d'autres mots) avec la limite de la maigreur à un IMC à la limite du surpoids.
- Moi. Suite à l'année, la plus prometteuse et la plus difficile (et décevante) de ma vie, j'ai décidé d'en faire une force, j'ai changé énormément de choses, réglé beaucoup de problème, changé de vie, d'objectifs, de routine pour réaliser des projets trop longtemps mis de côté. J'ai énormément travaillé à apprendre à gérer mes émotions, ou plutôt cesser de les gérer pour accepter leur message et arrêter de vouloir me contrôler, accepter mon hypersensibilité. J'avais encore à l'époque mon addiction au sucre qui ne représentent que des calories vides, des bonbons. Je souffrais de l'inverse des kilos émotionnels, du stress qui brûlait des calories.

La reprise en main
Depuis le début de l'année, je surveille. Ca fait donc presque la moitié d'une année (5 mois). J'ai perdu 7 kilos et presque 3 points d'IMC. Je suis passée de léger surpoids à normal qui pour moi ne l'est pas car j'ai toujours frôlé la maigreur.
Les rares jours où j'ai du mal à supporter cette silhouette épaissie, je triche, tout simplement. J'ai tendance à oublier que je possède un certain nombre de robes médiévales qui flattent ma silhouette et de robes à crinoline (qui sont les robes faites pour moi que ce soit niveau silhouette ou choix d'ornements (dur dans la mode actuelle de trouver dentelles, fausses perles, noeuds, mélange de couleurs à profusion) mais ce n'est pas pratique dans le bus ou pour passe les portes et même bouger dans un petit appartement, dommage) voire quelques corselets qui plaquent ce qui doit l'être sans serrer à outrance (mais plaquer ce qui dépasse suffit largement à masquer ces défauts). Bref, j'ai sauté le pas il y a deux ou trois ans et réalisé un de mes rêves mais au final, je les mets trop peu ce qui est dommage.
Je possède des tee-shirts à l'effigie de deux de mes artistes préférés (oui, je ne vaux pas mieux que  les filles du collège) que je porte dans une taille trop grande pour moi; avec un pantalon en jean, ça passe très très bien.

L'objectif
retrouver mon poids normal d'ici la fin de l'année et ensuite surveiller pour réajuster si ça repart à la hausse.

dimanche 31 mai 2020

Journal d'une confinée 24 J+75 Déconfinement J+21 A quand la normalité?

  Je ronge mon frein. J'étais partie pour sortir ce we mais TOUT est fermé, rien sur les sites de sortie donc tant pis. Ca fait deux mois et demie sans sorties et sans voir de nouvelles têtes, je craque... J'ai une sortie le week-end prochain prévue de longue date mais on est en phase de réflexion. Tout est fermé donc pour boire un verre et se faire un restaurant, c'est mort d'autant plus qu'on est partis pour être un groupe conséquent et que la sortie va se prolonger, on ne s'est pas vus depuis près de trois mois; forcément, on aura des choses à se dire et besoin de communiquer. Pour draguer, ce sera compliqué au vu de la composition habituelle du groupe mais sait-on jamais?

  Comme beaucoup de célibataires, ma vie amoureuse est entre parenthèse depuis trois mois. Il est temps que ça s'arrête, ce n'est pas vivable de "perdre" un quart d'année comme ça. Les personnes en couple ne peuvent pas comprendre à quel point ça peut être dur à vivre. Même en draguant sur internet, c'est compliqué. Aller boire un verre? Mince tout est fermé! Un cinéma? Pareil. Se promener? Les parcs sont fermés! Marcher dans la rue sans nulle part où s'installer? Génial... Non, en vrai, c'est délicat.

  Et les employés? Les faillites se multiplient autour de moi, des cafés, des restaurants rapides. Je connais quelqu'un dans mon entourage qui n'a pas été payé depuis deux mois et le patron est injoignable donc il attend car l'entreprise est fermée.

  Même pour moi, trouver du travail relève du voeu pieux car les patrons attendent de savoir ce que ça va donner pour l'été.

