samedi 2 mai 2020

Journal d'une confinée 12 J+46 Fuir les agents pathogènes

  Pathogène du grec Pathos souffrance et Génos naissance. Ici, pathogène au sens propre donc.

  Séance de sport à distance avec un voisin puis on discute. La discussion a tourné uniquement autour de la pandémie. Et j'ai eu beau tenter d'orienter la conversation vers autre chose, rien à faire. Et je me suis rendu compte que ça fait un mois et demie que ça dure. Ceci expliquant cela en grande partie. Stimulus, traitement de l'information, émotion en gros pour schématiser à fond. En ce moment, plus d'informations négatives entrent que de positives (même si ça se discute, un bon livre ou un bon film, ça reste de l'information positive à mon sens mais dans les périodes où on est enfermés, les relations avec les autres prennent une autre dimension). Les gens autour de moi, les médias (que j'évite au maximum de toutes manières) ne parlent que de "ça". Déjà qu'un confinement, c'est dur...

  Bien sûr, je comprends le besoin de verbaliser et d'échanger mais je crois qu'il faut rester mesuré. On en parle mais on ne parle pas QUE de ça! Or, c'est le cas et ça coince. J'ai beau ramener la conversation sur des choses positives, ça reste compliqué. Alors que faire? Emotionnellement, cela ne n'est pas supportable dans le contexte actuel. Ne reste que la fuite. Après, je ne jette pas la pierre aux gens. Mes parents tentent de me faire sourire avec des sms humoristiques sur le sujet mais si l'intention est gentille dans le fond, ça ne m'aide pas. J'ai besoin d'air, de penser à autre chose. Peut-être que c'est moi qui suis différente de la majorité des gens, sans doute. L'hypersensibilité (et la fatigue, ne nous mentons pas sur le sujet) n'aident pas. Peut-être que l'émotion ressentie est plus profonde et qu'au lieu de jouer un rôle de catharsis, elle me blesse un peu et que d'attaque en attaque, mes défenses s'effritent. C'est tout à fait possible mais je suis honnête avec moi-même, actuellement, je ne peux pas le supporter. Alors, je vais me couper des conversations sur le "sujet du moment" et tout simplement partir, cela ne m'intéresse pas et j'estime ne pas avoir à culpabiliser, c'est une mesure d'hygiène mentale. Tout comme partir quand quelqu'un fume et refuse d'éteindre sa cigarette, je m'éloigne. Moi aussi, j'ai besoin d'en parler, ici ou dans mon journal intime mais j'essaie de ne pas polluer et charger émotionnellement les autres avec "le sujet" ou alors, pas longtemps.

  C'est en très grande partie de là que vient ma déprime actuelle, il me semble. Ou en tous cas, ça n'aide pas du tout car les seules relations que j'ai en ce moment ne parlent que de CA. Or, j'ai besoin d'autre chose. Parlez-moi de chatons, de papillons, de fleurs, de livres, de musique, de ce que vous ferez après, de vos loisirs, mais pas de ce qui se passe en ce moment. Et moi, j'irai mieux. Parlez-en à votre blog, votre journal intime ou à votre psy. Mais laissez de l'air aux gens dans votre entourage, parlez leur d'autre chose. Si c'est dur pour vous, ça l'est aussi pour eux. Et ne parler QUE du ça, ça va deux minutes. Ce n'est pas ce que je recherche, je cherche autre chose, j'ai besoin de verbaliser les choses bien sûr mais vite fait, bien fait et on passe à des sujets plus positifs. Et tout le monde s'en portera mieux.

  Sinon, ça va mieux, nettement mieux. Je me suis pris un premier mai de relâche à regarder des films, écouter de la musique et lire ce qui m'a fait le plus grand bien. Il me fallait toucher le fond, je remonte doucement.

vendredi 1 mai 2020

Journal d'une confinée 11 J+45 Episode dépressif et confinement

  Depuis une petite semaine, je coule doucement vers un épisode dépressif. Je ne dors pas bien malgré des heures de sommeil correctes mais la qualité est mauvaise (j'ai même fait un rêve dont je me suis souvenu chose très rare chez moi; par curiosité, j'ai été voir sa signification, rien de négatif en soi), je mange normalement mais les litres de thé coulent à flot (plus que d'habitude mais j'en consomme déjà énormément). Je manque d'énergie physique, c'est le point négatif et ma créativité est au plus bas, je n'arrive pas à écrire et le manque d'énergie m'empêche de me mettre à mes corrections.

  Le discours ambiant me plombe le moral: confinement, coronavirus, ce qu'on fera après le confinement (mais quand? Si c'est repoussé? Rien n'est fait). Je comprends que les gens aient besoin de se vider, je me vide ici et dans mon journal intime mais j'évite d'abreuver les gens de discours négatifs quand je peux.

