Je travaille à temps complet depuis quelques temps et j'avoue avoir hâte qu'il se termine. Je m'ennuie, mes collègues sont différents de moi (je les trouve immatures et irrespectueux des usagers) donc on n'a pas grand chose à se dire. A la limite, ça, je pourrais m'y faire, vu que le temps dans ce travail est limité. Mais voilà, je manque de temps pour moi, pour me ressourcer.
Je commence assez tôt (enfin, plus tôt que mes emplois habituels où je commence à 9 h 00), je galère le matin avec les bus, pour galérer de nouveau avec les bus le soir. Je pars à 7 h 30 pour rentrer à 18 h 30 en général. Ok, je l'ai déjà fait sur un autre emploi avec de la route. Déjà, il me semble anormal que je mette autant de temps en transport pour faire un trajet de 20 minutes en bus et 45 minutes de voiture. Je mets autant de temps à faire 60 kilomètres en voiture que 8 kilomètres en bus. Je pars à la même heure pour commencer à la même heure. Sauf qu'une fois dans le bus, je suis coincée et que je ne peux pas mettre la musique à fond et danser sur mon siège en chantant à tue-tête (quoique)!
Ce trajet en bus me rend folle: le bruit, les odeurs des gens, la lenteur du bus qui s'arrête aux ronds-points et attend qu'il n'y ai plus personne pour y aller. En heure de pointe, il peut toujours attendre! La promiscuité, les gens pas sympas. Et puis, j'avoue que voir que pour un trajet de 20 minutes en journée, je mets plus d'une heure à cause de la circulation (quand le bus n'est pas en retard et quand il s'arrête!), ça en fait du temps perdu.
Au début, j'ai râlé, j'avoue. Ca me fatigue, je manque cruellement de temps pour me ressourcer depuis que je retravaille. Rentrée à 18 h 30 voire plus, le temps de goûter, me doucher, manger, ranger un peu, il est vite 21 h 00, moment où j'entame ma soirée film/ lecture/ musique/ écriture. Le pire jour est celui des courses car évidemment, tout le monde fait ses courses à la même heure (en même temps, les gens n'ont pas le choix, non plus). J'étouffais littéralement car mon travail me prenait 12 h d'une journée de 24 h, ce qui veut dire 12 h sur 17 h 30. A l'écrire, je comprends mieux pourquoi c'est dur. Je compte deux bonnes heures et demie de ménage dedans (rangement, courses une fois par semaine, un peu de ménage, faire à manger, le courrier). Restent 5 h 00, dont facilement une heure de toilette quotidienne (douche, vêtement, lavage, maquillage). Cela me laisse donc 4 heures par jour pour moi, faire ce qui me fait envie, faire des choses qui me font du bien (écrire, écouter de la musique, dessiner ou autre). Je dois faire des choix surtout que j'ai deux soirées de prises par semaine pour des activités extra-professionnelles. Cela me fait un total de 12 h de loisirs (un peu plus car mes loisirs me laissent bien une heure de libre, mettons 14 h de libres par semaine) hors week-ends.
Je me demande si 14 h de liberté peut contre-balancer efficacement 15 h de bus, je parle bien de 15 h de transport dans des conditions moyennes plus 35 heures de travail par semaine. Clairement non, à poser les choses, je me rends compte que si j'étouffe par manque de temps, c'est bien réel: je manque de temps pour moi.
Il me reste donc à mieux rentabiliser mes trajets en bus: j'écoute de la musique ou j'écris des notes sur mon carnet; parfois je regarde par la fenêtre en imaginant la vie des gens que je vois. Mais, je dois sûrement pouvoir en faire un moment ressource et non, une perte d'énergie dès le matin ou avant de rentrer chez moi. Je lis quand je peux m'asseoir mais cela reste rare, même si ça me fait du bien.
Ce téléfilm passe ce soir à la télévision. J'avais été émue par l'histoire de cette toute jeune fille décédée à la suite de harcèlement. Le rejet encore et toujours, le rejet de ce qui est différent. Je le vis depuis le collège et je ne parviens pas à rattraper le retard, l'adulte que je suis en souffre par une certaine inaptitude relationnelle, il y a des codes que j'ignore, des choses que je ne comprends pas (en quoi la chasse aux pokemon, c'est cool à 30 ou 40 ans passés? En quoi est-il intéressant de raconter sa vie à ses collègues autour d'un café en dosette "peu satisfaisant sur le plan gustatif"? ).
J'avais trouvé un emploi mais j'ai décidé d'arrêter. Sur le papier, il était idéal: autonomie, diversité, temps plein. Mais je me heurte à l'incompréhension de mes collègues qui ont un gros gros souci avec les procédures dont on ne peut pas dévier d'un pouce. Sauf que leurs procédures ne sont pas logiques du tout (pour moi), j'ai tenté de m'y plier mais naturellement/ inconsciemment/ ou je ne sais quoi, je vais plus vite, je fais des raccourcis, je travaille des deux mains ou vite ou j'enchaîne les tâches (par exemple,j' imprime mes documents pendant que je classe mes documents, je gagne du temps et j'embraye directement ensuite). Mais je ne peux pas faire autrement, les temps morts sont inconcevables pour moi. Déjà, je m'ennuie et puis être payée à ne rien faire me pose une question morale. Quand je vois mon collègue qui passe beaucoup de temps sur internet ou son historique de navigation qui montre beaucoup de sites non professionnels (on change parfois d'ordinateur selon la place), je me sens bizarre à toujours travailler sans temps morts. Je n'aime pas trop les pauses, les conversations ne m'intéressent pas, toujours la même rengaine, je préfèrerais prendre mon thé ou mon café tout en travaillant à la limite. J'ai demandé un peu de latitude sur la manière de faire sans pouvoir l'obtenir.