  Après, ça va être compliqué. Le masque? Pour boire un verre, même avec une paille, ce n'est pas génial. Je me suis offert un "restaurant" quand j'ai été chercher mon livre soit un sandwich dans une chaîne de boulangerie industrielle pour rester sur un coût raisonnable (et c'est là que j'ai compté et que j'ai découvert que les sandwiches complets sont plutôt caloriques même en retirant le maximum de mayonnaise (je n'aime pas ça, enfin l'industrielle et je n'y vois de l'intérêt qu'avec les oeufs durs et les fruits de mer (mais je n'en mange qu'à noël) assaisonnée de beaucoup de poivre)). J'ai mangé en marchant dans de petites rues donc je n'ai pas croisé grand monde et j'ai pris mes distances à chaque fois. Mais ce n'est pas évident du tout.

  Pour les restaurants quand je vois les conditions prévues, je n'ai pas envie. Je ne vois qu'une chose: la vente à emporter même si les emballages à usage unique, niveau écologie, c'est moyen. Pour les bars, ça risque d'être pareil. Franchement, les bars que je fréquente sont petits, on est déjà serrés de base alors avec les distances de sécurité, ils peuvent diviser par quatre le nombre de clients. Empiéter encore plus sur la rue comme je lis ça et là...? Franchement, c'est une blague Carambar??? Ce n'est pas possible. Déjà l'été en tant que piéton, c'est invivable entre les gens qui empiétent largement sur le trottoir sans laisser de passage (le premier, je demande gentillement à pouvoir passer; le deuxième, le ton est déjà moins poli mais au troisième, je ne deviens pas gentille du tout); je fais toujours super attention à laisser la place pour laisser passer un fauteuil roulant ou une poussette mais les gens "normaux"?? Non, donc ça va être le slalom entre les tables avec le bruit des conversations et la fumée de cigarette. Invivable, je vais carrément éviter des rues. Déjà qu'en temps normal, ça peut être compliqué dans les rues étroites même si globalement, il y a largement de quoi prendre ses distances, je donne l'air de chipoter mais ça reste marginal. Mais là, je ne le sens pas du tout.

  Question de santé mentale mais aussi physique. Je vis en appartement en ville. Marcher dans les rues ne me dérange pas que ce soit sans but ou pour aller m'acheter un sandwich (marche à pied jusqu'au centre-ville, acheter un sandwich et rentrer en bus ou partiellement à pied) mais pas tout le temps. Faire les magasins? Très peu pour moi ou alors les librairies mais là, vu les conditions, sans façons. En temps normal, j'aime bien les parcs mais comme ils sont fermés, c'est compliqué et je n'ai pas vraiment de chemin pour me promener.

  Les cinémas me manquent aussi mais c'est trop cher donc j'y vais peu. C'est un petit luxe que je m'offre de temps en temps. Mais, c'est pareil. Ouverture le 22 juin. Ok, je ne sais pas à quels aides ils ont eu droit. Augmenter le prix des places me semble impossible. Les cinémas où je vais appartiennent à un grand groupe qui devrait s'en sortir à moyen terme mais en n'occupant qu'un siège sur deux, ça va être compliqué sur le plan économique. Et quand je vois que le gouvernement appelle les gens à piocher dans leur épargne (laquelle??) et que les hausses à venir sont phénoménales (le gaz...(hurlement)), on va droit vers une belle catastrophe économique... Je ne suis pas prête de retravailler vu comme c'est parti, heureusement que j'ai fait le plein de livres à pas cher et que j'ai largement de quoi me nourrir niveau livres et films.

Carpe diem?

samedi 30 mai 2020

Ca commence bien...Les hausses débarquent

  A partir d'aujourd'hui, l'électricité augmente de... 6 %! Alors que des entreprises sont en difficulté, que des gens sont au chômage et que les chômeurs ont une chance très mince de retrouver un emploi. Et mme Pénicaud qui appelle les français à consommer l'argent qu'ils ont épargné pendant la crise sanitaire. A coup de hausses et de taxes?

  Concernant l'emploi, j'ai peur. Les agences interim ne savent pas du tout ce que ça va donner et concernant les emplois d'été, ça semble mal parti. Il y a très peu d'offres, ne parlons pas des candidatures spontanées qui restent encore et toujours sans réponse. Les agences intérim que j'ai contacté m'ont toutes dit: pas avant septembre au mieux et pour les emplois d'été, ça semble mal parti, on n'a AUCUNE visibilité.