  Le sommeil est ce qui me fait basculer car tout le reste va bien. Jusqu'ici, j'ai su pousser un coup de gueule quand il fallait, pleurer quand il fallait, me vautrer dans les livres, le thé, les vieux magazines féminins que j'ai ressortis et les films quand il fallait, faire un cours de danse virtuel quand il fallait, écrire quand il fallait. Ca craque, je viens ici et une fois la page refermée, ça va mieux. Mais mes relations les plus proches ont besoin de verbaliser sur le confinement et tout ce qu'elles ne peuvent pas faire. C'est dur de leur dire de regarder un film d'horreur (parce que oui, apparemment, c'est bon contre la dépression), de prendre un journal intime et d'écrire dedans mais de garder leur négativité pour elles. Il n'y a pas que le confinement dans la vie, je vois les livres numériques gratuits qu'on m'offre généreusement, le temps dont je dispose (même si au chômage, ça ne change pas grand chose) et la déculpabilisation de prendre de pseudo-vacances.

  Depuis hier, ça va mieux. Cette journée a été horrible mais elle a cristallisé mes émotions négatives. Parfois, il n'y a rien à faire, juste se laisser couler, toucher le fond et donner de l'élan pour remonter. C'est le choix que j'ai fait parce que mon instinct me dicte que c'est la seule chose raisonnable à faire. Et oui, ça va mieux aujourd'hui qu'hier, j'ai touché le fond et je remonte.

  Un rêve me poursuit depuis plusieurs nuits et plusieurs jours: une araignée tisse sa toile, inlassablement. Ce n'est pas négatif apparemment, paix, travail, créativité, communication avec autrui et il est vrai que c'est ce qui me manque pour retrouver la paix intérieure. Me remettre au travail et à mes activités quotidiennes délaissées depuis quelques jours, la routine sera ma meilleure arme pour remonter et retrouver le sommeil. Ma créativité est en berne et cela m'embête, je l'admets mais comme je ne sors pas, il n'y a pas grand chose qui "rentre", hormis les livres que je lis et les films que je regarde, les oiseaux que je vois dans les arbres devant ma fenêtre, ce n'est pas suffisant pour m'alimenter. Mon esprit à faim, faim de bribes de conversations entendues, de livres aux titres rapidement entrevus dans le bus ou dans les librairies, faim des gens et de la vie en général, faim de soleil surtout et d'air pur, de trajets en bus aussi, j'aime les trajets en bus baladeur vissé aux oreilles ou livre en main, les gens autour, le balancement du véhicule, les gens qui montent et descendent, les conversations, les connaissances croisées au hasard. En temps normal, j'aurais pris le bus, fait un tour en librairie pour le plaisir de flâner, acheté un sandwich, me serais offert un cinéma (et un paquet de bonbons) si ça ne va vraiment pas bien et je serai rentrée à pied jusque chez moi, tranquillement ce qui me fait trois quart d'heure/une heure de marche. En rentrant chez moi, je me serai fait un thé et mon état émotionnel serait revenu à la normale. Mais je n'ai pas ces soupapes de sécurité donc ça a été plus long. J'ai mis un peu de temps mais je l'accepte. Mon retard sur mes cours de langue en ligne s'accumule mais tant pis, mon retard de lecture aussi, d'écriture, de correction, en violon mais tant pis, ce n'est pas grave, je ne songe même plus à le rattrapper, j'ai besoin de me mettre dans une bulle, mettre ma vie entre parenthèse et en suspension pour quelques temps. Un jour férié, c'est l'idéal pour me faire une journée lecture, thé, films et jeux video sans culpabiliser. Et demain, demain, ça ira mieux.

  Hier après mon rendez-vous désastreux, je voulais rentrer à pied chez moi comme je l'aurais fait en temps normal mais à cause de leur confinement, je n'ai pas osé tenter le diable. Je n'ai pas pu faire jouer la soupape de sécurité habituelle et les conséquences n'ont pas tardé à se faire sentir. Le manque de ce qui devait me vider émotionnellement a continué à charger la mule.

Fais du bien à ton corps pour que ton âme aie envie d'y rester. C'est un proverbe indien et c'est tellement vrai. Un bain (pas moussant, hélas), des boules de bain, un carré pétillant et ça ira mieux. Une journée à ne rien faire sans culpabiliser et ça ira mieux, nettement mieux. Et tant pis pour le poids, il attendra. J'ai pris un demi-kilo ce mois-ci, je crois mais d'un autre côté, je me suis affinée alors tant pis, ça peut bien attendre quelques jours. M'accorder un week-end de trois jours sans sortir ne peut que me faire du bien. Et surtout couper les gens et leurs discours négatifs. Vos gueules, les gens! Il n'y a pas que le coronavirus et le confinement dans la vie! Lisez des livres, écoutez de la musique, regardez des films, des documentaires et des vidéos à la c... sur internet, dansez mais par pitié, oubliez le confinement pour une journée, une seule.

jeudi 30 avril 2020

Journal d'une confinée 10 J+44 A fleur de peau

  Je l'attendais de pied ferme ce rendez-vous. Un mois et demi que j'attendais ça!