Je ne sais pas trop d'où ça vient mais je crois que cela vient de mon cerveau à la con. Je vais "trop vite" donc je travaille "trop vite" (comment on peut travailler trop vite et bien? Normalement, un patron devrait apprécier, non?) alors que mon travail est bon. Depuis une semaine, je cogite, j'analyse et je compare avec mes emplois précédents. Déjà, la formation a été faite à la va-vite et surtout, je fais les choses un peu différemment. Cela me demande beaucoup d'effort de faire les choses de manière pas logique du tout pour moi. En fait, le souci réel, c'est que mes collègues comparaient sans cesse mon travail et le leur (pour le même produit fini!!!). Je saisis plus vite, je décide quoi faire de mon dossier à vitesse normale (je pense) mais je fais mon classement plus vite et j'enchaîne directement sur le dossier suivant sans faire des recherches sur internet ou passer des appels personnels parce que le chef n'est pas là! Et j'arrive à l'heure le matin... Sauf que souvent, j'ai des collègues qui regardent ce que je fais! Je ne suis pas toujours seule dans mon bureau et elles viennent regarder où j'en suis pour comparer.J'ai été formée à la va-vite et forcément, cela se paie maintenant!
J'ai été harcelée durant deux ans au collège, deux ans seule, deux ans à ne pas évoluer comme les autres. C'est là que tout a commencé, que j'ai eu trop de temps seule pour cogiter, me demander qui j'étais et quelle femme je voulais devenir, commencer à tracer ma route. Route qui s'est peu à peu écartée du "droit chemin". Je paierai toute ma vie pour ces années de harcèlement ou d'ignorance. Solitude, incompréhension, décalage, je paie tous les jours des conséquences de ces années. Les causes sont multiples évidemment mais ce harcèlement a une grosse part de responsabilité dans cet état de fait. J'ai tracé mon chemin seule, je n'ai pas intégré certains codes sociaux ou me suis fondu dans la masse. Je n'ai pas pu, cela aurait été me renier.
Mais en fait, j'ai l'impression qu'être différent est mal vu. Je ne sais pas, on doit craindre une remise en cause de l'ordre établi, je ne sais pas où est le souci en fait. Personnellement, face à cette situation, je dirais "ah ouais, tu fais comme ça, toi?" en haussant les épaules et en comparant avec ma méthode pour piocher les bonnes idées. Il est là mon souci, je crois: je ne comprends pas en quoi être différent pose souci, c'est une richesse, une opportunité d'évoluer, se remettre en cause et s'améliorer. Et puis, si le résultat est identique, au bout du compte, quel est donc le problème?
Face au rejet vient un moment où l'on se trouve à la croisée des chemins: être soi-même et risquer le rejet ou se fondre dans le moule et se renier pour des relations factices car basées sur le mensonge. J'ai tenté les deux et au final, je suis mieux en étant moi-même bon an, mal an. Ce coup de gueule couve depuis des mois mais ce soir, j'explose en pensant à cette petite qui a tant souffert. Il faut du courage pour rester soi-même face à l'adversité, au rejet et à l'incompréhension, c'est un choix courageux, je trouve dans une société relativement formatée. Parfois, j'en viens à me dire que le rejet est aussi une reconnaissance de ce courage, courage de rester soi-même. Mais la solitude est lourde à porter, le rejet à supporter, je me sens souvent ces temps-ci comme une extra-terrestre en visite sur la Terre.
Je suis à l'envers de la Terre, jamais à ma place, trop gamine ou trop vieille selon les moments, trop rapide, rarement trop lente, jamais dans le moule, au juste milieu; motivée face à des gens qui se disent eux-mêmes démotivés.
Je sais que ce texte est confus, je l'écris avec mes tripes, je voudrais juste un peu plus de tolérance, de souplesse, le droit à la différence en tant que richesse et non comme un trouble-fête, un fait dérangeant. Je comprends que cela pose question mais c'est aussi, je crois une question d'éducation face à la différence. J'ai eu un trisomique dans une de mes classes en collège-lycée, j'étais la seule à lui parler malgré des centres d'intérêts différents, on a pu communiquer et y prendre plaisir réciproquement (je crois, du moins). Vouloir juste être soi-même avec ses forces et ses faiblesses, ses qualités et ses défauts, ses goûts et ses dégoûts, ses rêves, en quoi est-ce mal? Mais à force, de rejet en rejet, d'incompréhension en incompréhension, de remise en cause violente en reniement du droit à la différence, l'estime de soi s'effrite, la confiance en soi cède le pas à la remise en cause de ce que l'on est. Mais pour moi, il y a eu une lueur d'espoir au bout du tunnel: j'ai fini par être en accord avec moi-même, par me montrer honnête: je suis ce que je suis, j'ai fait beaucoup d'efforts pour me couler dans le moule, un moule trop étroit pour moi, un cercueil de plomb et tant pis pour les autres, ce qu'ils pensent avec leur pensée étriquée, leur vision rétrécie par des œillères. Tant pis pour le moule!
