lundi 23 mars 2015

Départementales 2015, assesseurs, observateurs, FN

  Dans mon bureau, j'avais une observatrice FN mandatée par son parti. C'est ma deuxième élection comme assesseur donc ma troisième journée comme assesseur. Or, c'est la première fois que j'entends parler d'observateurs, je connais des gens qui tiennent les bureaux de vote et je n'en ai jamais entendu parler! 

  Une jeune femme d'allure sympathique, BCBG mais qui avait vraiment l'air cool quand on la voyait. J'ai trouvé ça bizarre car limite, j'aurais plutôt vu des observateurs venant de tous petits partis, histoire d'être représentés dans les bureaux de vote. On n'était pas tant que ça, d'après mes "collègues", il y avait assez peu de bénévoles (on m'avait appelée suite aux présidentielles où j'étais assesseur donc je pensais qu'ils avaient déjà un vivier conséquent. Des retraités ou des chômeurs qui s'ennuient et en profitent pour participer à la vie politique, ça doit être trouvable en grande quantité, je pense). Du coup, les petits partis locaux étant statistiquement moins représentés que les gros partis, j'aurais plus vu des observateurs de ces petits partis pour assurer une présence et une participation à la vie politique locale.

  Bref, elle avait l'air vraiment cool et sympa d'apparence, le genre de personne avec qui on peut discuter, qui a l'air ouvert. Sauf que dès qu'elle a ouvert la bouche, j'ai compris que non. Dommage, j'avoue ça m'intrigue les motivations des gens qui pensent différemment de moi, je trouve ça enrichissant, j'essaie de ne pas juger (tant qu'on ne touche pas à la liberté individuelle des gens et qu'on ne décide pas pour eux. Si on me parle de mutilations sur des mineurs, je suis nettement moins ouverte d'esprit!).

  A peine entrée, elle dit à peine bonjour et demande si c'est bien le bureau "trucmuche" et elle dit qu'elle est là comme observateur qu'on doit être au courant d'un ton très sec. J'ai trouvé ça étrange et je me suis dit que ça devait être la première fois et qu'elle devait être vraiment hyper stressée vu le ton qu'elle avait. Le chef de bureau vérifie: elle n'est pas sur la liste, il n'est au courant de rien mais elle peut rester sans le moindre souci. Elle a sorti entretemps son courrier, tout est en règle donc ce n'est pas un souci. 

  Comme c'est son premier scrutin, elle pose des questions pour savoir qui on est, comment on est arrivés là, comment ça se passe et cætera. Alors qu'on installe le bureau de vote, elle commence à vérifier l'ordre des bulletins à l'entrée (il y a un ordre officiel, le chef de bureau a l'habitude, il n'y a pas de raison qu'il y ai une erreur, même si on est bien d'accord, l'erreur est humaine).

  En résumé, tout le temps où elle a été là, elle a passé son temps à poser des questions (pourquoi on fait ça comme ça? C'est toujours comme ça? Tu as bien fait comme il fallait?) et vérifier derrière notre épaule un café à la main. C'est un peu lourd quand même...
S'informer, pas de soucis, poser des questions pour comprendre, je fais ça très souvent donc je comprends tout à fait. Mais il y a un ton pour le faire même quand on est nul en communication. Je me fais peut-être des idées mais je l'ai trouvée hyper suspicieuse.  Au début, elle faisait comme nous: accueil à l'entrée, orientation; je ne me souviens pas qu'elle ai fait émarger.

  Je me suis demandée s'il y avait eu des consignes du Front national à ses assesseurs et observateurs pour vérifier s'il n' y avait pas de "fraude" ou autre... Je le note ici pour en garder une trace dès fois que ce genre de comportement ait été observé ailleurs.

Départementales 2015: acte I


   J'étais assesseur hier donc je n'ai connu les résultats qu'assez tard, déjà bien fatiguée de ma longue journée. Chez nous, ça a été PS, UMP et FN en tête avec presque 50 % d'abstention. 