  La journée avait mal commencé, j'ai eu beau me coucher à une heure raisonnable, j'ai très mal dormi comme c'est le cas depuis une semaine. La fatigue commence à se faire sentir mais tant qu'il n'y aura pas un rayon de soleil, ce sera compliqué.

  Prendre le bus! Un plaisir dont je suis privée depuis un mois et demi. Un siège sur deux, les gens avec des masques (mais seulement les trois quarts!!), les gants qui se déchirent mais j'en ai pris d'autres avec moi. Dans la salle d'attente, je m'étonne qu'il n'y ait personne à attendre et que le personnel ne soit pas là. Je me renseigne, le rendez-vous est annulé et ils ont oublié de prévenir (il y a eu un souci informatique apparemment et avec les réductions d'effectifs, ce n'est pas simple et ça a été fait en urgence (comme quoi même eux ont été pris de court par les annonces gouvernementales)). Re transport, re pluie et la fatigue qui me retombe dessus, les larmes qui coulent (je me suis maquillée, forcément). L'attestation numérique, ce n'est pas ça, je n'ai jamais pu l'ouvrir sur mon téléphone, j'ai dû l'imprimer en "urgence" (mot que mon imprimante ne connaît pas, elle est soi-disant rapide mais je la trouve super lente personnellement); heureusement que j'ai vérifié avant (mais il n'y avait personne pour vérifier de toutes façons).

  Mon état émotionnel est fragile: le temps pourri, l'enfermement, les voisins qui tournent en boucle sur des pensées négatives et ne parlent que du confinement (je sais qu'en ce moment, il n'y a pas grand chose d'autre qui "rentre" mais quand même, on peut aller les chercher, je parle du livre que je lis, des films que j'ai vus, des histoires que je n'arrive pas à écrire) et les troubles du sommeil. Et honnêtement, ce matin, ça a été la totale: l'ampoule qui claque donc obligée de me débrouiller dans le noir ou presque, l'attestation sur téléphone qui ne fonctionne pas, j'ai dû en imprimer une rapidement (mon imprimante est d'une lenteur abyssale), la pluie et la semelle de mes chaussures qui laisse passer l'eau (elles sont vieilles mais si je l'avais vu avant, ça aurait été mieux), le fait que j'ai vérifié les horaires de bus deux minutes avant de partir et que je n'avais pas pensé que c'était le service minimum. Dieu merci, je suis arrivée un peu en avance, c'était parfait.

  Et le rendez-vous annulé! Il n'y a rien de catastrophique mais j'aurais aimé qu'ils refassent place nette pour mon souci de santé, parler à quelqu'un d'autre que les voisins que je croise, ils sont gentils et puis j'avoue, l'un d'eux est mon fantasme secret du moment même si je sais que je n'ai aucune chance (âge, centres d'intérêt, situation professionnelle, rien ne colle) mais il est beau, on ne va pas se mentir et ça m'avait fait du bien de rêver de nouveau ces derniers mois tout en gardant les yeux ouverts pour le remplacer à la première occasion plus compatible. Cela ne m'a pas empêché de rêver à mon autre fantasme secret mais bon, lui au moins, je le voyais en vrai, on parlait de choses professionnelles. Et avec son collègue, au moins, j'aurais parlé à d'autres êtres humains que mes voisins, des gens que je connais un peu même si ça ne durait qu'une heure. A priori, je ne les reverrai même pas, je ne pourrai pas les remercier de m'avoir supportée, écoutée, aidée, d'avoir tenté de me comprendre, répondu à mes questions même si c'est leur métier mais d'avoir été humains dans un monde de plus en plus déshumanisé. Et de m'avoir acceptée comme je suis malgré les sourcils froncés, les marques d'étonnement, ils ne m'ont jamais jugée sur mes raisonnements, mes questions, ils ont toujours été super patients; bien sûr, chaque fois que j'ai pu, je leur ai expliqué mon fonctionnement, ma tête qui part tout le temps dans tous les sens, mes émotions toujours à fleur de peau, l'émotionnel qui commande à tout le reste, les hypothèses et raisonnements qui vont parfois chercher loin sur le plan des médecines alternatives vu que leur traitement n'est pas suffisant pour régler le problème quoi qu'ils disent, il faut toujours revenir dessus et ce n'est pas viable à long terme mais ils m'ont acceptée comme je suis et ça c'était agréable, ça me change des gens qui veulent me changer (je ne peux pas, j'ai essayé mais je ne peux plus, j'essaie d'accepter les gens comme ils sont et je demande la même chose). J'aurais voulu les remercier si j'avais su qu'on ne se reverrait pas même si je l'ai fait lors du dernier rendez-vous.
Et le fait de ne pas avoir prévenu, même si ça c'est fait du jour au lendemain, qu'ils ont d'autres personnes à voir, un mail ce n'est pas long à envoyer pour prévenir. Il y a apparemment eu une annulation automatique mais je n'ai rien reçu (au contraire, j'ai eu une confirmation), ça a buggé et je ne suis pas la seule mais les personnes qui me suivent auraient pu doubler l'envoi surtout pour expliquer que peut-être j'allais changer de référent.