  On sort de 3 mois d'enfermement et il faudrait en plus de la crise économique à venir se taper des taxes supplémentaires?? Ils attendent quoi? Que les pauvres basculent et demandent de l'aide aux services sociaux alors qu'ils se débrouillaient sans jusqu'ici? Quelle bonne idée! Comme s'il n'y avait pas assez de nouveaux chômeurs (il n'y a pas de travail!!! Ou si peu que les moutons à cinq pattes comme moi surdiplômés et aux multiples expériences ont peu de chance de trouver!).

  La courbe de Laffer, elle connaît? "Trop d'impôt, tue l'impôt." Ou elle est comme Smith, elle compte sur "la main invisible du marché"?

  Les salaires sont trop bas! Quand on a le privilège de travailler. Pour dépenser, il faut avoir confiance et un matelas de sécurité. Ou on dépense mais ce sont des craquages, des achats compulsifs (je plaide coupable, j'ai un peu abusé pendant le confinement mais j'ai été très sérieuse depuis des mois pour payer au plus vite ma taxe d'habitation et des frais de santé non remboursés donc oui, j'ai craqué littéralement et fait flamber ma carte bancaire). Craquages accordés sous réserve d'un énorme serrage de ceinture derrière. Ce qui sera mon cas. Je vais m'accorder d'office 20 € de vacances pour cet été (ça fait deux années entières que je ne suis pas partie même une foutue journée! J'ai réussi à m'accorder mon we annuel chez mon meilleur ami et le we où je le reçois mais ce n'est pas assez pour tenir (et ça remonte déjà à près d'un an à cause des hasards du calendrier)). Même si je dois manger des pâtes à outrance, tant pis.

  Quand je vois libraires, restaurateurs, cinémas, boîtes de nuit et autres sociétés/patrons/employés des secteurs qui ne sont pas de première nécessité, j'ai toujours un serrement de coeur. Combien passeront l'été? Comment les gens qui sont restés enfermés pendant près de trois mois vont supporter de devoir renoncer au peu de loisirs qu'ils pouvaient s'offrir sans parler des conditions (quand je lis les conditions pour les cinémas et les restaurants notamment, je plains autant les patrons que les consommateurs)? Sérieusement? C'est quelque chose que quelqu'un qui n'a jamais "galéré" ne peut pas comprendre!

  Je n'ai pas eu de "vacances", pardon "d'aumône de vacances" soit une journée à moins d'une heure de route depuis trois ans car j'ai dû m'en passer l'an dernier, réparation de ma vieille voiture oblige avant des frais de santé non remboursés coûteux! Je pète un plomb depuis déjà une année entière, j'ai besoin de changer d'air pour ne pas devenir hystérique. Et ils veulent me "sucrer" ça pour se goinfrer sur le gaz? Qui est déjà hors de prix dont on peut difficilement se passer?
J'ai été voir le bilan des trois dernières années de mon fournisseur de gaz... Inutile de dire que je ne les plains pas et qu'ils se sont bien bien goinfrés sur le dos des vaches à lait!  Donc leurs pleurnicheries sur les hausses des coûts de production, mon oeil! Ils se remplissent les poches, oui!

  Je ne comprends pas la logique. On vient de subir une crise sanitaire qui aboutit sur une crise économique. Et le gouvernement...taxe de partout (car ce n'est pas terminé, j'en mettrais ma main à couper)??? Réduit les acquis sociaux??? Le chômage, on en parle? J'en ai ras le bol de ne pas travailler (je n'ai pas eu de chance, non plus; à peine libérée à cause de mes soins non remboursés, coronavirus et confinement mais ça pèse sur le budget et mon absence d'épargne). Et de travailler pour un salaire de misère quand je travaille. Le smic est trop bas, désolée mais ça n'en vaut pas la peine car tout est trop cher (les loyers, la nourriture, l'essence, les transports, les timbres, le gaz). Au début de ma carrière avec un smic, j'étais riche; maintenant? Ca améliore l'ordinaire mais ça ne me permet pas de folies. Je n'avais pas de voiture à l'époque, je l'avoue et c'est un coût non négligeable.