  "UMP-UDI-MoDem arrive en tête au premier tour des élections départementales avec près de 29,4% des voix. Le Front national se classe en seconde position avec 25,2%, devant le Parti socialiste, troisième, avec 21,8%. [...] L'abstention a elle atteint 49,83%"
http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/elections-departementales-2015/20150310.OBS4256/elections-departementales-2015-tous-les-resultats.html

  Les élections présidentielles sont dans deux ans, allons nous assister à un nouveau 21 avril 2012 en 2017? D'autant plus que l'UMP est associé à l'UDI et au Modem qui feront sans doute cavalier seul dans deux ans, ce qui "éclate" le score de la droite. 

  Le PS à 21 % veut-il dire 80 % de Français mécontents? Je ne sais pas, mais je dis toujours que tant que le chômage ne baissera pas et que le pouvoir d'achat n'augmentera pas, le gouvernement restera mal-aimé. 
J'attends de voir ce que vont devenir les territoires avec le FN aux commandes... 
Avec 50 % d'abstention, on peut s'attendre à des surprises au second tour de toutes manières. Affaire à suivre donc!

samedi 21 mars 2015

Art versus intégrisme

Neptune 
 J'ai été atterrée en voyant les informations l'autre jour après l'avoir vu en passant de page en page sur la page d'accueil de ma boite mail. Je ne regarde quasiment pas le journal télévisé, donc parfois les choses qui ne sont pas mises en une m'échappent, mais la désinformation volontaire est un choix que je ne regrette pas.

  J'ai eu les larmes aux yeux en voyant les œuvres d'art du musée du Bardo en TUNISIE détruites  par des "croyants" qui refusent la différence et le droit de penser différemment. Moi, ça m'évoque LÉNINE, STALINE, HITLER, MUSSOLINI et tant d'autres dictateurs qui ont supprimé ce et ceux qui ne servaient pas leur vision du monde. Je ne comprends pas cette intolérance. Je suis Catholique non pratiquante, je suis la première à critiquer sa Sainteté le Pape quand il reste sur des idées arriérées (malgré des progrès, on est loin du compte! Quid du mariage des prêtres, de l'ordination des femmes, l'avortement...) mais j'admets qu'on n'est pas du tout de la même génération, que Rome ne s'est pas faite en un jour et que changer les mentalités, ça prend du temps. Je ne brûle pas de Bibles, je n'ai rien contre François Ier ou François (quoique celui que j'appelle François, c'est François HOLLANDE), il a l'air même plutôt sympathique pour tout dire. 
Et les Bouddhas de Bâmiyân en 2001?

  On détruit le passé, pour éviter qu'on puisse s'y référer, se dire "c'était mieux avant", se dire que ce que des peuples ont pu faire est possible aujourd'hui, pour que la parole des philosophes s'éteigne. D'abord, c'est stupide dans la mondialisation actuelle, car il reste toujours une trace de ces civilisations passées dans les livres, de part les études qui y ont été consacrées ou sur internet. Ensuite, ça n'empêchera pas une partie des gens de réfléchir parmi les gens aisés ou instruits qui enseigneront à leurs enfants ces valeurs et ce passé.

  En fait, je ne comprends pas bien la communauté internationale et l'O.N.U.. Ces gens, ça fait longtemps qu'ils doivent les voir arriver, pourquoi ne pas les avoir arrêtés? Oui, il y aura des morts mais de toutes façons, soit ça finira par une guerre, soit leur dictature fera des victimes. Alors, pourquoi ne pas agir dès les premiers signes? On a bien vu ce que ça donne avec les Talibans... Je sais que ce n'est pas si simple. 
Mais ces gens sont venus jusqu'en Europe et ont tué à Charlie Hebdo  parce que ce journal avait une opinion divergente de la leur (et maniait la caricature). Au XVIIe siècle aussi, Voltaire maniait la caricature, ça me fait penser à Calas, Labarre  http://fr.wikipedia.org/wiki/Voltaire#Lutte_contre_l.27injustice_:_Calas.2C_Sirven_et_La_Barre_.281761-1765.29
Mais, c'était il y a 300 ans, on peut supposer que les mentalités auraient évolué. 