  Honnêtement, ça fait deux ou trois jours que ne dors pas malgré tous mes efforts, j'ai mal aux muscles malgré les massages réguliers juste pour prendre soin de moi. 

  Bref, émotionnellement, ça déborde en ce moment et ça a explosé. Mais ça m'a fait du bien, il fallait que ça arrive pour vider le trop-plein émotionnel et repartir d'un bon pied. Et puis, j'ai pu sortir, prendre le bus et parler à un autre être humain que les voisins que je croise et ça c'est déjà une grande avancée. Un mois et demie d'enfermement, je crois que c'est ma limite, je m'en doutais un peu beaucoup.

  Le confinement a eu du  bon ce mois-ci, j'ai très peu dépensé (les courses sont une galère, je n'ai envie de RIEN alors j'ai vidé mes placards pour avoir le moins de choses à acheter et le moins de courses à faire). Niveau poids, j'ai perdu régulièrement et beaucoup les trois derniers mois et j'ai repris un peu ce mois-ci ce qui est normal (malgré le sport, je marche moins, le niveau émotionnel est moyen car être enfermé n'est fait pour personne donc mon corps stocke et sans avoir affamé mon corps, j'ai réduit les dépenses donc il stocke le surplus. Surplus qui vient uniquement des bières partagées à distance avec les voisins car il n'est pas encore interdit de déposer une petite bouteille de bière non ouverte sur le palier et de trinquer à distance; et un verre de bière, ça coûte cher sur le plan calorique). Mais tant pis, je n'ai pas envie de me priver des apéros entre voisins qui restent le seul lien social que j'ai en ce moment, je tente de compenser mais c'est dur, même si souvent l'un d'eux m'invite dans l'après-midi et me fait un thé (ou j'emmène mon thé car le sien est dégueulasse) pendant qu'il se boit une bière.

  Mon budget loisirs a fondu car je n'ai pas fait ma sortie restaurant mensuelle, pas été faire un tour en librairie au risque d'en ressortir avec un livres/DVD que "j'ai pris même si ce n'est pas raisonnable pour mon budget car il n'est pas cher et que ça passe". Mais je m'étonne d'être aussi riche, ça ne devrait pas être le cas pourtant, j'ai dû me fournir en gants et masques; niveau essence, je n'avais pas prévu d'en faire ce mois-ci donc ça aurait dû se compenser plus ou moins. J'ai forcé sur le paiement des trucs à payer (impôts et soins non remboursés) pour m'en débarrasser, le budget chaînes de VOD a explosé avec l'arrivée tant attendue de Disney+ et le craquage/achat compulsif (ne nous mentons pas) ou presque pour Netflix. C'est un mystère absolu. Je devrais avoir la prime (mais je m'en "fous", je veux un travail rémunéré correctement, pas qu'on me fasse l'aumône) coronavirus, ça allégera mon budget en me permettant de tout payer. Et ma batterie de voiture attendra vu que je ne pourrai pas la recharger a priori donc la changer avant qu'on puisse sortir n'a aucun intérêt.

  De toutes manières, cette journée est partie pour être une journée poubelle. Le rendez-vous annulé, la pluie pile quand je sors faire les courses, la pluie qui m'a presque brûlé la peau des cuisses (jean qui colle, eau froide qui tombe avec violence et peau chaude ne font pas bon ménage). Une journée où il faut juste attendre qu'elle se termine, éviter de faire des bêtises et le lendemain, c'est terminé.