6 % de hausse sur l'électricité mais ça ne fait qu'un euro cinquante par mois pourtant... Mais sur un an? 18 € dans mon cas... Mince, mes 20 € de vacances annuelles sautent, quel dommage... Je "pète un câble" de manière sérieuse depuis noël, j'ai besoin de changer d'air; je peux bien tenir encore un peu, non???
En vrai, je ne peux pas du tout. J'attendais la fin du confinement pour enfin partir un peu mais j'ai laissé le temps que ça se tasse. Je pars en juin, tant pis si ma banque grince des dents ou chouine ou autre...

P.S. J'ai oublié de compter le budget masque...

vendredi 22 mai 2020

Journal d'une confinée 23 J+66 Déconfinement J+12 Bas les masques!

  Je suis passée dépenser mon bon d'achat chez mon libraire. J'ai eu un petit carnet en remerciement (joli et de bonne facture, trop beau pour être rempli) et si j'ai mis du temps à trouver ce que je voulais, je m'en suis sortie pour un prix tout à fait raisonnable. Un livre d'un auteur que j'avais adoré, un livre dans ma liste de lecture que je dois penser à retirer de mon compte Booknode et un livres de nouvelles pris au hasard parce que la couverture est très jolie.

  Ma pile à lire? Ca va, j'ai deux piles qui débordent du carton où j'ai mis les livres en attente... Je dois avoir vingt livres papier en poche à lire, plus trois bandes dessinées, un magazine et deux livres grand format. Non, je rigole, en vrai, elle déborde, c'est honteux de l'avoir laissé monter autant mais je lis l'intégrale d'un auteur classique sur ma liseuse et c'est elle qui a bien baissé pendant le confinement. En plus, crime suprême, il y a des livres qu'on m'a prêtés (d'un membre de ma famille donc ça va mais d'un de mes voisins que j'aimerais lui rendre rapidement surtout que je doute que ça me plaise). Bref, c'est une honte absolue.

  J'ai pris mon temps car je n'avais pas envie de payer par carte bancaire et je n'avais que peu de monnaie en plus de mon bon d'achat. Bien sûr, ils ont mis en avant les "gros succès", auteurs que je n'apprécie pas (hormis Michel Bussi (et encore le dernier que j'ai lu était une grosse déception écrit avec les pieds, j'ai tenu deux pages) et mon bien-aimé Stephen King (mais je pense lui avoir fait gagner assez d'argent pour privilégier d'autres auteurs)). J'ai dû fouiller pour trouver ce que je voulais: pas trop cher, auteur inconnu si possible (réussi pour deux livres sur les trois; au risque d'avoir un coup de coeur et d'en acheter d'autres), poche, pas un classique et un auteur vivant (qui percevra plus d'argent grâce à mon achat qu'un auteur qui mange les pissenlits par la racine). Le bonus étant qu'il soit dans ma liste de livres à acheter sur Booknode qui est absolument monstrueuse et criminellement remplie (250 livres à me procurer), réussi pour un livre. 

  Bref, tout ça pour finir par un coup de gueule. Les gens sont idiots ou suicidaires?? J'ai pris les transports en commun à l'aller et au retour: une personne sur vingt sans masque (ça diminue) dont une sur 10 l'avait sous le nez ou pas déplié donc ne couvrant que les lèvres (comme par hasard des "personnes à risques" donc âgées). Les masques artisanaux, je me méfie mais j'avais près de moi une jeune fille avec un masque visiblement cousu main avec...la couture au milieu! Les gants, j'étais la seule. Est-ce que les gens sont stupides? Ils le font exprès? Je sais que par ma formation initiale, je suis très sensible à tout ça et je vois ce qui ne va pas mais un peu de réflexion? Prendre le temps de s'informer? Je crains vraiment une deuxième vague à partir du peu que j'en vois. Parce que j'ai dû marcher pour rentrer chez moi... J'ai croisé une petite dizaine de personnes dont une seule masquée. Et les distances entre les gens, ce n'était pas ça, pour eux, c'était retour à la normale.