  Je ne comprends pas l'espèce humaine. Si ton voisin réussit mieux que toi, pourquoi ne pas aller lui demander comment il a réussi plutôt que de le critiquer pour tenter de te prouver que non, tu ne vaux pas moins que lui? Si ton voisin ne pense pas comme toi, au lieu de discuter avec lui pour tenter de comprendre son point de vue et s'enrichir mutuellement, pourquoi le dénigrer ou tenter de le convaincre? Je sais que la majorité des gens se sent rassuré avec des gens semblables. Mais voilà, moi, ça ne m'intéresse pas de trouver des gens qui pensent comme moi, quel intérêt si c'est juste pour me rassurer en sachant que des gens pensent pareil et que ma pensée est bonne? Alors qu'une pensée divergente permet de se remettre en cause et d'évoluer, se questionner, revoir ou conforter son opinion... Mais ça, bien peu de gens le voient malheureusement... Et quand des intégristes du conformisme, fanatiques religieux se mettent en tête de mettre tout le monde au pas, on voit le résultat!

mardi 17 mars 2015

Harcèlement scolaire

  Je croyais en avoir déjà parlé ailleurs mais je me trompais. J'ai été victime de harcèlement scolaire durant deux ans au collège.
Déménagement dans une petite ville où tout le monde se connait depuis la maternelle. Au début, les gens viennent me parler, je suis "la nouvelle" sauf que voilà, quand on me demande d'où je viens, on me dit que je mens (oui, mon père avait eu un contrat à l'étranger, ce n'est pas ma faute!). Ils voient bien que c'est vrai quand les profs me demande si c'est bien Xxx. Naïve, je dis la vérité: c'est bien mais c'est comme partout, on va à l'école, on fait ses devoirs, les we sont bien remplis même si on visite des endroits différents. Je ne sais pas si je suis passée pour la fille blasée mais je crois que c'est quand ces imbéciles se sont rendus compte que je ne mentais pas que ça a commencé.

  Je m'étais fait une copine, la fille la plus gentille de ma classe, calme, timide qui avait deux copines dans d'autres classes. Sauf que voilà, elles parlaient de choses que je connaissais pas! 
Les groupes de musique? Inconnus, on n'avait pas les mêmes à l'étranger. Les émissions de télé qu'elles regardaient? J'avais regardé un peu mais non, ça ne me disait rien de regarder des sitcoms pour ados, le Hit machine (je n'ai rien contre le Hit machine, mais je le regarde quand je tombe dessus, pas tous les matins), les films à la mode (je n'étais jamais allée au cinéma entre copines à l'époque). Le maquillage? On ne se maquillait pas dans mon ancien collège, ma mère ne se maquille pas donc ça ne m'était venu à l'esprit que pour "quand je serai grande" (depuis, j'ai appris à me maquiller, j'en reparlerais peut-être, sur internet et dans les magasines féminins. Mais je l'ai fait pour moi, comme quand une femme se met à mettre des bijoux, pour m'embellir et pas pour me cacher ou faire comme les autres. Je ne me maquille pas tous les jours d'ailleurs.). Les vêtements? Déjà, je ne passais pas mon temps à acheter des vêtements et puis, les marques (je veux dire, le fait d'arborer des marques, même si c'est moche, juste parce qu'il y a le logotype de la marque dessus. Et plus le logo est gros, plus le vêtement est beau, bien évidemment), ça ne m'intéresse pas. J'ai un style classique mais j'ai toujours eu le sens du "beau": ça me met en valeur, ça ne me va pas mais je n'ai rien à faire de la mode, ce qui compte c'est que le vêtement soit joli, me plaise et mette ma silhouette en valeur. J'ai des marques fétiches de prêt à porter qui sont abordables, de qualité (relative comme tout ce que l'on achète de nos jours) et qui correspondent à mon style. Sauf que je ne suis jamais rentrée dans des moules, c'est "ça, j'aime" et "ça, je n'aime pas", marque ou pas, mode ou pas. Les garçons ne m'intéressaient pas à l'époque.

  J'écoutais, j'apprenais, je parlais de moi, ma différence et un jour, elles m'ont dit "Casse-toi!" sans prévenir, un matin en arrivant. C'est là que tout a commencé.
  Je me suis naturellement tournée vers les autres filles de ma classe qui m'ont rejetée également. Pourquoi? Tu n'es pas d'ici. Non, on ne se connait pas depuis le primaire (voire la maternelle) et alors? Je ne suis pas intéressante pour autant?