  Sinon la mairie s'est enfin décidée à se bouger ah non, j'y ai cru mais ce sont les journaux locaux qui l'ont envoyé, merci aux eux, c'est sympa de leur part: j'ai trouvé un petit journal d'informations dans ma boîte aux lettres! J'ai rigolé tant c'est pathétique. Sérieusement, ça fait un mois et demie qu'on attend qu'elle fasse quelque chose, donne des instructions ou juste fasse savoir qu'elle est là! La mairie est aux abonnés absents hormis deux ou trois affiches. Un fascicule d'information distribué en boîtes aux lettres avec les adresses utiles aurait été pas mal quand même. Juste pour dire que l'administration au plus près du terrain est là pour nous mais non...

mardi 28 avril 2020

Journal d'une confinée 9 J+42 Considérations inutiles sur les budgets loisirs et masques Point sur les plateformes de streaming vidéo (légales)

  J'ai fini mon nanowrimo!

  Je suis avec attention depuis quelques jours cette histoire de masques obligatoires dont on ne sait pas grand chose au fond. Déjà, il faudra bien compter trois ou quatre masques par personne pour être tranquille car ils ne durent que quelques heures. Pour le prix, en fait, on n'en sait rien et on lit de tout: 15 € et lavable 30 fois; 5 € et lavable 20 fois. Quelles normes? Quel tissu? Pourquoi le prix n'est pas fixé par l'Etat sur le plan national? Qui ira vérifier combien de fois le masque a été porté?
Personnellement, je n'ai aucune confiance en ces masques, je suis désolée de le dire. J'avais quelques masques chirurgicaux que j'ai partagé avec mes voisins donc en utilisant un masque par semaine pour les courses, ça n'a pas duré. J'avais des masques rigides que j'ai doublés de plastique que j'ai également partagés que je désinfecte à l'alcool à 90°C à chaque sortie. Eux sont étanches et ils ne laissent pas passer les gouttelettes de salive. Si le masque devient obligatoire, je pense le doubler de plastique, je n'ai aucune confiance dans les masques en tissu, mon instinct me hurle que ça n'est pas suffisant et mon instinct me trompe rarement (et je l'écoute rarement, je l'avoue).
Il a un point qui me chiffonne, le coût. Je suis seule, ça va. Mais un artisan (restaurateur ou libraire au hasard), un seul salaire, un conjoint (qui ne travaille pas donc), trois enfants, cinq personnes et au moins trois masques par personne, ça fait un sacré budget.

  Je me suis également demandé si j'avais fait des économies avec le confinement...
Le budget bière a un peu augmenté à cause des apéros entre voisins (à distance, chacun sa bouteille, son verre, son appartement et on papote pas trop fort, porte ouverte ou à la fenêtre) mais je prends souvent du thé parce que je n'ai qu'un seul corps et que j'entends qu'il dure le plus longtemps possible. Le budget essence est à zéro mais le budget batterie a explosé (merci!!!) même si mon père pense pouvoir me la redémarrer, je tiens les paris car je n'y crois pas une seconde).
Le budget loisirs (deux verres et un restaurant pas cher par mois environ) est à zéro également donc économies.
Le budget livres est à zéro aussi, grâce aux livres numériques offerts (il y a de très bonnes surprises) mais ce n'est que partie remise une fois les librairies ouvertes.
Le budget taxe d'habitation est en passe d'être réduit à néant, j'ai presque fini de la payer (avec de gros sacrifices financiers mais peu importe) ce qui me soulagera sur le budget-santé-pas-remboursé; sur ces deux postes d'ailleurs, merci aux concernés qui n'ont vraiment pas été casse-pieds sur le paiement que ce soient les délais ou les mensualités, l'étalement, ils ont tout accepté (même si je ne pouvais pas faire mieux).
Le budget qui a le plus augmenté est le budget "VOD" (je ne connais pas le mot français pour streaming (légal bien sûr), serveur de video en continu??), j'avais déjà OCS (pour suivre Game of thrones mais avec l'arrivée de la chaîne HBO, je ne sais pas ce que ça va donner mais comme j'ai tous les DVD sauf la dernière saison dont j'attends que le prix baisse au niveau de ce que j'estime qu'elle vaut (donc pas grand chose...), cela m'importe peu), je ne pouvais pas passer à côté de Disney+ qui malgré ses couacs au démarrage fonctionne très bien (grande fan de Walt (paix à son âme) devant l'éternel, ce service était bienvenu en ces temps troublés même si la chronologie des médias sur des oeuvres distribuées directement par Disney et ses filiales et produites par ce même distributeur, me semble ubuesques, j'ai du mal à comprendre la logique! Ce n'est pas parce qu'un film est sur Disney+ que je ne vais pas acheter le DVD si j'avais envie ou prévu de le faire. Dès la bande-annonce, je sais si oui ou non, j'irai le voir au cinéma et/ou si j'achéterai le DVD (mais je suis peut-être une exception). En manque de nouveautés (j'ai prêté des DVD à mes voisins mais eux n'ont presque rien et rien qui m'intéresse; ne parlons pas des chaînes de télévision qui ne font aucun effort), j'ai compté et recompté mon budget pour me tourner vers Netflix.
Juste un coup de gueule contre les chaînes publiques qui ne font aucun effort en ce moment et qui repassent de vieux trucs vus et revus, elles pourraient passer des choses plus récentes ou peu connues (il y a des tas de films sans prétention qui sont sympa).