Ce qui me dégoûte, c'est que les harceleurs ont grandi, oublié aussi. Peut-être qu'ils ne se sentent pas concernés. Mais voilà, moi, j'en souffrirai sans doute toute ma vie tant les conséquences sont importantes, les apprentissages manqués ne se rattraperont jamais, ni les blessures à l'estime de soi, la solitude dont je souffre depuis ces années (comme par hasard), les codes sociaux pas intégrés, les expériences jamais faites et qui ne le seront jamais (oui, vers 18-19 ans, j'aurais aimé partir en camping avec des copines mais je n'avais qu'une seule et unique amie). Le corps enseignant est coupable, ils ont vu, ils savaient et n'ont rien dit, rien fait, pas de sanctions ou de sermons. C'était à moi d'aller voir les autres pour mieux me faire jeter! Je ne suis pas masochiste à ce point... Ils savaient, ils ne pouvaient pas ne pas me voir seule sur mon banc à la récréation, en train de regarder ma montre; la seule chose qu'ils ont fait fut de parfois venir me parler durant les récréations.
Et Marion, comme tant d'autres n'aura pas "toute sa vie" pour tenter de panser leurs blessures. Avoir le courage d'être soi-même coûte cher, très cher, trop cher. Et ce n'est pas juste...
Et puis, pourquoi moi? Pourquoi elle? J'espère que ceux qui regarderont ce film réfléchiront à tout ceci. Et aussi que l'intolérance, c'est partout: à l'école, au travail, dans le bus; mais que ça fait mal à des êtres humains, dans leur cœur, leur chair, leur âme de manière indélébile.
J'avais trouvé le boulot rêvé: petite équipe, autonomie mais en même temps travail en équipe à temps complet.
A peine arrivée, on m'a dit qu'on n'aura pas le temps de me former. Déjà, ça commence bien! Le chef a mis les points sur les i, il faudra bien. Mais seulement au bout de quelques semaines, le temps que la période difficile soit passée..
En plus, selon la personne qui me corrige la méthode n'est pas la même (pour le même résultat final, donc clairement, on s'en fiche!! Mais moi, ça m'embrouille...). Donc je colle à la procédure écrite. Mais non, je ne dois pas faire comme ça et m'adapter à chaque personne! Là, j'avoue que je commence à fulminer parce que je ne vois pas ce que ça peut faire ou comment faire.
Et puis, je vais trop vite sur certaines tâches. Comment aller plus lentement quand j'ai le cerveau qui pense à autre chose par ennui...? J'ai fini par comprendre que je ne vais pas trop vite, je vais plus vite que mes collègues là depuis 10 ou 15 ans, nuance. J'ai compté, je traite presque autant de dossiers qu'eux.
Le truc, c'est que je dois décider au cas par cas pour encoder et saisir des dossiers d'urbanisme selon l'environnement direct. Puis prendre une décision en fonction de plusieurs facteurs. Décision subjective! Donc selon le ou la collègue qui corrige, ce sera bon ou pas. Même si des fois, j'ai tout faux mais j'ai commencé au début de l'été, donc zut! Ils voudraient que je fasse tout bien et sans erreur alors que plusieurs de mes collègues m'ont dit avoir mis des mois voire plus pour y arriver!
L'ambiance devient tendue depuis la rentrée, car clairement, ça embête mes collègues de me former. Ils ont fait un effort durant l'été car j'aurais dû n'être qu'un boulot d'été qui pouvait être prolongé. Ils ne réfléchissent pas au fait que si je pars, ils devront recommencer à zéro avec un autre personne. Donc ils n'arrêtent pas de me dire que "tu sais, on n'a pas le temps pour ça" et combien ils regrettent le collègue qui est parti. Le chef vient de temps en temps leur rappeler que je suis en formation mais il n'est pas là la majorité du temps et soyons honnête, il n'a pas d'autorité sur son équipe qui fait ce qu'elle veut.
Le côté zèbre n'aide pas non plus, j'admets. Je prends mes décisions "trop vite" parce que je vais vite. Mais tu as vu ça? Ben oui, j'ai fait un tour d'horizon rapide donc je tourne ma feuille un peu dans tous les sens (= recrise de mes collègues "mais arrête de tourner ta feuille dans tous les sens!!" auquel j'ai envie de répondre "qu'est-ce que ça peut bien te foutre?") ; donc je louvoie, je me mets un peu en hauteur et je me tords le cou pour avoir ma vue globale et piocher les informations intéressantes. J'ai l'impression qu'ils font les choses par couche: d'abord tel truc, puis tel autre. Alors que je pioche un peu tout en même temps. J'essaie de m'adapter mais c'est dur.