  Les récréations étaient longues, très longues. Dix minutes, ça en fait des secondes qui s'écoulent lentement... Au début, je prenais un livre pour me donner une contenance et m'occuper. Et après, à quoi bon? J'ai voulu faire ma fière et j'attendais stoïquement, l'heure de rentrer en classe en rêvant, en m'interrogeant sur le monde, sur les gens, la société. 

  C'est de là que vient la cassure. 

  Comme je n'avais personne pour m'initier à la mode, la musique, le cinéma des adolescents, je n'ai pas rattrapé mes lacunes forcément! Les garçons ne me regardaient pas, jusqu'au jour où ils m'ont proposé de jouer au foot avec eux, vu que je leur renvoyais souvent la balle dans les buts quand elle tombait à mes pieds. Mais hélas, c'était deux mois avant la fin de ce calvaire. Ils se sont intéressés à moi un an avant la fin du collège suite à une fête pour nos correspondants où je m'étais maquillée et bien habillée, mais c'était trop tard et ça n'a pas duré longtemps.
  J'étais le bouche-trou à la cantine, j'attendais la fin du service pour compléter les tables, on ne me parlait pas, on faisait mine de me "piquer" mon pain ou mon dessert. Bref, je mangeais à côté de mes camarades de classe en écoutant les conversations et en y participant mentalement, parfois je m'y mêlais mais ils faisaient comme si je n'avais rien dit. 
  On me bousculait dans les couloirs; une fois, on a caché mon sac soi-disant pour me faire une blague. Pour les travaux en groupe, il va de soi que je me trouvais souvent seule ou la dernière à boucher les trous comme en sport.
Une autre fois, en chimie, les gars derrière moi lançaient des gouttes sur mon tee-shirt (un de mes préférés évidemment), je croyais que c'était de l'eau et leur ai dit d'arrêter. Ils ont continué, j'ai crié plus fort d'arrêter, le prof n'a pas réagit et ils ont cessé. Je n'ai compris que plus tard pourquoi: mon tee-shirt blanc (évidemment) était constellé de tâches brunes qui ne sont jamais parties. Ma mère a teint mon tee-shirt en noir et j'ai pu le porter encore longtemps mais bon. Je ne sais plus quelle excuse j'avais inventée ni combien de temps après, je l'ai vu.

  Alors je bossais pour moi, mon avenir, pour ne pas redoubler et quitter enfin ce collège de malheur! Je voulais être dans les premières de la classe mais certaines matières plombaient ma moyenne. Ma mère s'est mis en tête de me faire redoubler à cause de ça et n'a pas lâché pendant 5 ans. Cinq ans pendant lesquelles ma mère demandait toujours mon redoublement à mon prof principal qui ne comprenait pas: j'avais des faiblesses mais je travaillais et m'en tirais honorablement au final sauf dans quelques matières. Pour la petite histoire, j'ai fini par demander ce redoublement moi-même au bout de 5 ans pour avoir la paix et parce que mes notes étaient faibles dans les matières qui correspondaient à l'orientation que je souhaitais. Je voulais arriver au bac avec des notes en béton pour pouvoir avoir l'orientation que je voulais. Mais si elle avait eu confiance en moi, je suis sûre qu'il en aurait été autrement.

  Heureusement que j'étais forte et que malgré ma faible estime de moi, je m'aimais. Je me trouvais jolie, intelligente et pas si nulle que ça. Je voyais bien que c'était eux "les cons". Je travaillais pour réussir, je n'ai jamais lâché mes études. Par bravade, je passais mes récrés sur un banc, seule (forcément!) sans livre ou autre pour leur mettre leur méchanceté sous le nez (je chantais ou récitais mes leçons dans ma tête, je rêvassais, je m'interrogeais sur le monde ce qui n'a fait qu'accroître le décalage car c'est à ce moment là que j'ai commencé à avoir une vision différente du monde qui m'entoure). 
Cette période a fait le lit de ma solitude actuelle et de mon anticonformisme qui me coûte si cher (même si plus le temps passe, plus je me dis que si la solitude est le prix de la liberté, ça en vaut la peine! Je me fiche de ce que pensent les gens de moi, je vis pour et par moi sans les chaînes du qu'en dira-t'on.).