En résumé car les gens me demandent souvent mon avis en ce moment et que j'en ai marre de me répéter:

OCS 9,99 € par mois:
je l'ai depuis plus d'un an donc je commence à le connaître; pas mal de vieux films, quelques nouveautés inconnues de qualité variable, des séries plus que correctes (HBO dont GOT et Westworld (que j'ai repris au début après avoir lâché à la moitié de la deuxième saison car ça n'avançait pas et en effet, la deuxième saison est lente et ça ne bouge qu'à la troisième)) assorties de quelques films français à succès relatif (pas forcément les gros succès mais les films de qualité que tout le monde ne va pas voir) que j'aurais été voir au cinéma si j'avais pu (j'ai adoré Roxane mais je doute que ça plaise à tout le monde et je n'ai pas regardé plus de 10 minutes de Raoul Taburin a un secret) et dont j'aurais pris le DVD si je le trouvais à pas cher. Plus pas mal de vieux films que je ne regarde généralement pas et des films/téléfilms que je regarde parfois par curiosité (il y a de bonnes surprises). Globalement, je m'y retrouve largement pour le prix d'une place de cinéma. Je paie 10 € par mois, j'en ai pour mon argent, on va dire. Pour le prix, il est évident que le client n'aura pas que des films hyper récents et que pour les rentabiliser, il faut couper avec de "vieux trucs" que j'ai plaisir à revoir ou découvrir.

Disney+ 6,99 € par mois:
Fan des Disney devant l'éternel (même si les derniers et leurs images de synthèse me font grincer des dents), j'ai attendu avec impatience son arrivée en France. Les grands classique Disney et les Marvel ne pouvaient que me plaire. Les courts-métrages Disney m'ont énormément aidée en cette période difficile (les petits dessins animés mettant Mickey, Donald et compagnie en scène sont vraiment de qualité et il y en a pléthore) et Pixar. Les documentaires National geographic sont la cerise sur le gâteau, ils sont vraiment top. Je regrette que les films et séries soient pas mal axés pour les jeunes adolescents (mais je suppose qu'ils ont été récupérés de Disney channel et que ça va changer). Le truc, c'est qu'une fois le catalogue visionné (mais il y a de la marge), ça va tourner en rond sauf créations originales. Ceci dit, rien n'interdit l'abonnement intermittent car c'est sans engagement.

Netflix 7,99 € par mois:
J'ai pris pour voir mais j'ai l'impression que c'est un joyeux bordel. Je n'arrive pas à savoir si les films restent en ligne ad vitam aeternam ou s'ils ont une durée de vie limitée (combien de temps? Au moins, sur OCS, on sait dès le départ que c'est 99 jours même si les films ont des chances de revenir ensuite). Le classement a l'air compliqué et pas toujours pertinent. Il y a de tout: du neuf, du vieux, du vu et revu tout en restant récent (donc des trucs dont on m'a prêté les DVD ou vus sur Canal+ avec mes parents il y a quelques années mais pas si vieux que ça non plus), des séries que j'ai vu à la télévision par intermittence donc un épisode de temps en temps quand je tombe dessus (du genre Gossip girl dont j'ai vu l'épisode final tout à fait par hasard) et que j'aurais plaisir à voir en intégralité (même si les séries fleuve avec des épisodes de remplissage très peu pour moi). J'ai l'impression que ça part dans tous les sens et qu'il y a trop de choses pour faire une sélection raisonnable. Pour un confinement où on n'a presque pas le droit de sortir, ça me va mais à long terme, ça me semble compliqué car je ne passe pas ma vie devant les films même si j'en consomme beaucoup car je les regarde en lisant un livre ou en écrivant, tricotant, faisant du raccomodage, du dessin, du coloriage pour adulte donc un peu toute la journée quand je suis chez moi. A voir sur le long terme.

mercredi 22 avril 2020

Journal d'une confinée 8 J+36 Colère

  Je suis en colère. A cause de l'impréparation du gouvernement et de sa "gestion" de la crise sanitaire. Marre d'être une vache à lait.