Mes compétences ne passent pas: je parle l'anglais correctement donc on me passe les conversations en anglais (alors que ça emm... mes collègues!! Ils râlent que c'est encore l'amerloque!). Ils devraient être contents au contraire, surtout vu la façon dont ils me "balancent" la conversation, en mode "démerde-toi!". J'ai une vitesse de frappe bien supérieure à la leur, donc je vais plus vite sur mes dossiers, déjà de base à cause de ça. "mais tu saisis trop vite, tu vas faire des erreurs!". J'ai essayé de saisir et penser plus lentement en vrai mais je n'y arrive pas du tout, c'est pire, ça m'embrouille! Faire des pauses entre les dossiers? Ca aurait pu être une solution mais je m'ennuie ferme, ma tête commence à vagabonder bien loin et ça m'oblige à revenir à la réalité après cette pause onirique. Bref, je crois qu'ils craignent que j'aille plus vite qu'eux une fois parfaitement autonome. Mais qui va s'y attarder sérieusement? Je ne pense pas que le chef de service fasse des statistiques.
Je me sens différente, à part, isolée parfois. Incomprise souvent alors que je fais le même boulot que les autres un peu différemment mais si personne n'est penché sur mon ordinateur, il n'y a pas de raison que ça se voit. Hormis si je fais plus de dossiers que mes collègues et le souci est là, en fait: je traite presque autant de dossiers qu'eux alors même que j'ai des tâches annexes à effectuer et que je me tape presque tout le classement et le téléphone. En plus, ils n'arrêtent pas d'inventer des problèmes: il manque un dossier dans telle boite donc c'est ma faute vu que je fais le classement et que mes dossiers sont souvent en attente de validation (normal, je suis en formation). Je dois laisser tomber mon travail pour rassurer ma collègue, "mais non, il est là!". Ca arrive une fois par heure environ, sur une journée, ça fait pas mal de coupures, je dois me remettre à mon dossier, dans mes plans, me remettre en mode vision globale en 3D pour imaginer la situation. Ils ont perdu des dossiers il y a quelques mois, avant mon arrivée. Ils ont fini par les retrouver mais ça les a traumatisés donc ils sont devenus un peu paranoïaques avec ça. Mais tout me mettre sur le dos et me demander toujours à Moi, ce que j'ai fait de tel dossier que je n'ai pas traité et qui traine souvent sur le bureau d'un collègue, ça va deux minutes! Ca aussi, entre autres, c'est source d'erreur.
Je me sens comme un intrus en milieu hostile, je n'ai pas droit à la moindre erreur mais qui apprend sans erreur? En plus, cela embête mes collègues de me former mais s'ils doivent reformer quelqu'un de zéro, ça n'arrangera pas les choses. Parce que je commence à en avoir marre de l'ambiance lourde alors que ce boulot sans être transcendant pourrait me convenir à terme, une fois autonome.
J'en ai parlé il y a longtemps (un an et demie), j'ai des addictions: au sucre et une addiction gestuelle, la trichotillomanie qui ont toutes deux les mêmes sources (une difficulté à gérer les émotions et une carence affective née de l'enfance plus des soucis d'estime de soi/ confiance en soi).
En traitant la trichotillomanie, j'ai traité pas mal de choses qui avaient les mêmes sources/ conséquences dont l'addiction au sucre et ma façon de gérer mes émotions. Ces trois soucis sont liés.
Pour résumer: difficulté à accepter mes émotions = tentative de les gérer/ intellectualiser= échec = addiction alimentaire et gestuelle. J'ai fait un énorme travail de fond ces dernières années pour accepter mes émotions jusqu'à me trouver "comme deux ronds de flan" en me rendant compte que c'est ce qui me rend humaine (ce qui ne veut pas dire que je considère que les animaux n'ont pas d'émotion, mais c'est ce qui me donne des valeurs humaines) et que même si les émotions sont douloureuses, elles sont nécessaires pour justement les laisser s'échapper. J'ai toujours besoin d'intellectualiser mes émotions mais je les accepte comme étant un passage obligé et nécessaire pour m'en libérer, je n'essaie plus de les maîtriser. J'ai tenté un peu la méditation en pleine conscience (qui me convient mieux que la méditation classique qui me fait ricaner parce que cela me semble un tour de force impossible à réaliser, rien de méchant mais pour moi, c'est irréalisable tout simplement. C'est comme si on me dit d'arrêter de penser à plein de choses à la fois ou de faire ce qu'on me demande au travail: penser par étape, l'une après l'autre, j'ai essayé, je n'y arrive pas, je fais de la "soupe" avec mes pensées, je les mélange et je trouve la solution. Je fais pareil au travail parce que je n'arrive pas à faire autrement, même si de l'extérieur, ça fait brouillon et dispersé, source d'erreurs (que je ferais quand même).
"Le terme méditation (du latinmeditatio) désigne une pratique mentale ou spirituelle. Elle consiste souvent en une attention portée sur un certain objet de pensée (méditer un principe philosophique par exemple, dans le but d'en approfondir le sens) ou sur soi (dans le but de pratique méditative afin de réaliser son identité spirituelle). La méditation implique généralement que le pratiquant amène son attention de façon centripète sur un seul point de référence" https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9ditation
Quand je dis que ça me fait ricaner, il n'y a pas de jugement de valeur mais cette pratique m'intéresse, j'en ai tant entendu vanter les mérites que j'ai testé, de nombreuses fois sans succès. Sauf que quand on me parle de vider mon esprit et de me concentrer sur une seule chose (ça, je peux le faire) et en gros de ne penser à rien d'autre, ça me semble surréaliste parce que si j'arrive à mettre une chose au premier plan de mon esprit, le fond demeure toujours en mouvement et je reste attentive à l'environnement (les sons notamment). La méditation en pleine conscience m'a apporté un bon début de solution à ce problème, d'autant plus que le principe est d'accueillir les émotions (du moins, tel que j'ai compris le concept). En gros, on regarde ce qui se passe à l'intérieur et on l'accepte sans "jugement", c'est comme ça à l'instant T.