  Je paie encore et toujours le prix de cette période. Ma vie aurait été différente si j'avais eu des amies. Certes, je me serais ennuyée de leurs conversations superficielles (oui, calculer la différence d'âge avec Brad Pitt et s'émerveiller de voir qu'on pourrait se marier avec. J'étais sidérée ce jour là et j'ai eu vaguement pitié de tant de puérilité), je ne me serais pas habillée à la mode mais j'aurais su comment me tenir au courant (les magasines féminins et leurs pubs avec des produits hors de prix, je suppose), je n'aurais pas été en retard musicalement (je ne connais AUCUN groupe à la mode, je ne sais pas où chercher à le savoir et ça ne me manque pas). Cette solitude m'a rendue critique envers la société et les gens, je m'assume telle que je suis et je ne change pas d'avis pour plaire à mon interlocuteur (ça m'arrive souvent de voir les gens aimer soudain un truc qu'ils haïssaient deux minutes avant que je dise que moi je l'aime. Je ne comprends pas ce genre de comportement. Dire qu'on veut découvrir pour éventuellement réviser son opinion, je dis oui mais sinon, no comment.).

  Ca m'a effleuré d'en finir par moments. Oui, j'y ai pensé; pas sérieusement, j'aime trop la vie et je savais que c'était temporaire, que je devais tenir jusqu'au soir, au week-end, aux vacances, à la fin de l'année, à la fin du collège. Alors quand j'entends aux infos (que je regarde très peu, j'en ai parlé dans mon article sur la désinformation volontaire) qu'un petit ou le plus souvent une petite en a fini avec la vie suite à du harcèlement scolaire, je repense à moi, ça aurait pu être moi. Heureusement, on n'avait pas internet à l'époque... Mais quand on dit que les enfants ne se rendent pas compte de la portée de leurs actes, je ne suis pas d'accord. Au collège, on est grand (ou j'étais trop mûre pour mon âge, je ne sais pas), on a conscience de la conséquence de ses actes, on voit bien que l'autre se donne une contenance, qu'il refoule ses larmes, qu'il doit s'ennuyer tout seul sur son banc ou son mur, qu'il est content dès qu'on lui dit un mot, qu'il s'immisce dans les conversations de force parce qu'il souffre de ce silence. Alors, je suis désolée mais vous êtes responsables de beaucoup de mes failles actuelles car vous n'avez fait que "valider" et renforcer les croyances de mes parents toxiques. Si je vous recroise, ne venez même pas me parler.

  Quand je vois que parmi une centaine d'enfants de mon niveau (5 classes de 30, je crois), pas un n'a eu pitié de moi et que d'autres enfants étaient isolés dans d'autres niveaux (on se croisait parfois à la récré), je comprends mieux les gens d'aujourd'hui qui savent si bien passer de bons moments avec moi et me jettent quand ils se lassent, partent sans dire au revoir, n’assument pas leur décision et me font mal juste par manque d'honnêteté. Ces enfants sont devenus les adultes dans la continuité de leur adolescence, sans se remettre en cause et mûrir à un seul moment.
Mais moi, je ne suis pas comme ça, l'argent ou le paraitre ne guident pas ma pensée et mes actes. Je reste la collégienne sur son muret qui rêvasse et médite sur le monde qui l'entoure, je peux me regarder droit dans les yeux tous les matins dans mon miroir. Et vous savez quoi? La fille sans marques se trouve jolie, belle avec son maquillage appris dans les magasines et ses vêtements qui lui vont et la mettent en valeur sans se soucier de la mode qui change tous les six mois, intelligente et elle vit de plus en plus pour elle sans se soucier du regard des autres. Et en pensant à vous en écrivant cet article, elle se dit que vous ne valiez pas grand chose à l'époque et elle doute que vous ayez changé...

vendredi 13 mars 2015

Moi, Azenor B. , fille de parents toxiques 16: Le développement personnel m'a sauvée


  Depuis des années, je cherche souvent des solutions à mes interrogations dans les livres de développement personnel en rapport avec ma problématique du moment.
Oui, j'ai vu des psys, ça m'a aidée en période "de crise", de saturation, c'est vrai. Après, honnêtement, hormis ces périodes où ça pète, mon meilleur psy a toujours été... un cahier. J'ai un gros cahier de brouillon premier prix à feuilles détachables où je note mes réflexions, mes rêves, une sorte de journal intime à propos de mes questionnements, mes rêves, mes aspirations futures, mes peines. J'en arrache les pages au fur et à mesure que je dépasse ces questionnements.