  Ma batterie de voiture m'a lâchée ce qui est était à prévoir mais j'ai eu beau contacter mairie et police, rien à faire: interdiction de rouler même vitres fermées, même sur le parking sans bouger. Du coup, je n'ai plus de voiture sauf à signer un gros chèque à découvert à la sortie du confinement et me taper le démontage/remontage. Super sachant que par chez moi apparemment, les horaires de transport en commun sont presque similaires à ceux des dimanches et jours fériés. Moralité: je ne peux plus me déplacer pour mes rendez-vous à venir sauf à partir super tôt et me taper plus d'une heure de transport là où quinze minutes de voiture auraient suffi. J'ai intérêt à charger ma liseuse que ça serve au moins à quelque chose de positif. (rester optimiste, carpe diem, blablabla). Je suis en colère quand j'y pense (ou quand on me le rappelle) donc j'évite d'y penser tout simplement, ça peut bien attendre. Les garagistes se frottent les mains à n'en point douter.

  J'ai suivi avec attention la crise économique qui se prépare et je regarde cafés, restaurants, librairies qui tentent de s'en sortir. Que fait l'Etat? J'aurais donné un peu à certaines librairies que j'aime bien mais je n'ai pas trouvé de cagnottes, je suppose qu'elles s'en sortent pour le moment. Avec tous les livres gratuits offerts en ce moment, je peux me passer d'achats jusqu'à la fin de l'année ce qui aurait permis un glissement de trésorerie pour les aider. Tant pis, j'imagine qu'elles feront les comptes à la fin du confinement. Je ne me fais aucune illusion concernant ma situation financière, ce sera juste encore alors que j'allais pouvoir enfin respirer après avoir fini de payer de grosses sommes malheureusement incontournables.

  Que dire d'autre? Marre des donneurs de leçon qui me disent qu'à tel endroit ils cherchent du monde (smic, pas dans mon secteur, sans indication sur les moyens de protection et maintenant sans voiture). Je postule dans mon secteur très élargi sans succès mais sans voiture, ça va être limité, je commence à en prendre conscience. Les agences interim me gonflent à m'appeler maintenant alors qu'en temps  normal, elles ne proposent rien. L'autre jour, je me suis tapé plus d'une heure de tests à la con en tout genre dont je n'ai pas eu le résultat pour le moment. Les employés remplissent leur CVthèque pour justifier leurs salaires mais comme elles ne proposent rien derrière et n'ont aucune idée de la manière dont ça se passera après (sinon que le redémarrage va être très très lent et qu'il n'y aura rien de concret d'ici là d'après plusieurs agences que j'ai eu au téléphone), je crois que pour une fois, elles pourraient m'oublier. J'en ai marre de stresser pour que dall.

  Je ne vois pas le bout du tunnel et c'est difficile d'autant plus que mes voisins commencent à péter un plomb les uns après les autres et que ma famille toxique ne m'aide pas en ce moment. Pourtant, il y a de jolies choses: les films que je n'ai jamais eu le temps de regarder, les livres numériques généreusement offerts en ce moment, la musique, les séries que je peux enfin regarder parce que d'ordinaire, je manque de temps.

  Hors de cette addition, rien n'a de réelle importance pour le moment. Le reste peut bien attendre.

Confinement réussi= thé+livres+films+musique

mardi 14 avril 2020

Livres numériques gratuits ou à petit prix, récapitulatif (mise à jour du 27/04)

/!\ Billet régulièrement mis à jour /!\

Confinement lecture

inscription par email, reçus chaque jour dans la boîte mail
https://covid19.confinementlecture.com/

Les éditions Gloriana
romance et romans historiques. Pas mal de titres entre 0 et 3 €.
http://gloriana-editions.com/index.php/boutique/

Noir d'absinthe
pack 19 livres variés à prix libre
https://www.noirdabsinthe.com/offre

Furet du Nord
il faut trier un peu mais il y a du choix
https://www.furet.com/ebooks-gratuits

Opération Bol d'air
il faut créer un compte et revenir régulièrement sur le site télécharger les livres (un nouveau par jour)
https://operation-bol-d-air.fr/ (avec inscription pour recevoir un email informant d'un nouveau livre)

Astérix magazine
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Journal d'une confinée 7 J+28 Prévoir à long terme (jusqu'au 11 mai du moins)

 Que retenir du discours de Macron d'hier que j'ai suivi? Déjà, il reconnait ses erreurs, c'est plutôt chic de sa part d'autant plus si ça lui permet de corriger le tir derrière. Ce qui m'inquiète, c'est qu'il dit que dès le début, l'industrie s'est mobilisée pour fabriquer masques, blouses et autres. Déjà, je n'ai pas l'impression que ce soit vrai, ça a été enclenché hyper tard et pour l'instant, je ne vois rien venir. J'ai pu me fournir en masques et gants mais je me suis débrouillée seule sur mes deniers. Si tout le monde était équipé, ça aiderait pas mal. Quand je vois les petits vieux, quand je fais mes courses qui papotent comme si de rien n'était, toussent et compagnie, je bénis mes protections. C'est toute la population qu'il faut protéger et pas que les soignants sinon, ça ne s'arrêtera jamais.