  Je me protège pour moi mais ça m'énerve...

mardi 19 mai 2020

Journal d'une confinée 22 J+63 Déconfinement J+9 C'est reparti

 Après une semaine tranquille et deux jours d'agonie, entretien. Ca m'arrangerait que ça marche pour ce petit contrat mais reprendre ma voiture, me "retaper" des questions alakon qui me donnent envie de leur enfoncer mon cv dans le fond de la gorge pour les faire taire, je ne le supportais plus très bien, je crois bien que je vais craquer. Et le salaire au ras des pâquerettes pour changer... Ils veulent des compétences et de l'expérience, des connaissances, un diplôme, je suis désolée, ça se paie et pas en tickets restaurant (il n'y en a pas de toutes manières). Bref, on verra. Il est vrai que mon dernier entretien a été téléphonique et qu'il était surréaliste.

  Le voisin qui vient emprunter des livres qui se permet une réflexion parce que mes piles de livres à lire débordent un peu partout. Oui, ils s'accumulent, je n'ai pas lu autant que je l'avais prévu pendant le confinement. Mais il est bien content de venir m'en emprunter. D'un autre côté, il est bizarre et il a toujours des petits réflexions, des trucs bateau du gars bien conformiste qui ne réfléchit pas et qui gueule dès qu'un truc dépasse de la norme. Sauf qu'il n'a pas compris que je ne suis pas normale par rapport à la norme de la majorité des gens et que je m'en fiche. Il est comme il est et je l'accepte comme tel malgré des frictions.

  Bref, retour au monde d'avant. La solidarité, la tolérance, l'humanité, ça a duré deux mois et on repart comme en 40.

lundi 18 mai 2020

Journal d'une confinée 21 J+62 Déconfinement J+8 Fausse alerte...ou pas

  Comme je l'ai dit, je suis malade depuis hier. Légère fièvre, fatigue et nez pris sans que les mouchoirs s'accumulent. Une grippette comme dirait quelqu'un. J'ai quand même par acquis de conscience été fait le test sur info-covid qui m'indique "risque de covid, restez chez vous et attendez une dizaine de jours en limitant les contacts". D'après les symptômes, c'est un rhume ou plutôt une rhinite allergique (logique après plus de deux mois d'enfermement, j'aurais attrappé les premiers pollens croisés dans le jardin de ma tante). Techniquement, je suis à risques à cause de problèmes respiratoires bénins qui ne nécessitent pas de traitement.

  J'ai mis un pull pour dormir et rajouté une couverture, mis une bouillotte et de grosses chaussettes pour aider à maintenir la fièvre durant la nuit et ce matin, ça va. Oui, je sais, d'ordinaire, on fait tomber la fièvre. Mais j'ai réfléchi un jour que j'avais une dizaine d'années que si le corps fait monter la température pour tuer les microbes, il est illogique de tenter de la faire tomber tant qu'on n'est pas en danger (en gros quand on ne peut plus lire, soit 39 ou 40 de fièvre il me semble). C'est ce que j'ai toujours fait et je m'en porte très bien, j'estime que le corps est assez grand pour se débrouiller tout seul comme un grand (sauf douleurs fortes, bien sûr). Je ne suis pas du genre à courir chez le médecin au moindre symptôme et je m'en porte bien, le corps humain est la plus merveilleuse machine qui soit (même si le cerveau peut s'améliorer quoi que le développement personnel m'a fait changer d'avis, on peut le guider pour limiter les ratés), une perfection de la nature qui devrait nous conduire à la chouchouter au lieu de la détruire soit dit en passant, le corps et l'esprit humain sont un émerveillement régulier chez moi. Bref, je crois que courir chez le médecin au moindre bobo est inutile voire "dangereux", plus le système immunitaire travaille, plus il sera performant (comme un danseur ou un sportif, plus les muscles travaillent, plus il progresse) donc moins le sujet sera malade. Et en cas de gros souci de santé, il sera capable de se débrouiller en attendant la prise en charge. Du coup, je suis malade une fois par an environ depuis toujours ou presque, ça se règle en trois ou quatre jours et on n'en parle plus jusqu'à l'année suivante. Mon médecin me voit pour les vaccins soit pas souvent du tout (ce qui le fait toujours tiquer gentillement car j'ai souvent des questions sur les éléments bénins survenus entretemps mais j'avertis toujours la secrétaire que j'ai un ou deux questions donc de prévoir 5 ou 10 minutes de plus donc ce n'est pas mon souci au vu du coût des consultations qui plus est) et c'est tout.  25 € soit quasiment une demi-journée de smic pour rappel! Donc à ce tarif, on n'est pas à trois minutes, montre en main, près).