  Bref, quand on n'a personne vers qui se tourner, quand le psy est trop cher ou que c'est trop dur d'y aller, les livres de développement personnel tant à la mode sont une vraie aide. Oui, mais ça ne fait pas tout le travail. J'ai souvent un cahier à côté de moi quand je lis ce genre de livres, un surligneur (je déteste abîmer un livre mais là, c'est nécessaire) et mon petit carnet dès fois qu'un concept me parle particulièrement. Je prends le temps de lire ce genre de livres, de réfléchir (je ne prends pas tout pour parole d'évangile, je réfléchis, tout ne me parle pas forcément, loin de là!).
Ces livres coûtent en moyenne 8-9 €, allant de 4 à 30 €. Comparé à une séance chez le psy (pas toujours remboursée) à 40 € le choix est vite fait. Toutefois, ces livres peuvent faire plus de mal que de bien si on est vraiment bas: il faut avoir déjà avancé dans sa réflexion et ne pas être trop fragile, être autonome, prêt à se remettre en question et assez sûr de soi pour faire le tri.

  Ces livres donnent des pistes de réflexion, un cadre pour avancer et des éléments de réponse. Le reste, c'est à nous de le trouver, il ne faut pas s'arrêter à la lecture de ce genre de livres et agir par la suite, questionner sa façon de penser et de voir la vie. 
  Je ne lis pas forcément les livres célèbres (mais en majorité, c'est ce que je lis car ils sont plus souvent disponibles en librairie), je cherche sur les sites de vente de livre en ligne par mot clé, je lis les résumés, je fais des recherches si un livre m'intéresse; en librairie, je feuillette le livre avant de l'acheter. J'ai eu des déceptions mais globalement, assez peu (même avec des achats en ligne).
   Quand on n'a personne à qui se confier et qu'on veut changer, ces livres sont utiles, si le psy est trop cher, si on n'a pas forcément besoin d'un psy mais plus d'éléments pour nourrir sa réflexion et avoir des éléments de réponse.

  Après, il y a tout le développement personnel sur internet. Mon principe premier: si c'est payant, je passe mon chemin. Je lis deux trois blogs mais j'évite de m'éparpiller, je fonctionne vraiment au coup de cœur: la personnalité et le mode de pensée sont primordiaux. 
Je ne suis à peu près qu'un seul blog de développement personnel (j'y passe très très peu) et un site de coaching (les services sont payants mais beaucoup de contenu est gratuit et accessible sur le site). Le reste des documents, je les trouve si je fais des recherches sur un sujet précis ou si je pense à passer sur les quelques sites/ blogs dans ma liste de développement personnel. 

  En résumé, le "business du développement personnel", c'est bien car ça rend ces documents plus faciles à trouver mais il faut garder l'esprit ouvert, l'esprit critique (il y a des charlatans, quelque chose qui convient à quelqu'un ne conviendra pas forcément à son voisin), essayer avant d'acheter (feuilleter le livre qui nous intéresse), multiplier les sources d'information (plus on a d'éléments, plus on arrivera à trouver la recette qui nous convient), ne pas aller trop vite (je lis parfois un livre en 4-5 fois, par morceau pour bien m'imprégner de son contenu), suivre son rythme et ne pas acheter sans être sûr de bien dépenser son argent (je note souvent la référence d'un livre, je le feuillette, je fais des recherches sur internet et ensuite, je l'achète en ligne ou en magasin).

mardi 10 mars 2015

Moi, Azenor B. , fille de parents toxiques 15: Vivre sa vie


Cet article traîne dans un coin de ma tête depuis quelques temps déjà, mais la mort de Florence ARTHAUD, Camille MUFFAT et Alexis VASTINE me donne la force d'écrire. Paix à leur âme.