Au lieu de gérer mes émotions, je les ai acceptées et je choisis le moment où je les exprime. Genre, dans le cas d'un travail qui m'ennuie profondément mais où je choisis de rester pour tout un tas de raison: je vais contourner le souci en vivant de grandes aventures en imagination et me retenir de soupirer pour exprimer mon ennui et mon mal-être. J'accepte que ça m'ennuie et que je me sente mal tout en assumant mon choix de rester; comme je ne peux pas franchement soupirer ou lever les yeux au ciel au travail, je vais attendre le soir et écouter des chansons tristes/ émouvantes sur le chemin du retour ou ruminer quelques minutes mon mécontentement pour me "vider" de ces émotions puis me faire mon thé et passer à autre chose. Je vais aussi prendre mes responsabilités: je m'ennuie mais je dois rester 7 h tous les jours ou presque à m'ennuyer, je prévois de quoi m'occuper (je vis de grandes aventures dans ma tête ou je me penche sur des sujets philosophiques en attendant que ça passe). J'assume mes émotions mais je dois louvoyer pour des raisons de vie en société.
L'autre jour, je suis passée devant un grand magasin de bonbons d'une chaine bien connue et j'ai repensé à une de mes copines du lycée qui y allait souvent. Bref, je suis entrée dans ce temple du sucre, les couleurs, les bonbons différents m'ont moins émerveillée que mon magasin de thé favori qui, lui, ressemble vraiment à un magasin de bonbons! J'ai hésité et finalement, je suis ressortie avec un sachet de bonbons raisonnable (400 g soit deux paquets de bonbons). Certes, j'en ai mangé une bonne part sur le chemin du retour (je rentrais du travail, j'avais besoin de sucre en attendant le repas du soir) mais je n'ai pas fini tout le paquet comme cela aurait pu être le cas avant.
Je pense que ça tient déjà à la qualité des bonbons qui étaient moins sucrés au goût que les bonbons de supermarché (est-ce parce qu'ils contiennent plus de vrai sucre (glucose, saccharose) que d'édulcorants (aspartame et compagnie)?) donc on en ressentait plus les arômes (peut-être plus naturels, j'ai pris des caramels qui avaient le goût de caramel et pas le goût de sucre vaguement parfumé au caramel). En rentrant, j'ai mis le reste dans mon pot à bonbons, vide depuis des mois, j'en prenais deux ou trois au goûter et c'est tout. Alors qu'avant, j'aurais mangé l'équivalent d'un demi paquet de 200 grammes.
L'intention joue aussi: je voulais me faire un plaisir régressif, un des "trucs" qui font partie des rêves d'enfant que j'ai pu avoir comme bien des enfants, j'imagine (un magasin de bonbons où je peux prendre ce que je veux sans restreindre la quantité). J'ai pris plaisir à cette joie puérile de prendre tout ce qui me faisait envie (en petite quantité car beaucoup de choses me faisaient envie) sans restriction (hormis le fait que j'avais prévu de sortir avec l'équivalent d'un paquet de bonbons de supermarché standard et pas un sachet rempli à ras bord et que les bonbons, soyons honnêtes, c'est cher pour ce que c'est!!). Il n'était pas question de céder à une pulsion pour combler un vide ou une émotion négative; au contraire, je voulais me faire plaisir. Je n'ai pas vu le sucre comme un doudou, un moyen de me faire du mal ou un ennemi, je l'ai vu comme un plaisir à consommer avec modération, au même titre que l'alcool. Je n'ai rien contre un verre de bon vin ou une bière, du cidre mais pour moi, c'est un verre dans un cadre particulier (sortie, repas de famille ou repas crêpe pour le cidre) ce qui somme toute reste assez exceptionnel. Je dois acheter 4 fois par an des bouteilles de boisson alcoolisée et je tourne généralement au jus de fruit quand je sors le soir, même si je ne conduis pas par goût ou habitude, je ne sais pas mais en général, un jus de fraise ou d'abricot m'attirera plus qu'une bière si je vais dans un bar.
Hormis les gâteaux du matin et du goûter, et de temps en temps, un produit de confiserie en petite quantité (une barre chocolatée prise à la caisse au lieu d'un paquet par 6 ou 8 de ces mêmes barres chocolatées pris en rayon), c'était mon premier contact avec une grosse quantité de sucre depuis deux bonnes années. Je ne sais pas si le problème de l'addiction au sucre est vraiment réglé mais ce qui est sûr, c'est quand je vais mal, je me fais une grosse théière et au lieu de filer m'acheter un paquet de bonbons (aliment composé de sucre et de gélatine avec des colorants et des arômes pas du tout naturels), je me prends souvent une salade composée (industrielle donc pleine de sel mais de la salade avec du jambon et du fromage reste plus sain qu'un paquet de bonbons!).