  Confinement jusqu'au 11 mai, c'était sûr et certain à cause des ponts de mai. Ca veut dire que ma batterie de voiture va pourrir sur place et que je peux déjà me préparer à en racheter une, merci. Pour l'après que les lieux de loisirs restent fermés, c'était sûr, les écoles pareil.

  Pour les tests après le 11 mai, j'avais envie de pleurer. Encore trois semaines? C'est inquiétant. Les protections également. Pendant trois semaines, les gens vont joyeusement se contaminer avec des protections de fortune.

  Des aides aux étudiants et aux familles, c'est bien mais les autres?

  Sur le plan personnel, j'ai envie de dire que l'enfer, c'est les autres comme disait Sartre. Je suis lasse qu'un de mes voisins ne comprenne pas que non, je n'ai pas de temps! Pas beaucoup de temps pour boire un verre et faire du sport. On fait du sport à deux, uniquement entre nous. Sauf que ça me prend une heure et demie minimum le temps de faire la séance, discuter et boire un thé.Le tout à bonne distance et avec les protections adéquates bien évidemment. Vivent les vitres et la technologie. J'ai le regard rivé sur l'horloge passé un certain moment. Ma vie à moi s'est ralentie, j'ai perdu en efficacité, mes horaires sont chaotiques à cause d'un sommeil chaotique mais mes impératifs demeurent: lecture, musique, écriture (nanowrimo oblige, c'est la Bérézina), langues plus le ménage, les tâches ménagères en retard (le tas de couture qui a grimpé, grimpé descend enfin un peu), la danse et les impondérables, la recherche d'emploi qui me semble inutile et que je fais par obligation et sans illusion. Lui, il lit, cuisine un peu, des films et c'est tout. C'est sûr qu'il a plus de temps que moi et qu'il a plus le temps de s'ennuyer et de gamberger! Il ne comprend pas que c'est important pour moi et que ce sont mes piliers, mes points d'appui pour ne pas sombrer. J'ai mis du temps à les mettre en place, j'y ai longuement réfléchi car je savais que ce serait coûteux sur le plan du temps, très coûteux et un perpétuel réajustement au jour le jour notamment quand je travaille ou suis en couple (ce qui ne risque pas d'arriver d'ici la fin du confinement qui met ma vie sociale et amoureuse entre parenthèse ce qui est rageant). Mais j'y arrive à peu près bien même si parfois, je me couche très très très tard le vendredi soir pour boucler ma semaine.
Mon autre voisin, c'est peine perdue. Il a cessé de venir toquer à ma porte dix fois dans la journée ce qui est un progrès notable; ceci dit, la majorité du temps, je ne répondais plus faisant comme si je n'étais pas là; c'est lâche mais si les gens ne comprennent pas, il faut se protéger. Entre sa télévision et sa télévision, je comprends qu'il s'ennuie mais je n'y peux rien, j'ai pitié de lui alors je fais des efforts mais c'est une nouvelle perte de temps au quotidien. De plus, il a tendance à noyer l'ennui dans la bière et à vouloir m'y entraîner, très peu pour moi.

  J'avoue m'organiser un peu totalement comme un manche ces temps-ci. Je mets du temps à m'y mettre, je manque d'efficacité, la vérité, c'est que j'ai du mal à me concentrer, je gamberge, mes pensées "partent" comme je dis. Rien d'alarmant, je ne broie pas du  noir, ça arrive, ce qui est normal vu la situation mais généralement, je rêvasse tout simplement. Donc ça compresse d'autant plus le peu de temps dont je dispose. Peu à peu au fil des jours, je rattrappe mon retard (sauf en lecture, je patine mais ça se rattrappera plus tard une fois la période passée, c'est assez facile à récupérer notamment grâce aux transports en commun que ce soient les trajets ou les temps d'attente).
Le problème, c'est que c'est une dose de négativité supplémentaire. D'un autre côté, expliquer à quelqu'un qui n'a pas de passion à quel point, c'est vital de les vivre au quotidien est vain, je l'ai appris par expérience. Dommage d'ailleurs, les passions sont le sel de la vie au quotidien et un appui solide quand ça va mal. Oui, c'est coûteux en temps mais je ne changerai pour rien au monde.

  Bref, tout ça pour dire que j'ai fait une liste de tous les "trucs en retard". Mais quand vais-je trouver le temps de m'y mettre??