  Mes parents toxiques ont tout fait pour m'empêcher de vivre (Mais d'où te viens cette idée? A ta place, je ne le ferai pas! Tu pourrais échouer (sous toutes ses formes: avoir un accident de voiture, que ton covoitureur soit un psychopathe, avoir une panne car ta voiture est vieille; te perdre, faire une mauvaise rencontre.)). Mon ex-mari également (si je prenais une initiative du genre faire un gâteau, "je ne sais même pas d'où te vient cette idée!" répété comme une litanie).
Alors, je n'ai rien fait, je ne suis pas sortie des sentiers battus, malgré l'envie que j'en ai. J'ai attendu d'être libre loin de cet entourage.
Mais une fois libre physiquement et vivant seule chez moi, enfin, je n'ai pas réussi. Il y a des facteurs physiques: le manque d'argent notamment qui bloque de nombreux projets (bien que ça n'empêche en rien de les noter dans un coin et de poser les premières pierres ne serait-ce qu'en se renseignant sur ces projets et sur les ressources nécessaires) et psychologiques (dur quand on n'a jamais pu prendre la moindre initiative qui va à l'encontre de ce que les autres veulent d'avoir tout d'un coup le choix). Je me rappelle de mes premières courses: je voulais tout acheter, tout ce que je n'ai jamais pu manger,  les choses que j'ai toujours dit que j’achèterais quand je serai grande; sauf que ça faisait trop de choix et comme on ne m'a pas appris à choisir seule, j'ai pris ce que je prenais habituellement et j'ai acheté peu à peu les choses qui me faisaient de l’œil depuis des années. Je pense à la tielle de Sète: ça a l'air bon, moelleux, la couleur est jolie, ça a l'air lisse, mais ma mère n'a jamais voulu en acheter en prenant un air dégoûté. Je crois que c'est un des premiers tests que j'ai fait, je n'aime pas la garniture, la pâte n'a rien d'extraordinaire, mais j'ai goûté. 

  Florence ARTHAUD je la voyais souvent à Thalassa le vendredi soir, j'aimais son sourire, ses yeux pétillants et la gentillesse qui semblait émaner d'elle. Et aussi, ce qu'elle faisait: affronter la mer! Les navigateurs me fascinent en bonne Bretonne que je suis. Pour la petite fille qui ne jouit d'aucune liberté hors du champ laissé par mes parents, elle incarnait ce que je voulais devenir plus tard.

  Depuis quelques jours, je vais mal, je pleure souvent, je sens que des choses "craquent". Il est temps pour moi de vivre, enfin. Sauf que je ne sais pas par où commencer. Commencer petit par un bout, découper les choses, mais par quel projet, quel morceau? Alors, ça me remue car je revois aussi qui je suis, je réévalue mes valeurs et mes priorités, je suis de nouveau en crise de conscience et je ne sais pas ce qui en sortira, du mieux, j'en suis sûre.
J'ai une addiction au sucre, j'en ai déjà parlé et depuis quelques temps, chose nouvelle, le sucre ne m'attire plus, les plats préparés ne m'intéressent pas, je me dirige vers des fruits et des légumes frais, j'ai du plaisir à cuisiner pour moi. En quelque sorte, je fais du bien à mon corps. J'ai une nouvelle fois coupé mes cheveux pour retirer une partie de mon passé de manière symbolique, j'ai refait du tri dans mes quelques relations. 
Mais je crois qu'il ne faut pas trop se poser de questions et faire, agir, vivre. J'ai l'immense défaut de trop intellectualiser les choses (on m'a aussi appris à me méfier de tout et de tous, à douter à outrance de moi, les vieux réflexes surgissent tant qu'on n'en a pas mis de nouveaux en place. Et on ne refait pas 25 ans de sa vie comme ça.). Ca va mieux, mais pour aller où? Alors, je me prends quelques jours pour noter mes petits et grands rêves sur un cahier, j'avais déjà noté qui je voulais devenir, j'y ai plutôt bien réussi, il me faut faire un immense pas de plus vers la délivrance mais c'est douloureux car ça veut dire faire un pas non pas vers la liberté, car je l'ai trouvée il y a quelques mois mais vers l'oubli que j'ai très longtemps refusé car oublier, c'est risquer de "faire pareil", chose que je refuse! Mais si je veux vivre, je n'ai pas le choix...