En résumé, je m'étais mis dans la tête que j'allais devoir faire comme les alcooliques à qui on dit bien qu'une goutte d'alcool peut les faire replonger dans cette maladie (du moins, c'est ce que j'ai appris en IFSI), l'alcool devenant un aliment interdit et oui, j'avais peur de "replonger" face à un choc émotionnel même si j'ai bien compris, intégré et mis en pratique avec succès que "quand ça va mal, fais toi du bien, ça ira mieux que de te faire du mal" (donc "fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester" (proverbe Indien que je trouve très vrai, un simple massage ou savourer pleinement une tasse de thé (oui, j'aime le thé!!) quand ça va mal est parfois d'une très grande aide si on prend le temps de n'écouter que (ou presque) les sensations corporelles)).
Je ne pense pas que je me débarrasserai vraiment un jour de mon addiction au sucre, comme la trichotillomanie/ phagie, ce "déréglement" alimentaire fera toujours partie de moi, il restera un risque à courir. Mais ça fait une bonne année que je ne me considère plus comme "malade", je me vois comme sevrée mais je n'avais jamais été vraiment mise face au problème (parce que j'achète assez rarement des bonbons somme toute et que les gâteaux que j'achète sont "rationnés" (à cause de budgets serrés, j'ai pris l'habitude de faire mes courses à la semaine donc je prends 14 portions de gâteaux qui me feront la semaine sauf exception. C'est devenu une habitude globalement respectée, je suis grandement aidée par l'ennui que j'ai à faire les courses (pas vraiment à cause des gens mais surtout parce que les rayons sont mal agencés, je sais bien que c'est fait exprès de mettre les produits vraiment importants au fond pour nous donner envie d'acheter des choses que l'on n'avait pas prévu d'acheter, c'est une perte de temps monumentale à l'échelle d'une vie )).
Bref, on peut se sortir d'une addiction au sucre grâce à un travail de fond, de la patience et beaucoup, beaucoup d'indulgence vis à vis de soi-même et de ses échecs car chaque échec nous rapproche de la victoire si on sait en tirer profit.
Nouveau travail, nouveau départ. Je suis en remplacement d'un
collègue en arrêt qui reviendra ou pas, j'ai été formée rapidement et
j'ai été jetée de suite dans le grand bain. Bon, pourquoi pas après
tout. Sauf que je me retrouve face à une tâche nouvelle qui au début m'a
semblé un beau challenge (même si je sentais bien que j'allais vite
faire le tour de la question).
Bref, j'ai été formée
durant une grosse semaine par un collègue sympa qui à défaut d'aimer ce
qu'il faisait en voyait les avantages plus une collègue très gentille
mais ronchonne. Bon, deux collègues devaient revenir de vacances, je
pensais que ça allait équilibrer les choses. Sauf que non! L'une d'elle
est perdue dès qu'on sort un peu des "clous" (un dossier mal classé par
erreur ou si je lui agraphe gentillement ses feuilles), ça y est, c'est
fini, elle est paumée!! En même temps, de longues vacances
n'aident pas. Et l'autre est tout le temps en train de râler pour tout
et rien, on dirait une ado mécontente. A la limite, ça ne me dérange pas si c'est franc mais c'est un peu par derrière "mais qui a perdu l'agrapheuse?" avec un regard insistant vers moi lourd de sens (agrapheuse qui est à sa place sur son bureau mais bon).
En gros, je
suis passée de deux collègues sympas dont une un peu grande gueule mais
sympa à deux geignardes (qui me mettent un peu facilement les fautes sur
le dos et me laisseraient volontiers les tâches ingrates (genre le
classement)) et qui niveau formation ne s'impliquent pas vraiment. Je dois
insister pour que mon travail (complexe!) soit corrigé et qu'on
m'explique mes erreurs (ça a été dur au début mais ça va mieux
maintenant, ma "formatrice" a compris que c'était à elle de le faire!).
Elles me reprochent d'aller trop vite (on n' a pas du tout la même
vitesse de saisie, surtout! En même temps, vu les boulots de saisie que
je me suis tapée, j'ai pris le pli) et si je me laissais faire, me
laisseraient ce qu'elles n'aiment pas à faire. Bref, l'ambiance n'y est
pas, ça ronchonne à tout bout de champ, ça n'a pas envie de travailler
et en plus, elles me reprochent d'aller trop vite. Bref, ce boulot me
plaisait à peu près au début même s'il n'est pas parfait mais
aujourd'hui, je m'ennuie. "Tu vas trop vite!", je saisis trop vite, je
décide trop vite de la suite à donner aux dossiers. Je fais parfois des
erreurs mais je les aurais faites quand même. A leur décharge, elles sont proches de la retraite et sans doute moins à l'aise avec l'informatique que moi. Ma vitesse de frappe est bien supérieure à la leur.
Enfin,
j'ai à peu près le loisir de rêvasser pendant que je travaille même si
une partie du boulot demande de la concentration et de l'analyse, le
reste, c'est un peu en pilote automatique. Je ne suis pas mal dans ce
boulot comme dans bien d'autres, non, mais je m'ennuie un peu quand
même...Mais normalement, c'est juste pour l'été et ensuite, peut-être que j'irai sur le même type de poste mais dans un autre service.