  Moins qu'une grippette donc. Tant mieux pour moi mais je comprends au vu des symptômes que des gens passent à côté. J'ai gardé mes distances avec tout le monde lors de ma visite familiale, je me suis scrupuleusement lavé les mains, j'ai toussé dans mon mouchoir en tissu dont j'avais une ample provision. Le seul que j'ai touché, c'est le chien pour une caresse qu'il a daigné me consentir (il n'est pas très câlin). Techniquement, il n'y a aucun risque de transmission, j'y ai veillé.

  Mais cette maladie est une traîtresse et donc elle est dangereuse pour les sujets à risques. Et je viens de voir qu'il y a une alerte aux pollens sur une grosse partie de la France, ceci explique cela. Le confinement est parti pour durer du coup... Avec le protocole de choc au vu des symptômes lors de ma première exposition: gants, foulard devant la bouche et sur les cheveux, changement de vêtements à chaque fois que je rentre de sortie (à laver à 60 ° minimum)+ douche+ shampooing. Finalement, le confinement, c'était plus simple, en fait... Les masques chirurgicaux filtrent le pollen, c'est bon à savoir.

dimanche 17 mai 2020

Journal d'une confinée 20 J+61 Déconfinement J+7 Attente

  Le déconfinement est acté depuis une semaine. Je suis sortie faire les courses une fois dans la semaine et c'est tout. Les nombreux coureurs ont disparu comme par magie, soit ils travaillent soit c'était une excuse pour sortir. Les boîtes aux lettres ne sont enfin plus condamnées, j'ai pu payer mes dernières grosses factures en retard.

  Temps d'incubation: 3-5 jours mais peut aller jusqu'à 14 jours. Je pensais attendre une semaine encore en faisant attention, je crois que je fais bien et je pourrais prolonger encore d'une semaine supplémentaire par précaution. Je fais partie des personnes à risques sur le papier. Et je commence à tomber malade, je suis malade une fois par an, c'est apparemment pour maintenant. Ca durera au pire une semaine (ce n'est qu'un rhume mais mon système immunitaire n'est pas très  bon depuis quelques jours au vu de la rapidité à laquelle le tartre revient à cause d'un sommeil très perturbé; il m'est arrivé de me lever à 5 h du matin pour me recoucher à 7 h et me relever à 11 h passé. La situation actuelle est en cause mais on arrive au bout, je dois tenir encore un peu) et je serai débarrassée ce qui tombe presque à pic. L'épidémie semble arrivée à un plateau, les courbes statistiques s'applatissent; reste à les infléchir.

  Les gens... ne font pas attention ou si peu  pour le peu que j'en ai vu dans les magasins ou à la fenêtre. J'ai vu dans les médias les queues devant les grands magasins pas du tout de première nécessité et j'ai frémi. Ca promet pour la suite sans paranoïa ou autre. Ceci dit, j'ai voulu dépenser mon bon d'achat pris chez le libraire du coin et je n'ai pas pu le dépenser en livres électroniques (pas si chers que ça pour certains, disons que c'est raisonnable, c'est bon à savoir), je suis déçue, mes étagères croulent déjà assez comme ça. Tout ça pour dire qu'on ne peut pas tout faire en ligne. Ma pile de livres à lire est toujours énorme et n'a pas beaucoup descendu cette semaine. J'ai très envie de me faire des brochettes de pigeon en ce moment, ils viennent roucouler sur mon balcon presque tous les jours alors qu'il y a des arbres et un bâtiment vide en face de chez moi.

  Je n'ai pas fait grand chose cette semaine, lecture, écriture, musique, langues, c'est un peu le néant. Tant pis, j'ai regardé des films à la place (et encore pas tant que ça au final). Mais tant pis, ça fait du bien aussi de se poser, penser, rêver, laisser les pensées vagabonder et redécouvrir le plaisir de ne rien faire. Ecouter le chant des oiseaux. Regarder par la fenêtre. Regarder passer les  nuages. Regarder des films d'animation/dessins animés/comédies. Une bulle de petits bonheurs avant d'affronter l'extérieur et le retour à une vie un peu plus normale et plus productive.