  Alors oui, ces morts me touchent particulièrement, car ces disparus ont vécu leur vie et leur rêve.

mercredi 4 mars 2015

Ma vie chez Pôle Emploi 6 ou Journée d'une chômeuse

7 h, je me lève. Les jours fastes, je me lève parfois à 7h 30, mais c'est le maximum.
Le temps de me faire un rapide petit déjeuner, l'ordinateur est déjà allumé: traitement des mails personnels, lecture de quelques articles ou blogs, un petit tour sur un forum en buvant mon café et c'est parti.
Jusqu'à l'heure du déjeuner, je chasse les offres d'emploi: traitement de ma boîte mail, recherche d'offres sur Pôle emploi et les principaux sites de recherche d'emploi, écriture et envoi des lettres de motivation, recherche des fois qu'il y ai des salons professionnels dans la région.... Dans les périodes optimistes, je passe quelques appels pour des candidatures spontanées, que des rejets donc il faut pouvoir encaisser, parfois j'arrive à avoir l'adresse où envoyer un cv mais c'est rare et je n'ai jamais de retour. J'ai si peu de retours sur mes candidatures spontanées ou suite à des annonces que je commence à me sentir dépréciée: on se moque des gens, on ne prend même pas le temps de leur envoyer un mail type accusant réception de leur candidature.

  Puis commence le long après-midi du chômeur découragé: quelques annonces qui nous conviennent, les relances sont infructueuses et on se fait envoyer "voir ailleurs" de nombreuses fois au point de se sentir moins que rien. On délaisse peu à peu les candidatures spontanées (je les appelle tous les 6 mois depuis que j'ai leur nom dans ma base de données, ils ont toujours refusé mes cv, n'est-ce pas une perte de temps?? Si, mais sait-on jamais?).

Lecture, télé, écriture de blog, mots fléchés, balades tentent de donner un sens à la vie monotone du chômeur.
En milieu d'après-midi, c'est la deuxième fournée de recherche d'emploi (en période où le moral est haut car sinon, c'est une déception supplémentaire...): les annonces parues entretemps, éventuellement des recherches annexes (une nouvelle liste des entreprises qui recrutent dans la région qu'on va appeller par téléphone, un tour sur pôle emploi sur les métiers qui recrutent ce qui peut aiguiller vers des secteurs plus porteurs, tri de la boite mail (qui me sert d'annuaire de mes candidatures: en cas de candidature spontanée, j'essaie d'entrer le nom et le numéro de l'entreprise ainsi que le secteur d'activité pour me constituer une base de données triée par secteur d'activité. Elle me sert de base pour les candidatures spontanées ultérieures). Le tout assaisonné par la lecture de quelques articles en lien avec l'emploi.
Je passe pas mal de temps à mettre à jour les dossiers des agences intérim à chaque fin de contrant; entre les sites qui "rament" et les sites pas très clairs, les formats différents (word ou pdf), ça peut prendre pas mal de temps et causer de l'énervement.

  Une journée est calée de temps en temps pour courir les boites d'intérim: elles ont trop de cv mais notent que nous sommes disponibles. Etrangement, elles rappellent quand je viens de retrouver un contrat et que l'activité est sans doute repartie un peu partout; mais c'est toujours ça!

  N'ayant pas d'argent pour sortir, je vis assez seule sans voir grand monde quand je ne travaille pas, juste ma famille parfois et quelques amis qui vivent loin prennent de mes nouvelles. Pas de travail= pas d'argent et moins le moral= pas de vie sociale en semaine ou les week-ends, c'est bien simple!
Je crois que la principale difficulté, c'est la façon dont le chômeur est perçu. Pour la famille et les amis, on ne fait rien de nos journées (mais tu ne t'ennuies pas? sous-entendu, si tu cherchais vraiment, tu trouverais, hein...); pour la société, nous sommes des parasites à 400 € par mois; pour les recruteurs, nous sommes des "chieurs": on occupe leur précieux temps, il leur faut se débarrasser de nous au plus vite d'un ton rogue ou ils expliquent leur situation en tentant de s'excuser pendant 10 minutes (les artisans le plus souvent, mais c'est rare); parfois une secrétaire nous dit qu'il n'y a pas de poste et nous souhaite bon courage, gentillement et humainement, mais c'est exceptionnel.
Le week-end, j'essaie de faire tourner ma voiture car si ma batterie me lâche, je serai dans une situation difficile pendant longtemps.

  Rejeté de toutes part, survivant avec ses allocations qui rendent tout petit plaisir sujet à des calculs savants pour maintenir le budget, le chômeur doit malgré tout garder le moral, seul dans sa solitude et ses espoirs déçus pour espérer un jour retrouver un emploi.