Depuis très longtemps, je me demande si je suis introvertie ou extravertie sans réponse satisfaisante. En fait, ça dépend essentiellement des gens que je fréquente et le changement peut être bien visible (par moi, du moins). J'ai très longtemps cru que je m'adaptais aux gens par peur du rejet et goût de la communication, découvrir les gens: je pensais que je m'adaptais inconsciemment à eux pour entrer en contact. Et que c'était lié au fait que je ne m'assumais pas bien, mais ça ne changeait pas franchement alors même que ça changeait intérieurement. Sauf que ce qui ne me posait pas de souci avant me pose aujourd'hui question.
Je suis quoi? Ma solitude relative (enfin, elle est réelle) m'a bien permis de me rendre compte que ça dépend des gens que j'ai autour de moi et de la situation. J'ai toujours cru que ça correspondait à un manque de personnalité, une transparence née de mon éducation.
Sauf que ça fait bien deux ans que ça ne colle plus! Dans ma tête, la question revient de temps en temps mais je suis quoi introvertie ou extravertie?? Les deux, mon capitaine. Avec plus d'introversion que d'extraversion, je pense.
Bref, une fois de plus mon caractère n'est pas tranché, je suis "au milieu", c'est cool et ça a des avantages (adaptabilité!) mais j'imagine que ça pèse sur mes relations, qu'on a du mal à me cerner (moi-même, je ne sais pas toujours dans quelle case me mettre, je suis au milieu, chose qui ne me pose pas de souci, bien au contraire, c'est "cool" et "marrant"; mais au choix, je préfèrerais rentrer dans une case, c'est quand même plus facile à vivre et à assumer)
cela confirme bien que je suis plus introvertie qu'extravertie. Je suis joie! Non, j'ai halluciné quand j'ai vu que ce profil concerne moins de 1 % des gens. Je n'ai pas trouvé de précision sur les profils MBTI avec qui je m'entendrais potentiellement bien.
Apparemment, INFJ représente 1 % de la population, je me suis trompée de case au début, j'ai confondu avec ISFJ à 13, 8 %. >http://www.duperrin.com/2005/09/02/se-connaitre-et-connaitre-les-autres-le-mbti/
Admettons que je sois "bizarre", en quoi je le suis? En plus, je serais dans les stats les plus basses mais il y a plein de groupes à 1 ou 2 % et le plus élevé n'est qu'à 13, 8 % de la population, ce qui n'est pas énorme. En clair, ce n'est pas déterminant du tout!
https://fr.wikipedia.org/wiki/INFJ
introversion, c'est ma question de base, ça je le sais donc ce n'est pas grave et je ne suis pas la seule dans ce cas.
iNtuition: abstraction, globalisation, contexte, futur rien de grave de ce côté
Feeling sentiment si je comprends bien, s'attache à la personne, merci, je sais, j'en souffre pas mal au quotidien
Jugement planification donc bonne maîtrise de soi (je ne peux pas nier le besoin de planification!)
En clair, cette histoire d'ambiversion, je pense que ça peut dérouter les gens (c'était la question de base!!!) l'avoir identifié me permet de dédramatiser (ce n'est pas grave et au fond de moi, je le savais) et éventuellement d'expliquer. Non, je ne suis pas au milieu parce que "mal définie" (chose que je ne m'expliquais pas bien), je suis ambivertie (donc bien ni l'un ni l'autre comme je le pensais en entamant cette recherche).
En un mot, on peut être au milieu. C'est un type de personnalité et non le symptôme d'une personnalité mal définie. Je n'ai pas perdu ma journée, j'ai appris quelque chose, que l'ambiversion, ça existe!
Gnothi seauton, connais toi toi-même de Socrate. J'ai des parents toxiques, je l'ai déjà dit et aussi beaucoup de casseroles: "amis" qui tentaient surtout de profiter de moi ou espéraient que j'allais les sauver, petits amis toxiques, qui espéraient être sauvés ou juste pas fichus de m'aimer. Bref, j'ai depuis toujours de gros soucis d'estime de moi avec les conséquences qui vont avec: timidité, la peur de faire une erreur (donc je ne faisais rien!), la peur du rejet, la peur de demander. Comment s'aimer quand on n'a jamais été vraiment aimé pour ce que l'on est? Par ses parents, sa famille qui ne s'intéresse guère à moi, les amis perdus au fil des déménagements des uns et des autres.
A l'adolescence, à l'époque où j'aurais dû me confronter à mes pairs, aux autres et au monde, je n'ai pas pu. J'ai eu le malheur de revendiquer ce que j'étais: je me fous royalement des garçons car je trouve plus important de me consacrer à mes études, pourquoi porter des vêtements de marque horriblement cher (sérieux, un tee-shirt est un bout de tissu imprimé, le logo d'une marque ne justifie pas qu'il coûte une centaine d'euros!! et oui, j'aime lire, en quoi ça te dérange? Mais je ne pouvais pas faire autrement, je ne voyais pas le problème. S'en est suivi 13 ans de solitude, collège, lycée et études supérieures avec réorientation. Bien sûr, j'ai souvent eu une ou deux amies avec qui je suis restée plus ou moins en contact mais j'ai souvent déménagé, changé d'école pour le travail de mes deux parents. Avec une longue relation avec un pervers narcissique et des parents toxiques par-dessus.
Au final, j'ai entamé la trentaine sur des bases fragiles: une structure de base assez solide, une relative bonne connaissance de moi, une estime de soi basse et un fin de "triturage de neurones" au sujet de mes parents toxiques, ma dépendance affective, j'ai tout réappris depuis. Le tout sur fond de chômage et de solitude. J'ai dû faire le deuil de mes rêves: mes parents ne m'aimeront jamais "bien", je resterai marquée toute ma vie au fer rouge par cette longue période de solitude et par mon pervers narcissique d'ex, mes parents toxiques. Ita est!
Je crois qu'en fait, j'ai dix ans de retard sur les autres et il est normal que tout soit décalé. C'est comme si j'avais inversé la vingtaine et la trentaine. Je crois que ce n'est pas un mal, j'ai l'expérience et la "sagesse" de la trentaine, le gain énorme de toute cette introspection passée; et l'envie, l'enthousiasme, l'énergie de la vingtaine. Mais je suis en décalage avec les gens, tant sur le plan amical qu'amoureux. C'est ça qui me pose souci aujourd'hui, je ne veux pas attendre 10 ans pour me refaire un cercle amical ou trouver l'homme de ma vie. Mais je suis sûre que des gens sauront l'apprécier à sa juste valeur, reste à les trouver. Bref, je crois que j'arrive à la bonne tranche d'âge pour trouver les bonnes personnes. Mes amis sont là et ils ont l'ouverture d'esprit, le recul, l'expérience qui leur donne la maturité qui fait que ça a fonctionné entre nous. Les gens commencent à y arriver tout doucement avec l'entrée dans la vie active, les galères et l'âge.
J'ai eu une déception sur le plan sentimental, un homme qui m'a énormément plu n'a pas donné suite, il a fait trainer les choses au lieu de me dire les choses franchement. Ce n'est pas grave mais est revenue la litanie habituelle "pourquoi les gens ne sont-ils pas fichus de m'aimer? Je ne suis pas bête, pas méchante, j'ai plein de qualités". J'ai mis quelques jours à digérer ma déception, au fond, c'est mieux ainsi. Certes mais j'ai tant souffert que je me protège, c'est normal, c'est humain. Quand les gens ne cessent de te blesser ou de profiter de toi, tu ne te dévoiles pas d'emblée par peur de souffrir. Mais si je ne veux pas finir seule, je n'ai plus le choix. L'horloge biologique tourne, j'ai dix ans pour avoir un ou deux enfants, donc trouver l'homme de ma vie. Je ne m'affole pas, je vais peut-être même le trouver demain! Avec les amis à voir le we dont je rêve, on va discuter à l'arrêt de bus, se croiser lors d'une de mes (rares) sorties et ce sera aussi simple que ça.
Mais c'est dur d'être soi-même, les gens sont tellement formatés, les parents puis l'école puis l'entreprise nous enserrent dans un étau avec tout un tas de règles (absurdes) à respecter. C'est quand même inhumain de demander à un gamin de 6 ans (en C.P.) de rester assis 3 ou 4 h d'affilée sans bouger, sans parler, sans respirer à faire des exercices à la con dont on ne lui explique même pas le but, lui donner un repas dégueulasse (la cantine!!!) avant de recommencer! On lui fait bien intégrer qu'il y a des règles-de-vie-en-société-qu'il-faut-respecter.
Alors, au final, j'ai décidé d'être en accord avec moi-même, ras le bol des règles que je ne comprends pas! Des obligations, de la politesse. Ca a commencé, en allant à un entretien. Il y a toujours des gens qui distribuent des journaux gratuits, je ne les prends plus, vu les déchets que ça fait pour le peu de contenu intéressant (de la pub, et encore de la pub, bref!), il y a une conne qui se met tout le temps juste devant les portes arrière du bus, genre à un mètre, histoire de bien gêner tout le monde en distribuant ses journaux. Il ne faut pas être malin pour faire ça!! Elle peut juste se décaler d'un mètre sur le côté au lieu de mettre pile devant. Bref, j'ai un peu râlé "vous ne pouvez pas vous mettre ailleurs que dans le passage??" (parce que j'en ai marre), elle a râlé, je lui ai répondu qu'elle n'avait qu'à pas se mettre devant les portes en gênant tout le monde sans me retourner! Les gens râlent, la contournent comme ils peuvent, parfois prennent un journal, stop, à un moment, il faut arrêter d'être gentil et poli, agir selon son cœur sans règle ou autre. Non, je n'ai pas été méchante!! A sa place, je me serais mise un peu sur le côté pour ne pas faire chier gêner les gens qui vont au travail, à un entretien (comme moi), sont pressés, ont la tête ailleurs ou sont stressés, préoccupés et ont autre chose à faire que de se taper un bouchon à la sortie du bus pour des journaux gratuits pris par à peine 10 % des gens qui finissent à la poubelle dans les 10 minutes. Je suis méchante? Peut-être mais j'ai été en accord avec moi-même! Et ça fait du bien, vraiment du bien...En vrai, je ne suis pas méchante, je pense souvent aux autres, j'essaie de comprendre et donc, ça m'énerve parfois qu'on se montre égoïste.